La tempête tropicale Harvey, qui sévit depuis la fin de la semaine dernière sur Houston et les côtes du Texas, pourrait représenter un coût faramineux pour le secteur de l'assurance aux États-Unis. Par ailleurs, l'industrie du pétrole, fortement implantée au Texas, subit déjà les conséquences de cette catastrophe climatique en réduisant de manière importante la production de l'or noir.
S'il est encore trop tôt pour avoir des montants définitifs du coût engendré par cette tempête, les analystes interrogés par Reuters pensent que les pertes assurées liées à la catastrophe pourraient atteindre 20 milliards de dollars.
Et les chiffres relatifs aux coûts pourraient encore s'accroître. "Les dégâts pourraient être encore plus élevés que pour les cyclones récents", a expliqué Adam Kamins, économiste chez Moody's interrogé par le Wall Street Journal. "Les inondations ont touché des zones où il y a vraiment des densités d'habitations très fortes. C'est pourquoi de forts dégâts sont attendus pour les propriétés et les véhicules" a-t-il ajouté.
(Une infographie de notre partenaire Statista)
Sarah DeWitt a expliqué que les dégâts induits par les inondations ne sont pas couverts par les contrats d'assurance habitation ordinaires et sont pris en charge par l'État fédéral. En revanche, les dégâts provoqués par les inondations subies par les entreprises sont compris dans les contrats d'assurance, poursuit l'économiste. Cela pourrait entraîner "des pertes conséquentes pour les réassureurs et les assureurs" souligne-t-elle.
La tempête Harvey a pesé sur le secteur de l'assurance à Wall Street dans la journée de lundi. Selon Reuters, Travelers, le numéro un de l'assurance-habitation aux États-Unis, a perdu 2,56%, subissant une forte baisse du Dow Jones. Le titre Allstate, le numéro deux a cédé 1,49%. De son côté, l'action de Progressive, une grande société d'assurance pour automobile au Texas, a reculé de 2,25%. Enfin l'indice KBW Insurance a également chuté de 2,3%.
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L'industrie du pétrole est également perturbée par la catastrophe Harvey. Les côtes du Texas qui accueillent plus d'un tiers des capacités de raffinerie des États-Unis sont ravagées par l'ouragan. Selon une estimation du bureau de régulation de l'environnement et de la sécurité publiée ce lundi, 98 plateformes offshore situées dans le golfe du Mexique ont été évacuées sur 737, ce qui représente 13,3% du total.
Par ailleurs, "ce sont approximativement 18,94% de la production pétrolière qui ont été mis à l'arrêt. Ce qui représente environ 331.370 barils sur 1,75 million produits par jour" ajoute l'agence. Environ 18,12% (contre 25,71% dimanche) de la production de gaz naturel sont également suspendus. Le géant pétrolier ExxonMobil a annoncé dans un communiqué publié dimanche la suspension des activités de son site texan de Baytown, l'un des plus grands au monde. Situé à une quarantaine de kilomètres à l'est de Houston, le site produit 584.000 barils de pétrole brut par jour et emploie 7.000 personnes. La firme américaine a expliqué que sa priorité était la sécurité de ses employés et de ses prestataires.
Sur les marchés, le baril de WTI, la référence du brut américain, a perdu 2,7%, le marché anticipant une forte baisse de la demande d'or noir dans les raffineries touchées par la tempête. De leur côté, les sociétés Chevron et ExxonMobil ont cédé respectivement 0,43% et 0,35%.
Les personnes se retrouvant au chômage technique à cause des dégâts matériels pourraient être également des dizaines de milliers. Peu de temps après le passage du célèbre ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans en 2005, les actifs étaient environ 100.000 à s'inscrire chaque semaine comme demandeur d'emploi dans la zone touchée par la tempête selon des chiffres du Wall Street Journal. Par ailleurs, la fermeture des immeubles de bureaux, des routes et aéroports, qui ont reçu l'ordre de rester fermer ce lundi, devrait entraîner une baisse de l'activité.
En revanche, en dépit des morts et des dégâts matériels provoqués par la tempête, des analystes de marché interrogés par Reuters pensent que les conséquences économiques négatives des inondations seront compensées par une forte hausse du secteur de la reconstruction.
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