Le réchauffement climatique menace des millions d'emplois

Avec le réchauffement climatique, l'augmentation du stress thermique dans l'agriculture et d'autres secteurs industriels devrait se traduire par une perte de productivité équivalant à 80 millions d'emplois d'ici 2030, a averti l'Organisation internationale du travail (OIT) dans un récent rapport.
Grégoire Normand

3 mn

(Crédits : Reuters)

Les récents épisodes de canicule ont obligé un certain nombre de secteurs économiques à adapter les horaires de travail de leurs employés. Avec un mercure dépassant parfois les 40°C, les conditions de travail peuvent se dégrader très rapidement pour beaucoup de travailleurs. Outre cette détérioration des conditions, la multiplication de ces épisodes pourrait avoir des conséquences sur l'économie mondiale et la productivité des travailleurs.

Dans un rapport rendu public le premier juillet dernier, l'organisation internationale du travail (OIT)  a estimé que ces phénomènes climatiques extrêmes pourraient engendrer des pertes économiques représentant quelque 2.400 milliards de dollars à l'échelle mondiale. "C'est en gros l'équivalent de l'économie du Royaume-Uni", a dit Catherine Saget, co-auteur du rapport, devant la presse d'après des propos rapportés par l'AFP.

80 millions de postes menacés

Les économistes de l'institution internationale ont basé leurs projections sur une hausse de la température mondiale de 1,5°C d'ici à la fin du 21e siècle, en prenant en compte également l'évolution démographique.

D'après leurs simulations, 2,2% du total des heures travaillées dans le monde seraient perdus à cause des températures plus élevées, soit une perte de productivité équivalant  à 80 millions de postes à temps plein.

"Il s'agit toutefois d'une estimation prudente car, outre le postulat selon lequel l'augmentation à long terme de la température moyenne mondiale ne dépassera pas 1,5 °C, elle se fonde sur l'hypothèse que les travaux agricoles et de construction sont effectués à l'ombre", ajoute l'organisation basée à Genève.

L'Asie et l'Afrique, premières victimes du réchauffement climatique

Parmi les régions les plus exposées à ces pertes d'emplois, l'Asie et l'Afrique de l'Ouest apparaissent comme les plus vulnérables. Le stress thermique pourrait entraîner une perte de 5,3% et 4,8% des heures de travail d'ici 2030, soit environ 43 millions et 9 millions d'emplois à plein temps. Sur le Vieux continent, les risques sont moins prononcés avec des pertes de productivité estimées à 0,1% environ. "Cela étant, en Europe et en Amérique du Nord, les pertes sanitaires, sociales et économiques pourraient être considérables durant des vagues de chaleur d'une intensité inhabituelle" indique l'OIT.

L'agriculture et le bâtiment en première ligne

Les effets du changement climatique devraient avoir des répercussions disparates selon le type d'emploi et les secteurs. Selon le document de l'OIT, les travailleurs dans le bâtiment et l'agriculture devraient être les plus touchés. En 1995, l'agriculture représentait à elle seule 83% du total des heures de travail perdues en 1995 à cause du stress thermique et devrait représenter 60% du total en 2030. Du côté de la construction, les pertes devraient bondir sur la décennie à venir.

"Alors que la construction ne représentait que 6% du total des heures de travail perdues en raison du stress thermique en 1995, cette part devrait passer à 19% d'ici à 2030", expliquent les auteurs.

Le réchauffement climatique, facteur d'inégalités

Outre la perte de productivité et d'emplois, le réchauffement climatique pourrait exacerber les inégalités. Par exemple, les femmes qui travaillent beaucoup dans l'agriculture de subsistance pourraient voir leurs conditions de travail se détériorer dans certaines zones mondiales fortement exposées aux températures extrêmes.

La hausse du thermomètre pourrait également inciter les populations actives des zones rurales à migrer vers des villes ou des pays offrant de meilleures conditions.

"Si divers facteurs contribuent, au bout du compte, à la décision de migrer (par exemple, les inégalités, le manque de perspectives, les liens sociaux, les conflits et autres questions de sécurité), le stress thermique est un facteur de plus en plus déterminant des migrations internationales", indiquent les experts.

Grégoire Normand

3 mn

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Commentaires 24
à écrit le 07/07/2019 à 8:41
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Par contre, les absurdes politiques climat-énergie, aussi onéreuses qu'inutiles, vont continuer à réduire le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui mécaniquement pénalise les ménages les moins aisés et détruit de l...

à écrit le 07/07/2019 à 8:40
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Cela serait peut-être vrai s'il y avait un réchauffement climatique dans le monde réel. Or, après un petit réchauffement de +0,7°C en 130 ans, il n'y a quasiment plus de réchauffement global depuis le début des années 2000 (mesures Hadcrut et UAH), l...

à écrit le 05/07/2019 à 19:17
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Par contre, les absurdes politiques climat-énergie, aussi onéreuses qu'inutiles, vont continuer à réduire le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui mécaniquement pénalise les ménages les moins aisés et détruit de l...

à écrit le 05/07/2019 à 19:13
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Cela serait peut-être vrai s'il y avait un réchauffement climatique dans le monde réel. Or, après un petit réchauffement de +0,7°C en 130 ans, il n'y a quasiment plus de réchauffement global depuis le début des années 2000 (mesures Hadcrut et UAH), l...

à écrit le 05/07/2019 à 8:13
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Chaque appareil électrique devrait avoir sa propre source d'énergie "solaire"! Sinon revenez au manuel, vous ne serez pas plus malheureux!

à écrit le 04/07/2019 à 19:12
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Le titre de l’article est faux. Si il y a une baisse de la productivité il y aura donc un gain équivalent en nombre d’emplois. Donc il faudra 80 millions de mecs en plus pour faire le boulot que les autres n’auront pas le temps et le courage de faire...

à écrit le 04/07/2019 à 17:47
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Ces perspectives négatives seront sans nul doute largement compensées par les profits croissants de l'exploitation des pétroles de schiste, donc pas d'inquiétude à avoir.

à écrit le 04/07/2019 à 14:53
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pour rappel : - la France est parmi les pays développés émettant le moins de gaz à effet de serre par habitant, avec Suisse/Suède (World Resources Institute ; Eurostat) ; - l'Hexagone fait partie des pays ayant le plus faible déficit de tarificati...

à écrit le 04/07/2019 à 14:00
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Comme ces emplois sont d'aujourd'hui et qu'ils vont être remplacés par des robots quel est le problème ? A ne pas regarder les problèmes dans leur globalité, on arrive à faire de la fausse information. Il s'agit donc de prioriser la robotisation pour...

à écrit le 04/07/2019 à 13:44
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Le GIEC a dit, donc il faut croire le GIEC. Chaque fois qu'un évènement non pas climatique mais météorologique se produit, c'est une conséquence du réchauffement climatique. C'est un peu court comme affirmation. De formation plutôt scientifique, on ...

le 04/07/2019 à 17:14
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@cliquet "de formation plutôt scientifique", vous avez raison d'employer "plutôt" dans votre phrase, car vu ce que vous écrivez ensuite vous n'avez pas retenu grand chose des méthodes qu'on a tenté de vous enseigner. 1. Le GIEC parle d'hypothèses et ...

le 04/07/2019 à 18:13
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Cliquet c'est un anonyme derrière son PC qui donne son avis sur un sujet. Le GIEC ce sont des centaines de scientifiques, dont c'est le métier à plein temps de travailler sur ce sujet. Ils font un rapport complet et épais, alors au lieu de perdre v...

à écrit le 04/07/2019 à 10:49
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c'est bon pour le secteur de la piscine privée. une activité qui marche bien en France. 50 000 bassins enterrés vendus en 2018. parc de 2,5 millions de piscines (dont 1,3 enterrées). 1er marché européen et 2e mondial. et ça recrute (voir le blog Prop...

à écrit le 04/07/2019 à 9:54
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Toujours ce meme catastrophisme! la baisse de la productivité augmente plutot les emplois puisque la hausse de la productivité diminue les emplois. Enfin c'est ce que l'on apprend à l'école. le monde change et la peur du changement permet ce genre d'...

le 04/07/2019 à 12:24
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plus de personnel certes mais moins de productivite -> gateau plus petit a partager avec plus de monde -> bagarre en perspective pour savoir qui devra reduire sa part du gateau

le 04/07/2019 à 18:18
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La société est un tout petit plus évolué qu'une parcelle de terre cultivable. Il faut des routes, des réseaux d'eau, électrique, de télécom, des bâtiments publics etc… Même si la Sibérie est habitable demain, n'empèche que de la à transférer des pop...

à écrit le 04/07/2019 à 9:53
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Et quand il y aura des trombes d'eau réduisant en boue ces même sols, ils vont nous dire quoi ces fonctionnaires ? De prendre des timbales pour écoper ?

à écrit le 04/07/2019 à 9:48
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A croire que le public raffole des mauvaises nouvelles toutes choses égales par ailleurs. Mais justement le réchauffement climatique est un incroyable facteur de changement auquel l'humanité doit collectivement s'adapter sauf à disparaître ou migrer ...

à écrit le 04/07/2019 à 9:46
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hypocrisie totale de nos politiciens .. le tout camion ! au détriment du rail

à écrit le 04/07/2019 à 8:11
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Si les politiciens d’où partent les migrants étaient moins corrompus les problèmes se règleraient plus facilement dans le respect des citoyens du pays permettant de trouver des solutions. Mais la brutalité, bêtise et dégénérescence des oligarchie...

à écrit le 04/07/2019 à 8:02
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"Le réchauffement climatique menace des millions d'emplois" : Et oui, mais il fallait y penser plus tôt ... Avant de faire des millions d'enfants en trop.

le 04/07/2019 à 17:25
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nous sommes tous.... des enfants de trop à ce moment la.....

à écrit le 04/07/2019 à 7:05
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Ou comment justifier la globalisation dans l'agriculture... Hypocrite, d'autant plus que ce sont ces multinationales qui mènent la danse dans l'écologie.

le 04/07/2019 à 17:30
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on tire la sonnette d alarme mais on ne finance absolument pas un modèle alternatif de développement...... croissance à tout prix..... villes énormes.... transports à tout va..... commerce mondial.....etc..... si l afrique revenait vers des cul...

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