États-Unis : la Fed garde un œil sur les répercussions de l'ouragan Hélène
latribune.fr
L'ouragan Hélène, qui a frappé le sud-est des États-Unis entre le 26 et le 29 septembre derniers, a causé au moins 230 morts et provoqué des dégâts considérables.
Une responsable de la banque centrale américaine (Fed) s'est dite ce mardi favorable à de nouvelles baisses des taux si l'inflation évolue favorablement aux États-Unis. Adriana Kugler a indiqué surveiller les effets de l'ouragan Hélène qui, selon elle, pourraient affecter l'économie américaine, alors qu'un nouvel ouragan doit bientôt toucher le pays.
Pour savoir quelle suite donner à la politique monétaire de la Réserve américaine (Fed), après une première baisse des taux directeurs mi-septembre, ses responsables scrutent particulièrement l'évolution de l'inflation et de l'emploi aux États-Unis. Mais aussi les événements extérieurs qui pourraient avoir des répercussions sur l'économie du pays. Ce mardi, Adriana Kugler, l'une de ses gouverneures, a averti que son « approche de toute décision dépendra des données », précisant surveiller notamment « de près les effets économiques de l'ouragan Hélène (...), car ceux-ci pourraient affecter les perspectives économiques des États-Unis ».
Pour rappel, cet ouragan a frappé le sud-est des États-Unis entre le 26 et le 29 septembre derniers. Il a provoqué la mort d'au moins 230 personnes et provoqué des dégâts considérables, dus à des inondations soudaines et dévastatrices. La reconstruction nécessitera « des milliards de dollars et des années », a ainsi prévenu la semaine dernière le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, ajoutant que « des localités ont littéralement disparu ». C'est l'ouragan le plus meurtrier à avoir frappé le continent américain depuis Katrina en 2005.
Et le pire n'est peut-être pas encore passé dans cette saison des ouragans, qui s'étend encore jusqu'en novembre. Un nouvel ouragan est attendu en Floride, État du sud-est déjà affecté par le passage destructeur d'Hélène. Baptisé Milton, il doit toucher terre dans la nuit de mercredi à jeudi, où il pourrait provoquer des « vagues destructrices ».
Bien que rétrogradé ce mardi en catégorie 4 (sur une échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5), il « devrait rester un ouragan extrêmement dangereux », selon le Centre national des ouragans américain (NHC). Il pourrait ainsi augmenter encore la facture 2024 liées aux ouragans, et le bilan humain.
Outre les « effets économiques » de l'ouragan Hélène, ce sont aussi ceux «des événements géopolitiques au Proche-Orient » qui inquiètent la gouverneure. Un an tout pile après l'attaque du Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, le conflit s'étend désormais au Liban, où l'armée israélienne mène des frappes et des incursions contre le Hezbollah. Si bien qu'une généralisation du conflit à l'ensemble de la région est crainte par l'ensemble des autorités internationales.
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La Fed a en tout cas un petit mois pour se laisser le temps de mûrir sa réflexion. Sa prochaine réunion est fixée au 6 et 7 novembre prochains. Pour rappel, lors de sa précédente mi-septembre, elle a enclenché le cycle de baisse en réduisant ses taux pour la première fois depuis 2020. Ceux-ci se trouvent désormais dans la fourchette de 4,75 à 5,00%. Adriana Kugler s'est affichée favorable à de nouvelles réductions.
« Si les progrès en matière d'inflation se poursuivent comme je l'espère, je soutiendrai des baisses supplémentaires des taux »,a-t-elle déclaré.
La gouverneure a résumé la situation de façon simple. « Si les risques pour l'emploi s'accentuent, il pourrait être approprié d'orienter plus rapidement la politique vers une position neutre », c'est-à-dire faire baisser les taux plus vite. Et « à l'inverse, si les données disponibles ne donnent pas l'assurance que l'inflation évolue durablement vers 2%, il peut être approprié de ralentir la normalisation du taux directeur ».
La mission de la Fed est double : stabilité des prix et plein emploi. Actuellement, l'inflation est à +2,2%, selon l'indice PCE du mois d'août, privilégié par la Fed. Du côté de l'emploi, le marché est resté solide en septembre, avec un taux de chômage en baisse à 4,1%, et des créations d'emplois bien supérieures aux attentes. Mais la prudence reste de mise.
Quant à la suite, elle n'est pas encore fixée. Si la Fed pense baisser encore ses taux d'un demi-point au total d'ici fin 2024, « nous ne sommes sur aucun cap prédéfini », a récemment affirmé son président, Jerome Powell. Et d'expliquer : « Les risques sont doubles et nous continuerons de prendre nos décisions réunion par réunion », entre inflation et emploi. Après la réunion de novembre, les responsables de la Fed se réuniront pour un ultime rendez-vous en 2024, les 17 et 18 décembre.