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Malgré l'avancée des négociations, l'Otan s'attend à des attaques russes supplémentaires en Ukraine

latribune.fr

Publié le 31 mars 2022 à 13:08 - Mis à jour le 31 mars 2022 à 13:31

Stoltenberg (otan) devrait prolonger son mandat d'un an-presse

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

GONZALO FUENTES

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les forces russes "ne se retirent pas mais se repositionnent" en Ukraine et l'Otan s'attend à des "offensives supplémentaires" de la part de Moscou, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg.

Alors que les ministres des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, et ukrainien, Dmytro Kouleba, pourraient se rencontrer "d'ici une ou deux semaines", selon leur homologue turc Mevlüt Cavusoglu, qui espère que « les deux parties se retrouvent et s'accordent sur un cessez-le-feu durable » car il est « il est impossible de négocier sous la pression des armes » et que les forces russes « ne se retirent pas mais se repositionnent » en Ukraine, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lequel s'attend à des "offensives supplémentaires" de la part de Moscou.

« Selon nos informations », la Russie « essaie de regrouper (ses forces) et de renforcer son offensive sur la région du Donbass et dans le même temps elle maintient la pression sur Kiev et d'autres villes", a estimé Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse. « C'est pourquoi nous nous attendons à des actions offensives supplémentaires qui se traduiront par encore davantage de souffrances », a-t-il expliqué.

"La Russie a constamment menti"

Moscou avait dit mardi réduire "radicalement" son activité en direction de Kiev et Tcherniguiv (Nord) à la suite de pourparlers russo-ukrainiens à Istanbul avant de sembler revenir sur ces annonces.  Les attaques russes contre ces deux villes du nord de l'Ukraine se sont en effet poursuivies mercredi.

« La Russie a constamment menti sur ses intentions. Nous ne la jugeons que sur ses actes et pas sur ses paroles », a lancé le chef de l'Otan. « Il est évident que nous avons vu très peu de volonté de la part de la Russie de trouver une issue politique »  au conflit, a-t-il souligné, estimant que le soutien militaire fourni à l'Ukraine lui « permettait de renforcer sa position à la table des négociations ».

Même son de cloche mercredi soir pour Volodymyr Zelensky : « Nous ne croyons personne, pas une seule belle phrase », a déclaré le président ukrainie, ajoutant que les forces russes se regroupaient pour attaquer la région du Donbass. « Nous ne céderons rien. Nous nous battrons pour chaque mètre de notre territoire »", a-t-il dit.

Pas d'avancée dans les négociations, selon Le Drian

Le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motuzyanyk, avait souligné plus tôt avoir constaté le départ de certaines unités de Kiev et de Tcherniguiv, mais « pas de retrait massif de troupes russes de ces zones », contrairement à la promesse faite la veille par Moscou de « réduire radicalement » son activité militaire dans cette zone.

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Alors que les négociations de mercredi avaient permis de trouver un consensus entre les négociateurs russes et ukrainiens, « rien n'a avancé" depuis trois semaines dans les pourparlers », a déclaré Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en ajoutant ne pas voir de la part de Moscou d'acte prouvant un changement de position.

« Je lis des propos, je lis des déclarations, je ne vois pas d'acte. Il n'y a à ma connaissance aucune mesure de retrait qui ait été prise à l'égard de l'occupation par les forces armées russes en Ukraine », a expliqué Jean-Yves Le Drian dans un entretien à RFI et France 24.

« Il est possible que, vu les difficultés qu'a l'armée russe en Ukraine, des plans soient réévalués; mais il est possible aussi que cette période où on annonce des discussions plus approfondies soit une période qui soit mise à profit par la Russie pour reconstituer ses forces », a-t-il ajouté.

« La confiance c'est les actes (...) et pour l'instant ils ne sont pas au rendez-vous » a déclaré le chef de la diplomatie française. « C'est vrai qu'il y a eu un événementiel autour des négociations d'Istanbul mais les discussions ont commencé déjà depuis trois semaines (...) avec moins de côté spectaculaire. Mais pour l'instant rien n'a avancé ».

Lors de cette séance de négociations, l'Ukraine a néanmoins proposé d'adopter un statut neutre en échange de garanties pour sa sécurité, ce qui constituait les propositions de sortie de crise les plus détaillées et les plus concrètes depuis le début de l'invasion russe. La proposition ukrainienne signifie qu'elle n'adhérerait à aucune alliance militaire et qu'elle n'hébergerait pas de bases militaires étrangères sur son sol, ont expliqué les négociateurs ukrainiens. Les garanties de sécurité réclamées par l'Ukraine en échange de sa neutralité seraient identiques aux dispositions de l'article 5 de l'Otan, qui constitue une clause de défense collective. La Pologne, Israël, la Turquie et le Canada pourraient figurer parmi les pays garants de cet éventuel dispositif.

"Si nous parvenons à consolider ces dispositions essentielles, et pour nous c'est le plus fondamental, alors l'Ukraine sera en position de régler effectivement la question de son statut actuel en tant que pays hors bloc et non nucléaire sous la forme d'une neutralité permanente", a fait valoir le négociateur ukrainien Oleksander Chaly.

"Nous n'accueillerons pas de bases militaires étrangères sur notre territoire, ni le déploiement de contingents militaires sur notre territoire et nous n'intégrerons pas d'alliances politico-militaires", a-t-il ajouté, dans une déclaration retransmise à la télévision nationale ukrainienne.

"Les manoeuvres militaires sur notre territoire auront lieu avec l'assentiment des pays garants."

Les négociateurs ukrainiens ont jugé que ces propositions étaient suffisamment étoffées pour permettre la tenue d'un sommet entre les présidents ukrainien Volodimir Zelensky et russe Vladimir Poutine. Ils ont dit attendre désormais la réponse de Moscou à cette offre, formulée lors des premiers pourparlers de paix en présence directe depuis plus de deux semaines entre les deux pays.

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Kiev propose aussi une période de consultation de 15 ans sur le statut de la Crimée, annexée par la Russie en 2014. Cette consultation ne pourrait toutefois débuter qu'avec un cessez-le-feu complet sur le terrain.

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