Dans moins de trois semaines, le 5 décembre, les pays de l'Union européenne (UE) ne pourront plus importer de pétrole brut de la Russie. Ils appliqueront l'embargo décidé en juin dernier au sommet européen de Versailles dont sont toutefois exemptés certains membres : la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque, qui continueront à être livrés via l'oléoduc de Droujba, ainsi que la Bulgarie et la Croatie.
Cette perspective n'a pas pour le moment conduit à une flambée des cours. Mercredi, le cours du baril de Brent reculait même de quelque 1,8%, évoluant au-dessus des 92 dollars, se situant néanmoins quelque 12 dollars au-dessus de son dernier point bas atteint à la fin de septembre. Celui du baril de WTI, la référence sur le marché de l'Amérique du nord, se dépréciait lui de 2%, tombant à 85,6 dollars. Les investisseurs étaient plus préoccupés par la demande mondiale d'or noir, que l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans son rapport mensuel publié mardi, a révisé à la baisse prévoyant désormais une hausse de 1,6 million de barils par jour (mb/j) des besoins en 2023, à 101,38 mb/j.
Mais les incertitudes demeurent sur les conséquences de cet embargo visant à réduire les revenus de la Russie qui lui permettent de financer sa guerre en Ukraine déclenchée le 24 février dernier. Car même si l'UE a considérablement baissé ses achats - sa part dans les exportations de brut russe étant passée de 50% à 35% (de 50% à 31% pour les produits raffinés) -, elle a encore importé 1,5 mb/j en octobre, selon les estimations de l'AIE, le reste de ses besoins étant fourni par les pays producteurs du Moyen Orient et de l'Afrique, la Norvège, le Brésil et la Guyane.