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Les grands argentiers du G20 peinent à s'accorder sur la restructuration de la dette des pays à faible revenu

latribune.fr

Publié le 18 juillet 2023 à 09:40 - Mis à jour le 18 juillet 2023 à 09:41

Ajay Banga, président de la Banque mondiale, s'est alarmé du danger de fracture de l'économie mondiale, en l'absence de progrès dans la lutte contre la pauvreté.

Ajay Banga, président de la Banque mondiale, s'est alarmé du danger de fracture de l'économie mondiale, en l'absence de progrès dans la lutte contre la pauvreté.

EDUARDO MUNOZ

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Les grands argentiers du G20 se sont attaqués mardi, en Inde, à la réforme fiscale et aux bailleurs multilatéraux, sans grand progrès sur la restructuration de la dette, tandis que la Banque mondiale s'est alarmée des fractures croissantes entre pays riches et pays pauvres.

Mis à jour à 11h30

Selon l'ONU, les récentes crises, du Covid à l'envolée du coût de la vie, ont entraîné 165 millions de personnes dans la pauvreté depuis 2020. Plusieurs économies restent en effet en difficulté après le double choc de la pandémie et des conséquences de la guerre de la Russie en Ukraine qui affecte les cours mondiaux des carburants et des matières premières. De surcroît, le changement climatique aggrave de surcroît la situation des pays les plus pauvres et les moins à même de surmonter la situation.

Lire aussiLa crise sanitaire et l'inflation ont fait tomber 165 millions de personnes dans la pauvreté (ONU)

Face à ce constat, la ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, qui préside et accueille la réunion des grands argentiers du G20, à Gandhinagar, dans l'Etat indien du Gujarat, a ouvert les débats lundi en rappelant aux dirigeants financiers que leur incombait « la responsabilité d'orienter l'économie mondiale vers une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive ».

La Chine opposée à un accord multilatéral commun sur la question de la restructuration de la dette

Les accords de restructuration de la dette pour les pays à faible revenu ont ainsi été l'une des priorités du groupe des vingt grandes économies, mais les discussions ont peu progressé, selon des responsables. La Chine, deuxième économie mondiale et principal bailleur de fonds de plusieurs pays d'Asie et d'Afrique en difficulté et à faible revenu, s'est jusqu'à présent opposée à un accord multilatéral commun sur la question.

Plus de la moitié des pays à faible revenu sont proches du surendettement ou en situation de surendettement, soit deux fois plus qu'en 2015, a déclaré la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen. La responsable, en marge des discussions du G20 dimanche, a souligné que l'accord avec la Zambie pour la restructuration de sa dette avait été « trop long à négocier » et ajouté espérer que le traitement de celle du Ghana et du Sri Lanka pourrait être finalisé rapidement : « nous devrions appliquer à d'autres cas les principes communs que nous avons adoptés dans celui de la Zambie, plutôt que de repartir à zéro à chaque fois ».

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Le danger d'une fracture de l'économie

Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, s'est quant à lui alarmé mardi du danger de fracture de l'économie mondiale, en l'absence de progrès dans la lutte contre la pauvreté.

« Ce qui me tient éveillé la nuit, c'est la méfiance qui, en silence, divise le Nord et le Sud de la planète à un moment où nous avons besoin de nous unir », a déclaré le président de la Banque mondiale aux ministres, pendant leurs discussions sur les structures financières internationales.

La Banque mondiale s'efforce d'accroître sa capacité de prêt, notamment en levant des capitaux hybrides auprès des actionnaires, mais elle a déclaré que l'économie future ne pouvait pas reposer sur une expansion au détriment de l'environnement. « La vérité est simple : nous ne pouvons pas endurer une autre période de croissance à forte intensité d'émissions » de CO2, a martelé Ajay Banga, Américain d'origine indienne qui a pris ses fonctions à la Banque le mois dernier, nommé par le président américain Joe Biden. « La frustration des pays du Sud est compréhensible. A bien des égards, ils paient le prix de notre prospérité », a-t-il ajouté.

« Alors qu'ils devraient être en pleine ascension, ils craignent que les ressources promises soient détournées au profit de la reconstruction de l'Ukraine », a-t-il poursuivi. Dimanche, le ministre japonais des Finances, Shunichi Suzuki, a « reconfirmé le soutien inébranlable du G7 » à l'Ukraine, ajoutant que Moscou devra également « payer les coûts de reconstruction à long terme ».

Ce mardi, les échanges ont notamment évoqué le refus russe d'étendre l'accord autorisant les exportations de céréales ukrainiennes par la mer Noire. Les Nations unies, qui s'en sont indignées, ont prévenu que ce sont des millions de personnes parmi les plus pauvres du monde qui en « paieraient le prix ».

« Nous vivons des temps compliqués. Je dois faire allusion au fait que la Russie s'est retirée hier (lundi) de l'initiative de la mer Noire et de l'Ukraine - et nous sommes ici pour discuter de la manière d'aider les pays vulnérables »,a déclaré à l'AFP le président de la Banque centrale allemande, Joachim Nagel.

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Les discussions du G20 ont également porté sur la réforme des banques multilatérales de développement, sur la réglementation des crypto-monnaies et la facilitation de l'accès au financement pour atténuer l'impact du changement climatique et s'y adapter. La semaine dernière, 138 pays se sont mis d'accord sur une première étape visant à répartir plus équitablement les recettes fiscales provenant des multinationales

(Avec AFP)

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