« La guerre contre le Hamas est légitime » (Jérémie Patrier-Leitus, député du Calvados)

Dans un témoignage saisissant, Jérémie Patrier-Leitus évoque l'horreur des attaques terroristes perpétrées par le Hamas, les scènes déchirantes de victimes et de destruction, ainsi que la résilience impressionnante du peuple israélien.
(Crédits : STRINGER)

Une délégation de Députés (Renaissance, Horizons et LR), accompagnée de Manuel Valls, s'est rendue de dimanche à mercredi en Israël. Jérémie Patrier-Leitus, élu (Horizons), témoigne.

Quels enseignements tirez-vous de votre visite ?

D'abord, nous avons vu l'étendue de l'horreur et de la barbarie sans nom des attaques terroristes perpétrées par le Hamas en Israël. Nous nous sommes rendus au centre militaire de Shura, le centre d'identification des 1 400 des victimes de ces massacres abominables. Un moment difficilement soutenable. 85 % des corps ont été mutilés et certains le sont tellement qu'ils n'ont pas encore pu être identifiés. Nous nous sommes rendus au kibboutz Kfar Aza, un des villages martyrs, avec ses maisons saccagées, ses familles massacrées où les corps des enfants ont été empilés et brûlés, des grands-mères violées puis assassinées, comme cette dame de 88 ans, rescapée de la Shoah, venue s'installer en Israël pour trouver une vie paisible. Les vidéos et les images existent, car les kibboutz étaient équipés de nombreuses caméras de sécurité, mais les autorités ne les diffusent pas par respect pour les familles. Nous sommes allés à Sderot, autre village martyr, à quelques kilomètres de Gaza. Ces quatre jours ont été éprouvants, mais nous voulions témoigner alors que des responsables politiques, notamment certains députés de La France insoumise, qualifient ces actes de crimes de guerre quand il s'agit de crimes contre l'humanité.

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Comment réagissent les Israéliens ?

Au-delà de la sidération face à cette barbarie, il y a leur résilience qui s'exprime à travers leur unité. Refusant de se laisser abattre, ils ne manifestent pas pour autant une volonté de vengeance. La sidération vient davantage du fait qu'ils s'étaient peut-être accommodés à vivre à quelques kilomètres d'une organisation terroriste islamiste. Ils sont en colère contre le gouvernement de Netanyahou, ce qui aura des conséquences sur la vie politique israélienne plus tard. Mais, aujourd'hui, ils font bloc autour de leur armée pour détruire le Hamas. Il n'y aura jamais de paix au Proche-Orient tant que le Hamas ne sera pas détruit.

Quel rôle peut jouer la France ?

D'abord dire clairement aux Français que le peuple israélien a été victime d'une barbarie sans nom perpétrée par une organisation terroriste islamiste. Ensuite, soutenir la volonté d'Israël de détruire le Hamas et faire comprendre que cette guerre contre le Hamas est nécessaire et légitime, car elle s'inscrit dans le combat de la France, et des démocraties contre l'islamisme radical, comme l'a rappelé le président Macron, et que c'est nécessaire pour établir une paix durable au Proche-Orient. Enfin, la France doit contribuer à la protection des civils palestiniens par son action diplomatique. Il ne s'agit pas de dire à l'Etat d'Israël qu'il doit respecter le droit international et le droit humanitaire. Il n'a pas besoin de nous pour ça, mais de faire en sorte que le Hamas ne prenne pas sa population en otage, et que les pays arabes voisins acceptent d'accueillir une partie de la population palestinienne via des couloirs humanitaires. Israël n'a aucun intérêt à tuer des civils palestiniens. Aujourd'hui, c'est le Hamas qui met des plots en béton sur les routes pour empêcher les voitures des habitants de Gaza de rallier le sud pour ne pas subir les bombardements, qui dissimule ses armes et ses munitions à proximité des écoles et les hôpitaux. Enfin, la France doit agir diplomatiquement pour éviter l'entrée dans le conflit du Liban, de l'Iran et de la Syrie, ce qui conduirait à l'embrasement régional.

Que pensez-vous du rôle du Qatar, qui abrite le leader politique du Hamas?

Il joue un rôle central car c'est le seul acteur à avoir des relations avec l'ensemble des protagonistes, y compris le Hamas et et l'Iran. Il est au cœur des négociations pour la libération des otages comme nous l'avons vu pour la libération des deux otages américaines. Pendant longtemps ce pays, qui n'est pas un ami d'Israël, a financé le Hamas avec l'accord tacite des autorités israéliennes. Netanyahu pensait sans doute qu'avec ces versements du Qatar, il achetait une forme de paix sociale à Gaza. Aujourd'hui, on constate que ce n'était pas la bonne stratégie.

Propos recueillis par Robert Jules