La Fed plus confiante que jamais sur son assouplissement monétaire
latribune.fr
Selon le compte-rendu, une « majorité substantielle » de responsables de la Réserve fédérale (Fed) ont soutenu en septembre cette baisse des taux d'ampleur annoncée par son président Jerome Powell.
Reuters
La Réserve fédérale américaine a publié, mercredi, la synthèse des discussions ayant eu lieu entre ses membres lors de sa dernière réunion des 17 et 18 septembre. Une séance ayant amené l'institution a baissé de 0,5 point de pourcentage ses taux directeurs. Tous n'étaient cependant pas d'accord.
La Réserve fédérale américaine n'est pas unanime, mais elle est confiante. Mercredi, l'institution a dévoilé le contenu des discussions ayant eu lieu entre ses membres lors du vote les 17 et 18 septembre. Pour rappel, à l'issue de cette réunion, elle avait abaissé ses taux de 50 points de base, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 4,75% et 5%, après l'avoir maintenue pendant plus d'un an entre 5,25 et 5,50%.
Selon le compte-rendu, une « majorité substantielle » de responsables de la Fed ont soutenu en septembre cette baisse des taux d'ampleur pour lancer le cycle d'assouplissement monétaire de la Banque centrale américaine.
Les partisans d'une baisse des taux d'un demi-point de pourcentage en septembre ont «observé qu'un tel recalibrage de la politique monétaire permettrait de l'aligner davantage sur les récents indicateurs concernant l'inflation et le marché du travail», est-il écrit dans le document.
D'autres responsables de la Fed ont noté qu'il avait été envisageable de baisser les taux dès le mois de juillet et que les données recueillies entre-temps ont seulement renforcé le scénario d'un assouplissement monétaire.
Une confiance dans la baisse progressive des taux qui a rassuré la Bourse. Ainsi, à New York, le Dow Jones, le S&P 500 et l'indice technologique Nasdaq ont clôturé avec des hausses respectives de 1,03%, 0,71% et 0,6%.
0,5 ou 0,25 point de pourcentage ?
Cependant, « certains participants ont considéré qu'ils auraient préféré une baisse de 25 points de base pour cette réunion, d'autres assurant qu'ils auraient soutenu une telle décision », explique le communiqué des « minutes » du comité monétaire de la Fed. « Plusieurs participants ont noté qu'une baisse de 25 points de base serait en accord avec le rythme de retour progressif à la normale de l'économie, et ainsi conserver une marge de manœuvre pour les décisions à venir », note également le document.
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À noter que, selon plusieurs membres du FOMC, «si les données suivaient le rythme envisagé, avec l'inflation revenant vers la cible de 2% et une économie proche du plein-emploi, il serait sûrement approprié de maintenir la politique en équilibreà long terme ».
Ils ont également insisté sur le fait que « le réalignement de la politique monétaire ne doit pas être interprété comme la preuve d'une perspective économique moins favorable ».
Les dernières données relatives à l'inflation doivent être connues ce jeudi, avec la publication de l'indice CPI, sur lequel sont indexées les pensions de retraite des Américains.
La progression de l'autre indice, PCE, qui est lui privilégié par la Fed dans ses décisions de politique monétaire, a fortement ralenti depuis son pic de 2022 et est tombée à 2,2% en août dernier, se rapprochant fortement de la cible de 2% à moyen terme prévue par le mandat de la Banque centrale américaine. Les chiffres d'août confirment le ralentissement de l'inflation outre-Atlantique. La Fed anticipe même aujourd'hui une inflation à 2,3% fin 2024 et 2,1% fin 2025 - quand elle tablait en juin, lors des précédentes prévisions, sur respectivement 2,6% et 2,3% - avant de retrouver le niveau cible de 2% en 2026.
Quant au taux de chômage, il est redescendu à 4,1% en septembre, avec des créations d'emplois bien supérieures aux attentes, après être remonté jusqu'à 4,3% ces derniers mois, semblant accréditer l'idée d'un ralentissement du marché du travail. D'ailleurs, la Fed a révisé à la hausse, en septembre, ses prévisions de chômage à 4,4% cette année et la suivante, contre 4,0 et 4,2% auparavant, tandis que la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2024 est attendue à 2,0% contre 2,1% auparavant. Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine, a estimé qu'une politique monétaire appropriée devait permettre de conserver « la solidité du marché de l'emploi » aux États-Unis.
Vers une nouvelle baisse de taux en novembre
L'institution reste toutefois prudente dans l'évolution de sa politique monétaire, soulignant régulièrement qu'elle restait avant tout prise en fonction de l'évolution des données macroéconomiques.
Les marchés s'attendent généralement à une baisse de 25 points de base lors de la prochaine réunion, prévue les 6 et 7 novembre, puis une autre de même ampleur lors de la dernière réunion de l'année, mi-décembre, selon l'outil de veille de CME, FedWatch.