La pollution coûte à l'Union européenne l'équivalent de 10% de son PIB

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En France, le coût de la pollution de l'air représente 47,76 milliards d'euros, c'est-à-dire 2,3% du PIB.
En France, le coût de la pollution de l'air représente 47,76 milliards d'euros, c'est-à-dire 2,3% du PIB. (Crédits : GONZALO FUENTES)
Les décès prématurés à la pollution coûtent à eux-seuls 1.255 milliards d'euros, révèle une étude publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Au total, les économies européennes perdraient plus de 1.400 milliards d'euros par an.

Le chiffre donne le vertige. La pollution de l'air coûte chaque année aux économies européennes 1.600 milliards de dollars, à savoir -selon le taux de conversion actuel- 1.435 milliards d'euros, dénonce l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Un montant qui correspond pratiquement à un dixième du produit intérieur brut (PIB) de l'ensemble de l'Union européenne en 2013.

Dans pas moins de 10 pays, le coût de la pollution est d'ailleurs égal ou supérieur à 20 % du PIB national. En France, il représente 47,76 milliards d'euros, c'est-à-dire 2,3% du PIB.

600.000 décès prématurés et maladies provoqués par la pollution

L'évaluation est le résultat d'une étude (Economic cost of the health impact of air pollution in Europe, Le coût économique de l'impact sanitaire de la pollution de l'air en Europe) publiée mardi 28 juin par le bureau régional de l'OMS pour l'Europe avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle calcule le coût économique des quelque 600.000 décès prématurés et maladies provoqués en 2012 par la pollution dans les 53 pays du Vieux Continent.

De ces décès, souligne l'étude, 482.000 sont dus à l'air extérieur, à l'origine de maladies cardiaques, respiratoires ou coronariennes, d'accidents vasculaires cérébraux ainsi que de cancers du poumon. En plein air, plus de 90 % des citoyens de la région sont en effet exposés à des niveaux annuels de particules fines supérieurs aux recommandations de l'OMS. 117.200 autres décès sont dus à la pollution de l'air intérieur.

Atténuer les effets de la pollution est "rentable"

A eux seuls, les décès pèsent plus de 1.255 milliards d'euros, auxquels il faut encore ajouter 10 % correspondant au coût des maladies, souligne l'étude, en se fondant sur le montant que les sociétés sont disposées à payer pour éviter ces morts et affections, en fonction entre autres du contexte économique national. Ce qui amène la directrice régionale de l'OMS pour l'Europe, le docteur Zsuzsanna Jakab à conclure:

"Il est rentable d'atténuer les effets de la pollution de l'air sur la santé."

Elle espère notamment se servir de cet argument pour convaincre les représentants de pays européens, réunis autour de ce sujet du 28 au 30 avril 2015 à Haïfa (Israël), à faire davantage d'efforts.

La France menacée de recours en justice par la Commission

Mercredi, l'Union européenne s'est ajoutée à sa voix. La Commission a notamment menacé la France d'un renvoi en justice si elle ne prend pas des "mesures ambitieuses, rapides et efficaces" pour limiter la pollution aux particules fines dans dix agglomérations, et ainsi respecter la législation de l'UE. Un "avis motivé" qui peut être suivi d'un renvoi de la France devant la Cour de justice de l'Union européenne si le pays "ne réagit pas dans un délai de deux mois".

"Les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans 10 zones: Paris, Lyon, Grenoble, Marseille, Martinique, Rhône-Alpes (Vallée de l'Arve), PACA-ZUR (Zone urbaine régionale), Nice, Toulon, Douai-Béthune-Valenciennes", regrette la Commission.

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a écrit le 02/11/2015 à 9:40 :
Le titre est faux.

L'étude concerne 53 pays européens pas les 28 pays de l'Union européenne.
Elle montre bien que le problème est concentré hors de l'Union (et dans les pays ex-bloc soviétique).
Réponse de le 07/11/2015 à 0:50 :
p.28 et 29:
"In 22 of the 48 countries for which results are available – almost half the number of countries in the WHO European Region –the economic cost of premature deaths from air pollution is, in round numbers, at or above 10% of GDP. Furthermore, in no less than 10 of the countries of the Region, the economic cost of premature deaths from air pollution is, in round numbers, at or above 20% of GDP."
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Donc en effet le "plus 10% du PIB" concerne 22 des 48 pays Européens membres de l'OMS. Et le coût dépasse 20% du PIB pour 10 de ces 48 pays (dont la Hongrie et la Roumanie en 2005 -qui sont membres de l'UE) .

Mais il est vrai que je n'ai pas trouvé ce "10%" pour l'ensemble de l'UE. En effet il faudrait pour cela prendre en compte la somme du coût de la pollution / la somme du PIB de l'UE. Faire la moyenne des valeurs du tableau p.28 pour les pays de l'UE ne suffit pas.
a écrit le 30/04/2015 à 16:32 :
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs! Qu'il est facile pour un technocrate de Bruxelles de menacer sans donner de solution, de se plaindre du coût de la pollution, alors que l'argent ne sort pas de "ses poches" et de parler comme s'il nous représentai alors qu'il ne s'est pas présenté a une élection!
Réponse de le 01/11/2015 à 23:36 :
Pour info l'OMS n'est pas une institution européenne. Le "M" vient de "Mondiale".
Et le coût financier de la pollution, c'est bien nous tous qui le payons (10% du PIB de l'UE). Quant au coût sanitaire, plus de 200 000 personnes/an dans le monde le payent de leur vie.
a écrit le 30/04/2015 à 12:56 :
Encore une élucubration de pseudo scientifiques qui confondent modélisation et conclusions hasardeuses avec causes. Décidément on n'a pas fini de payer les effets délétères de la position dogmatique sur le climat qui a entériné cette pratique.
Réponse de le 01/11/2015 à 23:39 :
Il est incroyable de voir autant de commentaires de déni. Vous êtes scientifique ? Vous avez lu le rapport de l'OMS ? Vous y connaissez quelque chose au sujet ?

Faites vous aussi partie des personnes qui nient l'Evolution ou le fait que l'univers ait plus de 6000 ans ?
a écrit le 30/04/2015 à 12:25 :
Comme d'habitude l'OMS sort des chiffres de son chapeau sans que l'on sache les sources et surtout si ce sont des chiffres objectifs. Ensuite on a droit au bâton et au coté moralisateur assené par les représentants de l'ordre technoecolo et c'est circuler il n'y a rien à voir nous sommes les seuls à avoir la vérité! Les ecolos ont vite assimilé la doctrine libérale du TINA (There Is No Alternative) or il y a toujours une alternative!
Réponse de le 01/11/2015 à 23:30 :
Vous avez lu le rapport en entier avant de dire quelque chose d'aussi provocateur ?
a écrit le 30/04/2015 à 8:30 :
Et à Pékin, euh, à Paris, combien ça coûte pour nous les contribuables français ?
Réponse de le 03/05/2015 à 17:01 :
Voilà, c'est la bonne question. Somme toute, à Strasbourg ou à Marseille on n'est pas obligé à payer pour la pollution à Paris.
a écrit le 30/04/2015 à 7:51 :
Ce ne sont, comme d'habitude, que des calculs économétriques fondés sur des hypothèses et des modèles auto-alimentés : personne n'est capable d'identifier les personnes mortes du fait de la pollution atmosphérique, dans les hôpitaux ou les morgues. Donc le chiffre de 600000 décès est tout simplement faux. Et là, ça finit par confiner à l'escroquerie intellectuelle. Davantage de sérieux s'impose dans l'évaluation des problèmes.
Réponse de le 30/04/2015 à 9:40 :
@britannicus
Bien d'accord avec vous. Il y a deux estimations, celle du nombre de décès prématurés (de combien? Un mois? Six mois? Trois ans?) et ensuite celle du coût moyen de ces décès (données des assureurs'?). Le résultat final est très bizarre: le décès prématuré de UN pour MILLE de sa population conduirait à une perte de PIB de DIX pour CENT pour l'UE. Débile, non?
Réponse de le 22/11/2015 à 17:02 :
Remettre en question les chiffres de l'OMS me semble très osé. Comme toute donnée scientifique, chacun est en droit de remettre en question les chiffres de l'OMS. Il faut cependant le faire dans le cadre d'un débat avec les scientifiques qui ont travaillé sur ces chiffres, pour leur donner un droit de réponse. Sinon, on en arrive à cette situation, où plus de 20% des français pensent que le réchauffement climatique n'est pas principalement dû à l'activité humaine ; alors que ce n'est le cas pour seulement 2,9% de la communauté scientifique climatologue.
http://www.theguardian.com/environment/2013/may/16/climate-research-nearly-unanimous-humans-causes

Les rapports de l'OMS passent par une revue sérieuse de leurs pairs (d'autres scientifiques reconnus). Si leur rapport a pu passer par le peigne fin d'un comité d'experts, je doute qu'on puisse douter à ce point là du bien fondé de cette étude.
a écrit le 29/04/2015 à 22:55 :
Voici une preuve de plus que "politique économique responsable" et "politique environnementale responsable" sont inséparables.
a écrit le 29/04/2015 à 21:52 :
rien sur le mode de calcul. les chiffres sortent de nulle part.
Réponse de le 22/11/2015 à 17:02 :
Il faut lire le rapport pour voir tout ça. Le rapport est dans le lien cité par l'article. Faites un petit effort quand même ;)

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