Le Japon reporte (encore) la hausse de la TVA

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L'annonce d'un report de hausse de la TVA était attendu. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé mercredi un deuxième report de hausse de TVA, une volte-face qui apparaît comme un constat d'échec de la stratégie de relance "abenomics" (en référence aux "reaganomics" de la période Reagan dans les années 1980) selon des analystes.
Afin de contribuer à enrayer la colossale dette d'un archipel vieillissant, confronté à des dépenses sociales exponentielles, la taxe sur la consommation devait initialement être relevée de 8% à 10% en octobre 2015. Mais face aux difficultés économiques, M. Abe l'avait repoussée à avril 2017. Rebelote donc, avec comme nouvelle échéance la date d'octobre 2019.
Pourtant, il avait écarté ce scénario à maintes reprises, à moins d'un choc similaire à la crise financière internationale de 2008 ou d'une catastrophe comparable au tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011. Rien de tel ne s'est passé, mais Shinzo Abe invoque la menace d'une "crise profonde" sur la planète pour reporter cette impopulaire mesure avant des élections sénatoriales en juillet. Son analyse catastrophiste a eu beau laisser sceptiques les autres dirigeants du G7 réunis la semaine dernière au Japon, M. Abe n'en démord pas.
Pour le chef de l'opposition, Katsuya Okada, "le Premier ministre rejette le blâme sur l'économie mondiale. Il s'expose à la risée du monde et nuit gravement aux intérêts du Japon", a-t-il lancé devant le Parlement. Il "devrait reconnaître l'échec de sa politique abenomics, s'excuser auprès du public pour avoir trahi ses engagements et démissionner aussitôt", a-t-il insisté, avant de déposer une motion de défiance qui a été rejetée. Ces critiques sont également partagées par certains économistes: "Il est difficile de dire que les abenomics ont été un succès tout en repoussant une hausse de taxe", a réagi Masamichi Adachi, de JP Morgan.
Cette stratégie à trois flèches pour sortir de la déflation - largesses budgétaires, assouplissement monétaire et réformes structurelles - avait initialement fait naître des espoirs dans une troisième économie mondiale assoupie depuis des années, mais une première hausse de TVA (de 5% à 8%) en avril 2014 a cassé la reprise et, depuis, le Japon affiche une petite forme.
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La dette publique, héritage de programmes de soutien massifs lancés par les autorités après l'éclatement d'une bulle financière au début des années 1990, s'élève à près de 250% du Produit intérieur brut.
A la différence de celle de la Grèce, elle est, à plus de 90%, détenue par des investisseurs japonais, en particulier par la Banque du Japon (BoJ), ce qui garantit pour l'heure des taux d'intérêt bas, mais les agences de notation financière et organismes internationaux, comme le FMI ou l'OCDE multiplient de longue date les mises en garde.
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"M. Abe ne doit pas être tenu par sa promesse, c'est la bonne décision de repousser la taxe", estime cependant Takuji Okubo, analyste de Japan Macro Advisors. "Assainir les finances publiques par la TVA est souvent un chemin périlleux, mieux vaut que le Japon y parvienne via la croissance et la fin de la déflation".
(Avec AFP et Reuters)
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