Le Royaume-Uni échappe de justesse à la récession

L’économie britannique a stagné au troisième trimestre, ralentissant après une croissance de 0,2% au trimestre précédent, mais éloignant le risque de récession.
Le ministre des Finances britannique, Jeremy Hunt, a pour sa part estimé vendredi en réaction aux chiffres du PIB que « l'inflation élevée reste le principal frein à la croissance économique ».
Le ministre des Finances britannique, Jeremy Hunt, a pour sa part estimé vendredi en réaction aux chiffres du PIB que « l'inflation élevée reste le principal frein à la croissance économique ». (Crédits : Reuters)

La récession est au centre de l'attention. Et Londres échappe encore à cette baisse du Produit intérieur brut sur au moins deux trimestres consécutifs. L'économie britannique a fait du surplace au troisième trimestre, ce qui est mieux qu'attendu par les économistes, qui avaient en moyenne projeté un recul de 0,2% du PIB entre juillet et septembre, a indiqué l'Office national des statistiques (ONS) ce vendredi.

Pour le mois de septembre seul, le PIB britannique a même augmenté de 0,2%, grâce à une hausse de la production de films, et de l'activité dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

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Questionnements autour de la politique monétaire

Tous ne voient pas dans ce chiffre une bonne nouvelle. Le centre de réflexion spécialisé dans la lutte contre la pauvreté Resolution Foundation a décrié une « nation de stagnation » et a estimé que « les chiffres du PIB dévoilent les difficultés qui se présentent pour le budget » du gouvernement, qui sera présenté le 22 novembre.

Si l'économie a « crû de manière inattendue en septembre de 0,2%, évitant la récession de justesse (...), la contraction du secteur crucial des services et les signes de faiblesse de la demande intérieure montrent clairement que les taux d'intérêt élevés freinent l'économie », poursuit la Resolution Foundation dans un communiqué.

Malgré le ralentissement de l'activité, les tensions sur l'énergie et les salaires poussent encore l'inflation à 6,7% sur un an en septembre, soit le taux le plus élevé du G7. « Nous ne nous attendons pas à ce stade à ce que la Banque d'Angleterre », qui a fait grimper ses taux d'intérêt à 5,25% pour contrer la flambée des prix, « soit en mesure de baisser ses taux jusqu'à fin 2024 au lieu de mi-2024 anticipé auparavant », ajoute Paul Dales, de la maison de recherche Capital Economics.

Pour le moment, la Banque centrale britannique a marqué une pause en novembre à l'instar de ses homologues européennes et américaines. Le ministre des Finances Jeremy Hunt a pour sa part estimé vendredi, en réaction aux chiffres du PIB, que « l'inflation élevée reste le principal frein à la croissance économique ».

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La croissance mondiale devrait se maintenir en 2023 et 2024 selon le FMI

Selon la dernière estimation du Fonds monétaire international (FMI) publiée le 10 octobre, le produit intérieur brut britannique augmentera d'environ 0,6 % en 2024. Ce qui est inférieur à la prévision précédente de 1 % et plus faible que la croissance de 0,9 % et 1,3 % attendue pour l'Allemagne et la France respectivement.

Au niveau mondial, l'institution s'attend toujours à une croissance de 3% pour 2023 et de 2,9% en 2024, soit en légère baisse (-0,1 point de pourcentage) par rapport à son estimation précédente, en juillet. Le Fonds anticipe ainsi une inflation plus élevée que ce qu'il prévoyait il y a trois mois, tant pour cette année (6,9% au niveau mondial), que l'année prochaine (5,8%, soit 0,6 point de plus que prévu en juillet). « L'inflation est en baisse mais cela se fait moins vite et l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie, ndlr) est persistante. Les projections anticipent de plus en plus un atterrissage qui ne se fera pas en douceur », a détaillé Pierre-Olivier Gourinchas. L'occasion pour le FMI de rappeler l'importance, selon lui, de ne pas relâcher trop tôt les politiques restrictives menées par les banques centrales.

Parmi les économies avancées, l'Allemagne montre les signes les plus inquiétants. Elle connaîtra en 2023 une récession plus forte que prévu il y a quelques mois, estime le FMI. Dans ses prévisions mondiales trimestrielles, l'institution table désormais sur une contraction de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne, contre un recul de 0,3% prévu lors de son estimation précédente en juillet.

(Avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 11/11/2023 à 10:21
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@Idx. Que voulez-vous, tout est devenu distordu et manipulé ces dernières petites années, même les rêves, au point que nos chers organismes n'ont même plus réussi à distinguer l’inflation du renchérissement des prix à la consommation ("IPC") car, en ...

à écrit le 11/11/2023 à 9:38
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Alors que l'Allemagne y est, comme quoi leur volonté acharné de profiter à fond de l'UE commence à avoir de moins en moins de bénéfices économiques en ces temps de démondialisation.

à écrit le 10/11/2023 à 12:53
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"Resolution Foundation a décrié une nation de stagnation". Évidemment, lorsqu'une économie "affiche 0.1 ou 0.2% de croissance", on parle de croissance atone (stagnation) et si vous y rajouter un taux (pourcent) qui requalifie l'nflation en "galopante...

le 10/11/2023 à 19:03
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Si maintenant vous en rajoutez avec "galopante " !! laissez nous rêver , croire au Père Noël qui nous apportera dans sa hotte croissance, baisse des taux , de l'inflation et du chômage !!! C'est ça la vérité vraie de ceux qui nous gouverne ..ou pas ...

à écrit le 10/11/2023 à 11:44
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Surtout ne rien dire de positif sur le Royaume-Uni pour ne pas contrarier ceux qui sont restés dans la coalition européenne ! ;-)

le 10/11/2023 à 12:10
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@Bah - Il.n'y a rien à dire de positif sur le RU depuis le Brexit dont désormais plus de la moitié des sujets de Sa Majesté regrettent la sortie de l'UE.

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