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Le ton monte entre l'UE et la Chine à la veille de l'ouverture d'un sommet entre les deux puissances

latribune.fr

Publié le 06 décembre 2023 à 11:59 - Mis à jour le 06 décembre 2023 à 11:59

Le cargo "cosco shipping gemini" au terminal a conteneurs "tollerort" dans le port de hambourg, en allemagne

Le cargo "cosco shipping gemini" au terminal a conteneurs "tollerort" dans le port de hambourg, en allemagne

FABIAN BIMMER

Le Quotidien Numérique

07 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La Commission européenne veut enrayer le déséquilibre des échanges entre l'Union européenne et la Chine. Sa présidente, Ursula von der Leyen, compte sur un sommet à Pékin cette fin de semaine pour convaincre les responsables chinois de mettre en place des mesures en ce sens. La Chine a répondu qu'elle attendait du dialogue et des efforts mutuels.

Les discussions n'ont pas encore débuté que les menaces sont déjà de sortie. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est attendue ce jeudi à Pékin, avec le président du Conseil européen Charles Michel, pour un sommet entre l'UE et la Chine. Il s'agira du premier sommet en personne entre les dirigeants de Bruxelles et le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang depuis 2019 et celui-ci se déroulera sous une certaine tension autour du commerce. Ce sommet UE-Chine est un « sommet des choix », a déclaré Ursula von der Leyen, et « plusieurs choix positifs peuvent être décidés pour améliorer la situation ».

Au centre des discussions : le déficit commercial de l'Union européenne avec la Chine qui a doublé en deux ans pour atteindre le chiffre record de 390 milliards d'euros en 2022. Les exportations chinoises vers l'UE sont trois fois plus importantes que celles de l'UE vers la Chine, a ainsi rappelé la présidente de la Commission européenne ce mardi 5 décembre. « En d'autres termes, quand vous avez trois containers venant de Chine vers l'Europe, deux d'entre eux repartent à vide » vers la Chine, a précisé Ursula von der Leyen dans un entretien à Bruxelles avec l'AFP au nom de la European Newsroom, qui regroupe des agences de presse européennes.

Des échanges houleux... avant même le début des discussions

Un « déséquilibre visible » que Bruxelles veut résorber à tout prix.

« Les dirigeants européens ne toléreront pas dans la durée un déséquilibre dans les échanges commerciaux. Nous avons des outils pour protéger notre marché »,a poursuivi la dirigeante, tout en disant sa préférence pour« des solutions négociées ».

D'autant que derrière la menace, Bruxelles estime qu'un rééquilibrage de ces échanges est aussi dans l'intérêt de la Chine, ajoutant que Pékin devait maintenant « soigneusement examiner » les options qui sont sur la table.

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L'Union européenne regrette que le dialogue commercial avec la Chine n'ait « pas progressé » en quatre ans

De son côté, la Chine a en tout cas prévenu ce mercredi qu'elle attend de la discussion et des efforts mutuels. « Gérer correctement les divergences par le dialogue et les consultations est important pour le développement des relations entre la Chine et l'UE », a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous espérons que la partie européenne travaillera avec la Chine pour se rencontrer à mi-chemin, créer une atmosphère positive pour la réussite de la réunion des dirigeants Chine-UE, et faire des efforts conjoints pour le développement sain et stable des relations Chine-UE », a-t-il ajouté.

La première puissance asiatique n'est d'ailleurs pas prête à tout accepter.

« Si l'UE impose de strictes restrictions à l'exportation de produits de haute technologie vers la Chine d'une part, et espère augmenter de manière significative ses exportations vers la Chine d'autre part, je crains que cela n'ait pas de sens », a répondu Wang Wenbin.

Le protectionnisme chinois au cœur des discussions

Du fait du ralentissement de la croissance chinoise, plusieurs experts s'interrogent sur la marge de manœuvre des Européens pour obtenir un rééquilibrage significatif des échanges entre les deux géants commerciaux. Ce ralentissement de l'activité en Chine a eu des conséquences pour l'économie globale, a reconnu Ursula von der Leyen, car des acteurs importants ont fermé leur marché.

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Reste que pour Bruxelles, la situation n'est plus tolérable. Dans le détail, la responsable a pointé le problème des « surcapacités » de production en Chine et le fait que les entreprises européennes ne peuvent accéder librement au marché chinois en raison d'un « traitement préférentiel » accordé aux entreprises chinoises. À cela s'ajoute le sujet des subventions. « Nous examinerons aussi les subventions déguisées, directes ou indirectes, en faveur des entreprises chinoises », a assuré Ursula von der Leyen. Elle a évidemment évoqué à ce propos les voitures électriques produites en Chine, qui font l'objet d'une enquête de la Commission européenne depuis mi-septembre sur des subventions jugées illégales. « Nous sommes au beau milieu de cette enquête, donc cela prendra encore du temps », a-t-elle indiqué, sans plus de détail.

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Enquête sur les subventions automobiles chinoises : Bruxelles apporte de premières preuves

Les deux représentants européens comptent aussi aborder le sujet de l'Ukraine et la question du contournement des sanctions occidentales. Des entreprises chinoises sont en effet accusées d'aider la Russie à obtenir des produits et technologies utiles à son effort de guerre.

« Nous allons discuter de ces sujets, avec des faits et des chiffres, et sur la manière de rééquilibrer le commerce entre l'UE et la Chine »,a indiqué la présidente de la Commission, dont ce sera le deuxième déplacement en Chine cette année.

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Le cas des eurodéputés sanctionnés sera aussi abordé

Ursula von der Leyen a aussi l'intention d'évoquer avec ses interlocuteurs chinois le cas des parlementaires européens sanctionnés par Pékin. Les eurodéputés français Raphaël Glucksmann et allemand Reinhard Bütikofer, président de la délégation pour les relations avec la Chine du Parlement européen, ont fait l'objet de sanctions de la part de Pékin en 2021, pour avoir dénoncé la répression chinoise contre la minorité musulmane des Ouïghours, dans l'ouest de la Chine. « J'ai toujours considéré ces sanctions comme injustifiées », a-t-elle affirmé.

(Avec AFP)

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