La Finlande, voisine sur 1.300 kilomètres de la Russie, fait un pas de plus vers une adhésion à l'Otan
latribune.fr

Photo d'illustration
PASCAL ROSSIGNOL
latribune.fr

Photo d'illustration
PASCAL ROSSIGNOL
[Article mis à jour jeudi 12 mai à 14h00 avec la réaction de la Russie]
La Finlande, va-t-elle quitter son statut de pays neutre pour rejoindre l'Otan ? En pleine guerre menée par la Russie en Ukraine qui trace de nouvelles alliances géopolitiques, cette adhésion, - à laquelle Vladimir Poutine est farouchement opposée -, devient de plus en plus plausible. Ce jeudi, le président et la Première ministre de la Finlande se sont dits favorables à une adhésion "sans délai" à l'Otan, un immense pas vers une candidature devant être officialisée dimanche.
"Oui et oui : ils vont faire une demande d'adhésion et ils se la verront accordée", a déclaré un diplomate de haut rang qui préfère conserver l'anonymat. "C'est un moment béni : la Russie n'est pas en mesure d'attaquer (les pays nordiques)", a renchéri un troisième diplomate de l'Otan.
De leurs côtés, les alliés de l'Organisation devraient en retour rapidement donner leur approbation, ont confirmé cinq diplomates et responsables. Cela pourrait se faire avant le sommet de l'Otan prévu les 28 et 30 juin prochains à Madrid.
Le Kremlin a immédiatement réagi en affirmant qu'une adhésion du pays nordique à l'alliance militaire occidentale constituerait "assurément" une menace contre la Russie.
Moscou s'était logiquement préparée à cette éventualité. Le porte-parole de la Russie Dmitri Peskov s'était abstenu mercredi de faire un commentaire sur la manière dont la Russie pourrait réagir mais les intentions sont prévisibles : "Evidemment nous observons avec la plus grande attention tout ce qui serait susceptible de modifier d'une manière ou d'une autre la configuration de l'alliance près de nos frontières", a-t-il déclaré. "C'est un sujet d'analyse très, très minutieux. Pour l'instant, nous ne pouvons pas en dire plus."
Il y a un mois, une première mise en garde avait déjà été formulée par Moscou. « Dans ce cas, il ne pourra être question d'une Baltique non-nucléaire », avait déclaré l'actuel numéro deux du Conseil de sécurité de Russie dans un message sur Telegram.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Fin décembre, avant le déclenchement de la guerre, Vladimir Poutine avait fait de la sécurité de la Russie (et donc de la neutralité de la Finlande) une condition sine qua non au maintien de la paix dans la région.
Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la Guerre froide, l'ancienne province russe (1809-1917), envahie par l'Union soviétique en 1939, avait adhéré à l'Union européenne et au Partenariat pour la Paix de l'Otan après la chute de l'Union soviétique, mais était restée non membre de l'alliance.
Le pays nordique, qui partage une frontière de plus de 1.300 kilomètres avec la Russie, a progressivement renforcé sa coopération avec l'Otan depuis que son grand voisin a annexé la Crimée en 2014. Plusieurs pays nordiques - la Norvège, le Danemark et les Etats baltes - sont déjà membres de l'Otan.
Aussi, pendant l'année de ratification de leur adhésion, les alliés assureront une présence accrue de troupes dans la région nordique, organiseront davantage d'exercices militaires et de patrouilles navales en mer Baltique et feront éventuellement passer des forces américaines et britanniques par la Finlande et la Suède, ont-ils précisé.
Conséquence directe de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, la candidature finlandaise devrait aller de pair avec une demande d'adhésion suédoise, attendue elle aussi dans les prochains jours. Les sociaux-démocrates au pouvoir à Stockholm devraient décider dimanche s'ils reviennent sur des décennies d'opposition à une adhésion.
La Finlande et la Suède ne bénéficieront toutefois pas de la clause de défense collective de l'Otan - selon laquelle une attaque contre un allié est une attaque contre tous - tant que les parlements des 30 Etats membres n'auront pas ratifié la décision.
L'opinion finlandaise sur cette question a rapidement évolué depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février dernier.
Selon un sondage réalisé par la chaîne de télévision publique YLE, 76% des Finlandais se déclarent favorables à une adhésion à l'Alliance atlantique, et seulement 12% s'y disent opposés. Avant le début du conflit ukrainien, seulement 25% des Finlandais étaient favorables à une adhésion à l'Otan.
A Helsinki, le gouvernement et le Parlement doivent également donner sous peu leur approbation.
Créée au début de la Guerre froide, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) est devenue la principale organisation militaire commune de défense, avec 30 pays membres en Europe et en Amérique du Nord.
Depuis le déclenchement de la guerre, en plus d'un important soutien militaire en Ukraine, elle a eu recours à des sanctions. Son espace aérien, ainsi que celui de l'UE, est par exemple fermé aux avions russes.
_______________
À lire également
(Avec AFP et Reuters)
latribune.fr
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »