Lundi, ils baissaient de 5%, ce mardi, ils remontaient de 1%, les prix du pétrole sont volatils. La prochaine réunion de l'Opep+, le 4 décembre, la veille de l'application de l'embargo européen sur les importations de brut russe et du plafonnement de son prix selon l'accord du G7, fait l'objet de spéculations, alors que la demande du premier importateur mondial, la Chine, aux prises avec une recrudescence de la pandémie du Covid-19, devrait enregistrer cette année une baisse de 2,6% par rapport à 2021.Les prix du pétrole sont très volatils. Lundi, ils ont baissé de plus de 5% en raison d'une information du Wall Street Journal, faisant état d'une discussion entre membres de l'Opep sur la possibilité de relever son offre de 500.000 barils par jour (b/j), citant des membres de délégations mais sans préciser leur nationalité. Même si l'information a été démentie par le ministre de l'Énergie saoudien, Abdoulaziz bin Salman, ainsi que par son homologue émirati, les cours ne regagnaient qu'un peu plus de 1% ce mardi. Le prix du baril de Brent évoluait autour de 88,5 dollars. Sur un mois, il est en baisse de -2,86%, et sur un an en hausse de +9,7%. Quant au WTI, la référence de brut américaine, son cours cotait autour des 81 dollars. Sur un an, il progresse de +3,9%.
Débat sur les quotas
Si l'information du WSJ a été l'occasion pour Riyad de rappeler que l'organisation s'en tenait à la décision, prise lors de leur précédente réunion, de réduire à partir de novembre leur quota de 2 millions de barils par jour (mb/j), l'offre de l'Opep+ (partenariat entre l'Opep et 10 autres pays exportateurs dont la Russie), elle manifeste la volonté de certains pays d'avoir un débat interne au sein du partenariat, souvent évoqué mais toujours ajourné: une remise à plat des quotas officiels.
En effet, en réalité, la réduction réelle de l'offre depuis ce mois-ci est de 1 mb/j car de nombreux pays n'arrivent pas à atteindre leurs quotas respectifs, dont la Russie. Or, au sein de l'Opep, les Émirats arabes unis ainsi que l'Irak veulent augmenter leurs capacités de production pour pouvoir vendre plus, notamment en raison du pic de la demande pétrolière mondiale qui se profile dans les prochaines années, avec l'accélération du développement des énergies renouvelables. Or, un tel débat est délicat dans le contexte de la guerre en Ukraine et des sanctions imposées à la Russie.
Car la Maison Blanche entend toujours isoler la Russie, ce qui passe par un rapprochement avec l'Arabie Saoudite. Mais l'information du WSJ témoigne également de la volonté affichée de la Maison-Blanche de favoriser le rapprochement avec l'Arabie Saoudite. Ainsi, la semaine dernière, l'administration Biden a indiqué que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane bénéficiait de l'immunité juridique dans le cadre d'un futur procès pour le meurtre du journaliste et opposant Jamal Khashoggi en 2018. Un revirement qui signale que désormais, l'administration Biden qui voulait initialement isoler le prince héritier le reconnaît comme le représentant du Royaume.