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ÉconomieUnion européenne

Commerce mondial : de plus en plus de multinationales européennes relocalisent vers « des pays amis »

latribune.fr

Publié le 06 novembre 2023 à 15:55 - Mis à jour le 06 novembre 2023 à 15:55

Autre enseignement de l'étude de la BCE : 49% des répondants souhaitent rapprocher la production des biens des marchés où ils sont consommés.

Autre enseignement de l'étude de la BCE : 49% des répondants souhaitent rapprocher la production des biens des marchés où ils sont consommés.

DADO RUVIC

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Un rapport de la Banque centrale européenne montre que plus de 40% des multinationales en Europe prévoient à moyen terme de relocaliser leurs approvisionnements vers des pays dit « amis ». L'objectif est de réduire leur dépendance envers la Chine. Certains experts parlent de démondialisation pour décrire ce phénomène.

Un nouveau pas vers la « démondialisation » ? Cette nouvelle étude de la Banque centrale européenne (BCE) montre en tous cas des nouveaux signaux en ce sens. En effet, plus de 40% des multinationales présentes en Europe prévoient à moyen terme de relocaliser leurs approvisionnements vers des pays amis, pour réduire leur dépendance à la Chine.

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La relocalisation d'un réseau de production en ciblant des pays alliés, désignée par le terme « friendshoring », « devrait devenir beaucoup plus courante », note la BCE. Pour preuve, 42% d'un panel de 65 grandes entreprises sondées en juillet-août envisagent de mettre en place une telle stratégie, contre seulement 11% affirmant l'avoir déjà appliquée au cours des cinq années passées. Autre enseignement de l'étude : 49% des répondants souhaitent rapprocher la production des biens des marchés où ils sont consommés, selon la pratique de « nearshoring » qui prend le pas sur la mondialisation avec, pour effet, un renchérissement attendu des coûts de fabrication.

Devenir moins dépendants de la Chine

Interrogées sur les pays qui pourraient poser un risque pour les chaînes d'approvisionnement dans leur secteur, deux tiers des entreprises ont cité la Chine, loin devant les États-Unis, Taiwan, l'Inde, la Turquie et la Russie, qui recueillent 10% des réponses.

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière la dépendance des pays industrialisés avec la Chine sur divers produits considérés comme essentiels, poussant ces derniers, en particulier les États-Unis et l'Union européenne, à chercher à ramener la production sur leur territoire.

Plus de la moitié des entreprises sondées par la BCE ont ainsi déclaré s'approvisionner en matériaux critiques auprès d'un ou plusieurs pays spécifiques et « une grande majorité d'entre eux ont identifié la Chine » comme l'un de ces pays, perçu comme présentant « un risque élevé », selon le document de la BCE.

Pas non plus de relocalisations massives vers l'UE

En avril, les pays du G7 se sont prononcés en faveur d'une approche favorisant le « friendshoring », sans viser nommément la Chine comme rival systémique. Mais il n'est pas certain que l'UE soit la gagnante de ce phénomène montant.

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Davantage d'entreprises songent à déplacer leur production en dehors du Vieux Continent, par rapport à celles cherchant à la faire entrer, selon l'enquête de la BCE. Ce qui aurait en fin de compte un impact sur l'emploi considéré comme « significatif ». Cela correspond au fait que les entreprises citent le coût - et l'accès - de la main-d'œuvre, notamment qualifiée, comme un facteur décisif d'implantation dans ou hors de l'UE.

L'OMC s'empare du sujet

La Banque centrale européenne (BCE) n'est pas la seule institution à se pencher sur ce phénomène, qui s'est accentué suite à la 

désorganisation des chaînes de production au moment de la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid. 

Dans son rapport annuel paru en septembre dernier, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a identifié un phénomène de « slowbalisation ». Ce dernier se définit par un ralentissement de la mondialisation, qui pourrait, selon celle-ci, se diriger vers une phase de démondialisation.

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«Nous sommes encore loin de la démondialisation, mais nous commençons à voir les premières fissures dans le système», a expliqué le chef économiste de l'OMC, Ralph Ossa, lors d'un entretien à l'AFP.

Il souligne aussi que cette fragmentation commerciale tend à suivre les divisions géopolitiques, en particulier depuis l'invasion russe en Ukraine. Victor Stolzenburg, un autre économiste de l'organisation, abonde dans ce sens : « Nous sommes vraiment à la croisée des chemins. Et soit, nous essayons de réintégrer le chemin de la mondialisation, soit nous allons continuer sur cette voie de la fragmentation. » Face à ce constat, le rapport de l'OMC plaide en faveur d'une « remondialisation », dans un contexte où « les premiers signes de la fragmentation commerciale menacent de freiner la croissance et le développement ».

Découplage sino-américain

Une autre source d'inquiétude, selon le chef économiste de l'OMC, est l'apparition des « premiers signes de découplage » dans les relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Et pour cause, si le commerce entre ces deux puissances a atteint un niveau record en 2022, sa composition a subi les effets de la guerre douanière sino-américaine, qui a entraîné un net ralentissement des échanges dans certaines catégories de produits, tels que les semi-conducteurs.

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Selon l'OMC, le volume du commerce mondial de marchandises ne devrait augmenter que de 0,8% cette année - alors que l'organisation tablait en avril sur une progression de 1,7% - accompagnée d'une croissance du PIB réel (corrigé de l'inflation) de 2,6%.

(Avec AFP)

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