Le réchauffement climatique menace des millions d'emplois

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(Crédits : Reuters)
Avec le réchauffement climatique, l'augmentation du stress thermique dans l'agriculture et d'autres secteurs industriels devrait se traduire par une perte de productivité équivalant à 80 millions d'emplois d'ici 2030, a averti l'Organisation internationale du travail (OIT) dans un récent rapport.

Les récents épisodes de canicule ont obligé un certain nombre de secteurs économiques à adapter les horaires de travail de leurs employés. Avec un mercure dépassant parfois les 40°C, les conditions de travail peuvent se dégrader très rapidement pour beaucoup de travailleurs. Outre cette détérioration des conditions, la multiplication de ces épisodes pourrait avoir des conséquences sur l'économie mondiale et la productivité des travailleurs.

Dans un rapport rendu public le premier juillet dernier, l'organisation internationale du travail (OIT)  a estimé que ces phénomènes climatiques extrêmes pourraient engendrer des pertes économiques représentant quelque 2.400 milliards de dollars à l'échelle mondiale. "C'est en gros l'équivalent de l'économie du Royaume-Uni", a dit Catherine Saget, co-auteur du rapport, devant la presse d'après des propos rapportés par l'AFP.

80 millions de postes menacés

Les économistes de l'institution internationale ont basé leurs projections sur une hausse de la température mondiale de 1,5°C d'ici à la fin du 21e siècle, en prenant en compte également l'évolution démographique.

D'après leurs simulations, 2,2% du total des heures travaillées dans le monde seraient perdus à cause des températures plus élevées, soit une perte de productivité équivalant  à 80 millions de postes à temps plein.

"Il s'agit toutefois d'une estimation prudente car, outre le postulat selon lequel l'augmentation à long terme de la température moyenne mondiale ne dépassera pas 1,5 °C, elle se fonde sur l'hypothèse que les travaux agricoles et de construction sont effectués à l'ombre", ajoute l'organisation basée à Genève.

L'Asie et l'Afrique, premières victimes du réchauffement climatique

Parmi les régions les plus exposées à ces pertes d'emplois, l'Asie et l'Afrique de l'Ouest apparaissent comme les plus vulnérables. Le stress thermique pourrait entraîner une perte de 5,3% et 4,8% des heures de travail d'ici 2030, soit environ 43 millions et 9 millions d'emplois à plein temps. Sur le Vieux continent, les risques sont moins prononcés avec des pertes de productivité estimées à 0,1% environ. "Cela étant, en Europe et en Amérique du Nord, les pertes sanitaires, sociales et économiques pourraient être considérables durant des vagues de chaleur d'une intensité inhabituelle" indique l'OIT.

L'agriculture et le bâtiment en première ligne

Les effets du changement climatique devraient avoir des répercussions disparates selon le type d'emploi et les secteurs. Selon le document de l'OIT, les travailleurs dans le bâtiment et l'agriculture devraient être les plus touchés. En 1995, l'agriculture représentait à elle seule 83% du total des heures de travail perdues en 1995 à cause du stress thermique et devrait représenter 60% du total en 2030. Du côté de la construction, les pertes devraient bondir sur la décennie à venir.

"Alors que la construction ne représentait que 6% du total des heures de travail perdues en raison du stress thermique en 1995, cette part devrait passer à 19% d'ici à 2030", expliquent les auteurs.

Le réchauffement climatique, facteur d'inégalités

Outre la perte de productivité et d'emplois, le réchauffement climatique pourrait exacerber les inégalités. Par exemple, les femmes qui travaillent beaucoup dans l'agriculture de subsistance pourraient voir leurs conditions de travail se détériorer dans certaines zones mondiales fortement exposées aux températures extrêmes.

La hausse du thermomètre pourrait également inciter les populations actives des zones rurales à migrer vers des villes ou des pays offrant de meilleures conditions.

"Si divers facteurs contribuent, au bout du compte, à la décision de migrer (par exemple, les inégalités, le manque de perspectives, les liens sociaux, les conflits et autres questions de sécurité), le stress thermique est un facteur de plus en plus déterminant des migrations internationales", indiquent les experts.

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Commentaires
a écrit le 07/07/2019 à 8:41 :
Par contre, les absurdes politiques climat-énergie, aussi onéreuses qu'inutiles, vont continuer à réduire le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui mécaniquement pénalise les ménages les moins aisés et détruit de l'emploi salarié. Un très brillant résultat, pour des raisons à la fois idéologiques et d'incompétence de nos gouvernants.
a écrit le 07/07/2019 à 8:40 :
Cela serait peut-être vrai s'il y avait un réchauffement climatique dans le monde réel. Or, après un petit réchauffement de +0,7°C en 130 ans, il n'y a quasiment plus de réchauffement global depuis le début des années 2000 (mesures Hadcrut et UAH), la tendance n'étant que de +0,1°C/décennie. Se baser sur les projections de modèles numériques qui ne cessent de se planter procède de l'irrationnel et non de la raison.
a écrit le 05/07/2019 à 19:17 :
Par contre, les absurdes politiques climat-énergie, aussi onéreuses qu'inutiles, vont continuer à réduire le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui mécaniquement pénalise les ménages les moins aisés et détruit de l'emploi salarié. Un très brillant résultat, pour des raisons à la fois idéologiques et d'incompétence de nos gouvernants.
a écrit le 05/07/2019 à 19:13 :
Cela serait peut-être vrai s'il y avait un réchauffement climatique dans le monde réel. Or, après un petit réchauffement de +0,7°C en 130 ans, il n'y a quasiment plus de réchauffement global depuis le début des années 2000 (mesures Hadcrut et UAH), la tendance n'étant que de +0,1°C/décennie. Se baser sur les projections de modèles numériques qui ne cessent de se planter procède de l'irrationnel et non de la raison.
a écrit le 05/07/2019 à 8:13 :
Chaque appareil électrique devrait avoir sa propre source d'énergie "solaire"! Sinon revenez au manuel, vous ne serez pas plus malheureux!
a écrit le 04/07/2019 à 19:12 :
Le titre de l’article est faux. Si il y a une baisse de la productivité il y aura donc un gain équivalent en nombre d’emplois. Donc il faudra 80 millions de mecs en plus pour faire le boulot que les autres n’auront pas le temps et le courage de faire. Donc tous les commentaires sont biaisés
a écrit le 04/07/2019 à 17:47 :
Ces perspectives négatives seront sans nul doute largement compensées par les profits croissants de l'exploitation des pétroles de schiste, donc pas d'inquiétude à avoir.
a écrit le 04/07/2019 à 14:53 :
pour rappel :
- la France est parmi les pays développés émettant le moins de gaz à effet de serre par habitant, avec Suisse/Suède (World Resources Institute ; Eurostat) ;
- l'Hexagone fait partie des pays ayant le plus faible déficit de tarification du carbone (OCDE, 09/2018) ;
- le pays est 2e sur 180 de l'Environmental Performance Index (Yale) ;
- investissement important dans train/TGV/Tramway. les tarifs des transports publics sont raisonnables/très raisonnables (The Guardian, 06/01/2017 ; GoEuro Urban Transit Price Index) ;
- parmi les grands constructeurs auto, les voitures françaises ont les plus faibles émissions de CO2 avec Toyota (Agence Européenne pour l'Environnement, 04/04/2019). ventes de véhicules électriques/hybrides dynamiques (AVERE France ; Eurostat, 07/05/2019) ;
- la France construit 400 000 logements par an (taux de construction le plus élevé en Europe, d'après Deloitte Property Index). cela renouvelle le parc, en plus de l'incitation/aide à la rénovation des autres habitations ;
- la forêt progresse de 0,7% par an et couvre 31% du territoire métropolitain (Inventaire Forestier IGN 2018). le taux d'absorption du CO2 est bon (Eurostat, 21/03/2019) : supérieur à la moyenne UE et à ceux des autres grands pays européens.
etc...
a écrit le 04/07/2019 à 14:00 :
Comme ces emplois sont d'aujourd'hui et qu'ils vont être remplacés par des robots quel est le problème ?
A ne pas regarder les problèmes dans leur globalité, on arrive à faire de la fausse information.
Il s'agit donc de prioriser la robotisation pour que le déreglément climatique (et non réchauffement) n'ai pas d'influence sur ces tâches...
Par contre pas encore d'alerte sur la consommation électrique des climatiseurs quand toute la planète sera équipée (oui tous les pays seront développés dans peu de temps)
a écrit le 04/07/2019 à 13:44 :
Le GIEC a dit, donc il faut croire le GIEC. Chaque fois qu'un évènement non pas climatique mais météorologique se produit, c'est une conséquence du réchauffement climatique. C'est un peu court comme affirmation.
De formation plutôt scientifique, on m'a toujours dit qu'un théorème, ou plus généralement une théorie, devait s'appliquer dans tous les cas et que si un seul cas la contre-disait, elle n'était pas vraie.
Le GIEC nous dit que le réchauffement climatique est entièrement dû à l'effet de serre du CO² rejeté dans l'atmosphère par les activités humaines.
J'en déduis que si le CO² augmente en quantité et donc en cooncentration, la température de la planète augmente. Jusque-là, tout va bien.
J'en déduid également qu'il s'agit d'une relation bijective entre la température de la planète et la concentration en CO², donc que la température n'est fonction que de la concentration en CO²
Là, les choses se compliquent car la Terre a connu (mesures à l'appui) des concentration en CO² environ 10 fois supérieures à l'actuelle alors que nous étions dans des ères réputées glaciaires. Il faudrait nous l'expliquer, Monsieur GIEC...
Réponse de le 04/07/2019 à 17:14 :
@cliquet "de formation plutôt scientifique", vous avez raison d'employer "plutôt" dans votre phrase, car vu ce que vous écrivez ensuite vous n'avez pas retenu grand chose des méthodes qu'on a tenté de vous enseigner. 1. Le GIEC parle d'hypothèses et non de théories. 2.Le GIEC a écrit que le CO² rejeté par nos activités est UN DES FACTEURS du changement climatique et pas le seul (allez donc chercher la liste des GES). 3. Vos déductions concernant le lien entre accroissement de concentration de CO² et changement de température sont foireuses. Si vous aviez assisté à vos TP de chimie, vous sauriez qu'il y a des seuils de déclenchement des réactions et que passé un niveau de concentration et un certain temps, le système retrouve une "stabilité" différente de l'état initial. 4. La température n'est pas fonction de la concentration en CO², si tel était le cas, les températures terrestres seraient beaucoup moins variées sur le globe et on ne paierait pas des millions d'euros en météorologie. 5. Il y a 20.000 ans (dernier maximum glaciaire), la concentration de CO² était de 200 ppm à peu près, elle est aujourd'hui à 410 ppm environ. La dernière fois que la terre a eu une concentration de 4000 ppm c'était environ il y a 360 millions d'années ... Donc avant de demander au GIEC de vous expliquer des choses, prenez le temps de lire leurs rapports, d'essayer de les comprendre, d'aller vous renseigner ailleurs qu'au bistrot et surtout de ne pas faire vos "déductions" entre 2 verres.
Réponse de le 04/07/2019 à 18:13 :
Cliquet c'est un anonyme derrière son PC qui donne son avis sur un sujet.
Le GIEC ce sont des centaines de scientifiques, dont c'est le métier à plein temps de travailler sur ce sujet. Ils font un rapport complet et épais, alors au lieu de perdre votre temps à des commentaires abscons, lisez le rapport du GIEC.
a écrit le 04/07/2019 à 10:49 :
c'est bon pour le secteur de la piscine privée. une activité qui marche bien en France. 50 000 bassins enterrés vendus en 2018. parc de 2,5 millions de piscines (dont 1,3 enterrées). 1er marché européen et 2e mondial. et ça recrute (voir le blog Propiscines). Bloomberg vient de faire un article sur les ventes aux USA : 75 000 piscines enterrées en 2017 (alors que la population est près de 5 fois plus importante que celle de la France).
a écrit le 04/07/2019 à 9:54 :
Toujours ce meme catastrophisme! la baisse de la productivité augmente plutot les emplois puisque la hausse de la productivité diminue les emplois. Enfin c'est ce que l'on apprend à l'école. le monde change et la peur du changement permet ce genre d'article. L'emigration est due à la poussée démographique avant tout. Pourquoi ne pas dire que le canada et la sibérie vont etre cultivables avec des rendements plus élevés. Derriere chaque risque il y a des opportunités. Demandez aux marins de la marine à voile au 19 eme siècle qui se battaient contre les vapeurs. Alors, diminuons nos impacts climatiques (cela fera du bien) et profitons des changements
Réponse de le 04/07/2019 à 12:24 :
plus de personnel certes mais moins de productivite -> gateau plus petit a partager avec plus de monde -> bagarre en perspective pour savoir qui devra reduire sa part du gateau
Réponse de le 04/07/2019 à 18:18 :
La société est un tout petit plus évolué qu'une parcelle de terre cultivable. Il faut des routes, des réseaux d'eau, électrique, de télécom, des bâtiments publics etc… Même si la Sibérie est habitable demain, n'empèche que de la à transférer des populations par millions, il y a un pas.
Cette émigration massive des zones touchées par le réchauffement vers des zones habitables va entrainer des tensions que l'on peut appeler guerre généralisée "nord sud". Voila la menace, l'opportunité c'est pour les constructeurs de mur et d'armements.
a écrit le 04/07/2019 à 9:53 :
Et quand il y aura des trombes d'eau réduisant en boue ces même sols, ils vont nous dire quoi ces fonctionnaires ? De prendre des timbales pour écoper ?
a écrit le 04/07/2019 à 9:48 :
A croire que le public raffole des mauvaises nouvelles toutes choses égales par ailleurs. Mais justement le réchauffement climatique est un incroyable facteur de changement auquel l'humanité doit collectivement s'adapter sauf à disparaître ou migrer sur une autre planète. Qui regrette aujourd'hui les dinosaures? L'intelligence collective est le fruit de l'intelligence privée et libre, non de la bureaucratie collectiviste.
a écrit le 04/07/2019 à 9:46 :
hypocrisie totale de nos politiciens .. le tout camion ! au détriment du rail
a écrit le 04/07/2019 à 8:11 :
Si les politiciens d’où partent les migrants étaient moins corrompus les problèmes se règleraient plus facilement dans le respect des citoyens du pays permettant de trouver des solutions.

Mais la brutalité, bêtise et dégénérescence des oligarchies mondiales fait que nous nous retrouvons avec de moins en moine de solution obligés de quitter nos pays anéantis par la cupidité des mégas riches et de leurs politiciens.

Cela commence avec nos jeunes en France qui commencent à partir, cela devrait attirer l'attention des autorités sur la situation alarmante de la corruption en UE mais non ils veulent garder les vieux qui votent pour eux et laisser les jeunes français partir pour faire venir de jeunes esclaves roumains, moldaves polonais et-c...

Le réchauffement climatique n'est qu'un problème de plus que nos dirigeants sont incapables de réglés déchirés entre leur cupidité et stupidité.

"Le réchauffement climatique, facteur d'inégalités"

Vu que l'inégalité est la règle en oligarchie chaque désastre ne va que pouvoir les amplifier puisque les classes dirigeantes ne pensent plus qu'à elles. Qui a été principalement la victime des attentats ? Pas la classe dirigeante hein...
a écrit le 04/07/2019 à 8:02 :
"Le réchauffement climatique menace des millions d'emplois" : Et oui, mais il fallait y penser plus tôt ... Avant de faire des millions d'enfants en trop.
Réponse de le 04/07/2019 à 17:25 :
nous sommes tous.... des enfants de trop à ce moment la.....
a écrit le 04/07/2019 à 7:05 :
Ou comment justifier la globalisation dans l'agriculture... Hypocrite, d'autant plus que ce sont ces multinationales qui mènent la danse dans l'écologie.
Réponse de le 04/07/2019 à 17:30 :
on tire la sonnette d alarme mais on ne finance absolument pas un modèle alternatif de développement......

croissance à tout prix..... villes énormes.... transports à tout va..... commerce mondial.....etc.....

si l afrique revenait vers des cultures vivrières.... si on refusait l ultra industrialisation de l agriculture....si on avait eu deux sous d intelligence en terme d aménagement du territoire......

on refuse de parler d une certaine frugalité...... à venir... c 'est un tort

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