La violence des bombardements inquiète les proches. Le Hamas propose de libérer les captifs en échange des Palestiniens détenus.« Est-ce qu'on les cajole quand ils pleurent ? » « Où sont-ils ?... Est-ce qu'on leur donne à manger ?... Et s'ils sont malades, est-ce qu'ils sont soignés ?... » Depuis vingt et un jours, les mêmes questions alimentent un cauchemar interminable. Et cette nuit de vendredi à samedi est si éprouvante, avec les bombardements sur Gaza et l'annonce de la deuxième phase des opérations de l'armée israélienne en représailles aux attaques terroristes.
« Cette nuit a été la pire de toutes. Anxiété, frustration et surtout énorme colère du fait que personne du cabinet de guerre n'ait pris la peine de rencontrer les familles des personnes enlevées pour leur expliquer si l'opération terrestre mettait en danger la sécurité des 229 personnes enlevées à Gaza », a déploré hier le forum des otages et des familles disparues.
Hier midi, la grande place du musée des Beaux-Arts de Tel-Aviv, en face de la Kirya, le quartier général militaire de Tsahal, ressemblait encore à un improbable happening d'art contemporain. Devant l'entrée de la bibliothèque attenante, une immense table est dressée pour le dîner familial du shabbat avec 229 chaises vides en plastique, symbolisant le nombre d'otages détenus dans la bande de Gaza. Au milieu des sculptures, un tapis est parsemé de peluches, de dédicaces ou de messages comme « Libérez les enfants ». Partout, des panneaux affichent un kaléidoscope de visages des disparus. Nourrissons, adolescents, jeunes adultes ou vieillards.
À 14 heures, sur la place du Musée, comme dans le reste de Tel-Aviv, une sirène alerte d'un tir de roquette. Pas de quoi disperser les rangs de ces parents, tantes, oncles ou cousins. Ils sont venus se recueillir, raconter leur histoire. Et appeler leurs compatriotes à venir en masse leur apporter leur soutien le soir même, dans le cadre d'un rassemblement pour le « retour des otages à la maison », non loin de là, rue Kaplan, théâtre des grandes manifestations « antigouvernementales » depuis janvier 2023. Ils voulaient demander, une fois de plus, à être enfin reçus par le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Ils n'ont pas eu besoin de défiler pour ça. En fin d'après-midi, ils obtenaient enfin un rendez-vous à la base Kirya à Tel-Aviv.
Nathalie Hamou, correspondante à Tel-aviv (israël)