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ÉconomieInternational

La confiance, cette denrée si fragile qui risque de manquer en sortie de crise

Boris Cambreleng, AFP

Publié le 19 mai 2020 à 06:41 - Mis à jour le 19 mai 2020 à 07:05

La confiance du consommateur americain au plus bas depuis 2017

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Si la confiance ne revient pas, l'épargne "forcée", accumulée durant la période de confinement, risque de se transformer en épargne de précaution, bloquant ainsi tout espoir de relance économique par la consommation et l'investissement.

Face à la récession sur fond de pandémie, le retour de la confiance des ménages et des entreprises est nécessaire à une reprise économique tirée par la consommation et l'investissement, expliquent des économistes à l'AFP.

"La confiance est essentielle à cette reprise pour éviter l'épargne de précaution des ménages et des entreprises", souligne Ludovic Subran, économiste de l'assureur Allianz.

Or, le moral des ménages a subi en avril sa chute la plus brutale depuis 48 ans que cet indicateur existe, selon l'Insee.

Et durant les huit semaines de confinement, les ménages français ont accumulé une épargne "forcée" supplémentaire évaluée à quelque 60 milliards d'euros, que le gouvernement aimerait aujourd'hui voir soutenir la consommation. Mais elle risque de se transformer en épargne de précaution face aux incertitudes sur l'avenir à court et moyen terme.

Car "la crise sanitaire et le confinement qui en a découlé vont entraîner une récession sans précédent en temps de paix", rappelle Emmanuel Jessua, de l'institut Rexecode, proche du Medef.

Selon lui, "ce fait objectif, lié à l'hibernation de nombreux secteurs d'activité pendant près de deux mois et au caractère graduel du déconfinement, explique à lui seul l'appréhension vis-à-vis de l'avenir de la part des ménages et des entreprises".

D'après une étude publiée la semaine dernière par la banque publique Bpifrance, à peine un tiers des PME qui nourrissaient des projets d'investissement avant la crise comptent les maintenir, la moitié envisageant de les reporter.

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"La confiance ne suffira pas, il faudra bien un plan de relance pour que les carnets de commande, l'investissement, et la consommation repartent", affirme M. Subran. Lundi, la France et l'Allemagne ont proposé un tel plan de 500 milliards d'euros.

Offrir des perspectives

Car la reprise est aussi menacée par la désorganisation de nombreuses chaînes de production ou par des faillites.

"D'un seul coup, une partie de l'offre va disparaître pour des raisons de profitabilité, de soutenabilité, de défauts de paiement", craint Philipe Waechter, économiste chez Ostrum Asset Management.

Il note que "dans le secteur industriel, on observe qu'il y a des délais de livraison considérablement allongés, et qui posent de vrais problèmes et créent des embouteillages".

Et au-delà de l'aéronautique, de l'automobile et du tourisme, ciblés par des mesures de soutien sectorielles du gouvernement, "il y a toute une série d'entreprises dans le secteur des services qui sont au bord de la rupture", toujours selon M. Waechter qui cite en exemple l'enseigne d'ameublement Conforama ou le groupe textile Orchestra.

M. Jessua constate que "plusieurs secteurs auront des difficultés à récupérer leur rythme d'activité d'avant-crise en raison des fermetures administratives (restaurants par exemple), de la hausse des coûts et de la baisse de productivité liés aux contraintes sanitaires sur les lieux de travail, et de potentielles difficultés sur les chaînes d'approvisionnement".

"Le 'en même temps' économique, mesures d'offre et de demande, est aujourd'hui plus qu'essentiel", résume Ludovic Subran.

"Les mesures de soutien du gouvernement ne suffiront en outre probablement pas à éviter des faillites et la hausse du chômage, ce qui se traduira par des pertes de capital productif et humain difficilement réversibles pour l'économie", redoute M. Jessua.

M. Waechter estime que face à un "horizon qui est bouché", l'État devrait "poser des jalons sur la façon dont l'économie pourrait évoluer au cours des prochains mois, offrir des perspectives".

Il souhaite ainsi des "annonces sur l'investissement public pour créer une impulsion du côté des entreprises", évoquant notamment "tout ce qui tourne autour de la fibre" et des infrastructures nécessaires aux véhicules électriques, dans le cadre des mesures de soutien au secteur automobile qui doivent être annoncées d'ici 15 jours.

À lire également

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M. Subran plaide lui pour des réformes structurelles comme la mise en place d'une "flexisécurité sur le marché de l'emploi et une protection sociale plus soutenable" afin que "les gens aient confiance en leur retour à l'emploi, et aux filets de sécurité type retraites".

Boris Cambreleng, AFP

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