Japon : pour l'instant, le FMI peine à voir les effets des "abenomics"

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Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé lundi le gouvernement japonais à revoir sa stratégie de relance.
Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé lundi le gouvernement japonais à revoir sa stratégie de relance. (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
Le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé lundi au gouvernement japonais de donner un coup d'accélérateur à sa stratégie de relance dite "abenomics", avec deux priorités : pousser les salaires à la hausse et réduire les inégalités du marché du travail.

"Au vu des politiques actuelles, les objectifs de croissance, d'inflation et d'assainissement budgétaire demeurent tous hors de portée dans le calendrier fixé par les autorités", estime le FMI dans un compte-rendu publié à l'issue d'une mission dans l'archipel.

Pour y parvenir, les "abenomics" (en référence aux "reaganomics" de la période Reagan dans les années 1980), politique lancée fin 2012 par le Premier ministre Shinzo Abe autour de trois piliers - largesses budgétaires, assouplissement monétaire et promesse de réformes structurelles -, doivent être "dopés", juge l'institution de Washington, estimant que les deux premiers piliers ne peuvent suffire.

Le gouvernement, poursuit le FMI, doit s'efforcer de peser de tout son poids sur les négociations salariales qui ont ce printemps abouti à des hausses limitées, malgré les appels répétés de M. Abe à la Japan Inc.

"Il pourrait introduire un mécanisme incitant les compagnies profitables à augmenter les salaires de base d'au moins 3%, via des avantages fiscaux ou au contraire des pénalités" pour les mauvais élèves, suggère l'institution de Washington.

Sans réformes, le FMI craint un fléchissement de la croissance

Dans le même temps, le Fonds préconise de promouvoir des contrats plus équilibrés pour les postes précaires, qui occupent une part grandissante sur le marché du travail. Les économistes appellent de longue date à atténuer les inégalités entre le système d'emploi à vie - qui protège la grande majorité des salariés et incite à modérer en contrepartie les revendications - et les autres emplois, instables et bien moins rémunérés.

Sans ces réformes ambitieuses, "la croissance potentielle devrait fléchir, passant d'environ 0,5% en 2015 à près de zéro d'ici à 2030, du fait du déclin démographique", avertit le FMI.

Parallèlement, ajoute-t-il, le Japon doit dès à présent mettre au point une nouvelle stratégie d'assainissement de ses finances, alors que la dette publique s'élève à près de 250% du Produit intérieur brut (PIB).

Début juin, Shinzo Abe a annoncé le report à 2019 d'une hausse de TVA de 8% à 1%, initialement prévue en avril 2017, mais selon le Fonds, il devrait plutôt opter pour "une augmentation progressive de cette taxe vers au moins 15%, par exemple en la relevant de 0,5% ou 1% chaque année". Une telle politique permettrait de "renforcer la crédibilité" du Japon en la matière et de "réduire l'incertitude pour les consommateurs".

(Avec AFP et Reuters)

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a écrit le 04/08/2016 à 8:35 :
"Il pourrait introduire un mécanisme incitant les compagnies profitables à augmenter les salaires de base d'au moins 3%, via des avantages fiscaux ou au contraire des pénalités" pour les mauvais élèves, suggère l'institution de Washington. Voilà que le FMI critique l'ultralibéralisme, maintenant !!! Nous allons de surprises en surprises !

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