Le FMI revoit à la baisse la croissance mondiale après le Brexit

 |   |  787  mots
Moins de croissance prévue pour le FMI après le Brexit
Moins de croissance prévue pour le FMI après le Brexit (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
L'institution de Washington a revu la croissance mondiale 2016 et 2017 à la baisse de 0,1 point à 3,1 % et 3,4 %. La zone euro et le Royaume-Uni seront les principales victimes du Brexit.

Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le monde et la zone euro en raison de « l'incertitude considérable » issue du vote britannique du 23 juin en faveur du Brexit. « Les résultats du référendum britannique, qui ont pris de court les marchés financiers mondiaux, représentant la matérialisation d'un considérable risque baissier pour l'économie mondiale », explique l'institution de Washington. En cause : l'incertitude résultat des conditions du Brexit. « La première victime de ce vote devrait être le Royaume-Uni lui-même. Cette incertitude devrait porter atteinte à la confiance et à l'investissement », estime le FMI. Or, ajoute l'institution, l'issue du Brexit « restant à définir », la tâche de prévision est encore compliquée.

Résistance des émergents

Au final, le FMI revoit à la baisse de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale pour 2016 et 2017 à respectivement 3,1 % et 3,4 %. En 2015, la croissance mondiale était déjà de 3,1 %. Les pays avancés devraient cependant être plus touchés que les pays émergents. Dans ces derniers, la prévision de croissance du FMI reste stable à 4,1 % en 2016 et 4,6 % en 2017. A noter que la révision à la hausse est forte pour la Russie et le Brésil (un demi-point de plus pour les deux) en 2016, même si ces pays devraient demeurer en contraction de leur richesse à -0,6 % et -3,3 % respectivement. La croissance chinoise n'a pas été corrigée, elle devrait ralentir à 6,4 % et 6,3 % en 2016 et 2017 contre 6,6 % en 2015.

Les pays avancés revus à la baisse

La révision est plus forte dans les pays dits « avancés » où la croissance ne sera que de 1,8 %, en baisse de 0,1 point. Les Etats-Unis ne devraient croître que de 2,2 % cette année contre 2,3 % attendus auparavant et de 2,5 % en 2017. Une révision due moins au Brexit qu'à un premier trimestre décevant. Au Japon, la révision à la baisse est de 0,2 point à seulement 0,3 % cette année et 0,1 % l'an prochain. L'Empire du Soleil levant est affecté indirectement par la hausse du yen consécutive à l'incertitude liée au Brexit. Mais le FMI prévient que la troisième économie mondiale pourrait connaître une croissance supérieure si, comme « cela est prévu », un plan de relance est proposé dans le budget rectificatif de 2016.

La zone euro à faible régime

Assez paradoxalement, la croissance de la zone euro résiste plutôt bien en 2016, compte tenu du bon premier trimestre (croissance trimestrielle de 0,6 %). Le FMI revoit donc ses prévisions de croissance pour les 19 à 1,6 % pour 2016 contre 1,7 % en 2015. Niveau faible néanmoins. A noter que la France voit sa prévision de croissance bondir de 0,4 point à 1,5 %, presque autant que l'Allemagne (1,6 %, + 0,1 point). En revanche, l'Italie voit sa prévision réduite à 0,9 % cette année de 0,1 point. Le FMI s'inquiète de l'état du secteur bancaire dans la Botte. Pour 2017, l'impact du Brexit sera plus sensible avec un recul de 0,2 point des prévisions de croissance à 1,4 % seulement. Le ralentissement sera sensible en Allemagne, où la croissance prévue a été réduite de 0,4 point à 1,2 %. La France devrait alors faire jeu égal avec son voisin (croissance revue à la baisse de 0,1 point). L'Italie devra se contenter de 1 % contre 1,1 % prévu jusqu'ici.

Le Royaume-Uni ralentit fortement

Evidemment, la première victime de l'incertitude liée au Brexit sera... le Royaume-Uni. Le FMI revoit la croissance de la deuxième économie européenne radicalement à la baisse : 0,2 point de moins en 2016 à 1,7 % et 0,9 point de moins en 2017 à 1,3 %. Pas de contraction annuelle du PIB, donc, mais un très fort ralentissement. La croissance intérieure, notamment les investissements, seront touchés.

Le problème persistant de la zone euro

Les prévisions du FMI ne dressent certes pas un tableau catastrophique de la situation, mais il est clair que la croissance sera toujours faible, trop faible. C'est un élément qui pose problème pour les banques centrales du monde entier qui semblent être arrivées au bout de leurs capacités. Les perspectives de relance au Japon et en Chine et, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni, pourraient changer la donne si elles sont ambitieuses et réfléchies. Pour la BCE, deux jours avant la réunion du conseil des gouverneurs, ces prévisions du FMI posent de nouveau le problème de la croissance faible de la zone euro, toujours bonnet d'âne de la croissance mondiale, Japon excepté. Malgré le Brexit, la croissance britannique restera supérieure à celle de la zone euro en 2016 et 2017. L'Allemagne, modèle et directrice de cette zone, affiche des performances médiocres. La persistance de l'inflation faible et l'absence de vrai « policy mix », autrement dit d'un complément entre la politique monétaire et budgétaire, contribuent à ces mauvais résultats. Malheureusement, aucun changement sur ce front n'est en vue.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/07/2016 à 19:35 :
Tout ce qui ne va pas dans le sens du dogme servira d'excuse pour ne pas être au niveau prévu artificiellement!
a écrit le 20/07/2016 à 17:43 :
"La zone euro et le Royaume-Uni seront les principales victimes du Brexit". J'adore le mot "victimes", vous ne pouvez savoir à quel point !
a écrit le 20/07/2016 à 14:34 :
Si le PIB mondial est calculé en USD, et que cette devise s'apprécie beaucoup comme actuellement, disons une moyenne de 4-5% par rapport aux monnaies mondiale, ne serait on pas plutôt en récession généralisé ?!?
Exemple, les martiens augmentent de 3% leur PIB, mais leur devises perds 5% par rapport au USD, ils sont donc en récession de 2%, car leur PIB pèse moins au niveau mondial.
Si cela se vérifie, on verrait à quel point ces déclarations sont politique, car les monnaies influencent plus le PIB mondiale que l'activité en elle même. J'espère me tromper.
a écrit le 20/07/2016 à 13:12 :
Euh, question : ça fait combien de fois que la prévision de croissance mondiale a été abaissée depuis la mi-2015 ? 5, 6 ? A part ça, tout va très bien madame la Marquise ... :-( !
a écrit le 20/07/2016 à 9:37 :
Rapides les mecs ! Il faut dire que voilà une raison qui tombe à point nommé. D'un autre côté il ne vont pas dire que c'est à cause de la compromission et de l'incompétence des décideurs politiques et économiques, forcément ils en font partie.
a écrit le 20/07/2016 à 3:24 :
a en croire cet article, le brexit fait baisser de 0,1 points l'economie mondiale, idem pour l'europe et de 0,2 points celle de la GB.

C'est pas cohérent du tout. si ça ne baisse que de 0,2 en GB, ça ne devrait même pas faire éternuer l’Europe, et encore moins le monde.
a écrit le 19/07/2016 à 23:29 :
Les us avaient en effet menacé de punir en cas de brexit. Donc, pas de surprise.
a écrit le 19/07/2016 à 22:24 :
Je pense que le FMI fait fausse route, la croissance va venir de l'Asie Brexit ou pas, cela très bientôt .
a écrit le 19/07/2016 à 21:06 :
Le Brexit a bon dos... Et on ne donne pas le nom des "populistes" coupables de ce ralentissement économique ? C'est vrai que plus de 50% des électeurs britanniques, sans compter ceux qui sur le continent voudraient bien se défouler à leur tour, cela ferait long...
a écrit le 19/07/2016 à 19:41 :
Heureusement que moi petit garçon qui aime le foot nous dit que ça va mieux. Moi, président nous a dit que la baisse d'impôt dépend du niveau de croissance en 2017. C'est mal barré. Tout comme être sous les 3%. A suivre pour le niveau de croissance de la France fin 2016.
a écrit le 19/07/2016 à 19:11 :
Je souhaiterai porter à la connaissance de Mme Lagarde que le Japonais SoftBank a racheté cette semaine, après le Brexit donc, le britannique ARM spécialisé dans les processeurs, pour 32 Milliards de dollars. A la clef, le doublement des effectifs. Question risque sur les investissements au Royaume-Uni, cette transaction record tombe vraiment mal pour illustrer ses propos sur le Brexit ("...notamment les investissements, seront touchés.")
Bref, l'OCDE, la Banque Mondial, et le FMI il y a 4 mois ont tous fait les mêmes déclaration sur le ralentissement mondial, soit bien avant le Brexit.
L'invoquer aujourd'hui, c'est vraiment se raccrocher aux branches !
a écrit le 19/07/2016 à 18:48 :
Comme Mme Lagarde déclarait en Mai qu'un Brexit entraînerait "de la volatilité sur les marchés financiers et porterait un coup à la croissance...jusqu'à 9.5% de PIB", on ne sais plus avec quel sérieux prendre leurs prévisions.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :