Cette fois-ci, la Corée du Nord ne menace pas uniquement les Etats-Unis. La dictature de Pyongyang s'en prend également à son voisin japonais. "Les quatre îles de l'archipel [japonais] doivent être coulées à l'aide d'une bombe nucléaire. (...) L'existence du Japon n'est plus nécessaire à nos côtés", déclare ce jeudi dans un communiqué de presse, le Comité coréen pour la paix en Asie-Pacifique, chargé des relations extérieures et des campagnes de propagande.
L'origine de sa colère : l'adoption de nouvelles sanctions à l'encontre du régime communiste, votées ce mardi par le Conseil de Sécurité des Nations unis auquel figurent le Japon et les Etats-Unis. Ces nouvelles mesures sanctionnent le sixième essai nucléaire de Pyongyang, réalisé début septembre. En réaction, le comité de propagande nord-coréen réclame le démantèlement du Conseil de sécurité, qualifié "d'outil du mal" formé "d'Etats corrompus" aux ordres de Washington, rapporte Reuters.
Face aux menaces répétées de la Corée du Nord, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a appelé lundi à un renforcement des moyens de défense du pays. Il a en outre demandé à son ministre de la Défense, Itsunori Onodera, de préparer un projet de stratégie de défense à moyen terme. En ligne de mire : un budget record de la défense, pour la sixième année consécutive. Fin août, le ministère concerné a requis une enveloppe de 5.255 milliards de yens (soit 40 milliards d'euros) pour avril 2018 à mars 2019. Si le budget est validé, cela représentera une hausse de 2,54% par rapport à l'exercice en cours. Cette demande intervenait quelques jours seulement après le passage d'un missile nord-coréen au dessus du Japon.
Le Japon est considéré comme la 7e puissance militaire au monde en 2017, selon l'indice du Global Fire Power - derrière le trio de tête Etats-Unis, Russie et Chine. Elle revendique notamment 250.000 militaires actifs, 700 tanks et 17 sous-marins. Les forces japonaises cohabitent également avec environ 50.000 soldats américains, répartis dans 6 bases sur l'archipel. A titre de comparaison, la Corée du Nord revendique 945.000 militaires actifs, plus de 5.000 tanks et 76 sous-marins.
Shinzo Abe utilise la menace nord-coréenne pour plaider en faveur d'une révision constitutionnelle. Entrée en vigueur en 1947 et votée sous occupation américaine, la constitution japonaise renonce à l'usage de la force militaire.
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L'article a été interprété de façon extensive par les différents gouvernements, permettant la création de l'armée japonaise en 1954. Celle-ci est conçue comme une armée défensive - et non offensive, au grand dam de Shinzo Abe.
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