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ÉconomieInternational

Les nouvelles stratégies des grandes écoles françaises à l'international

Alexandre Gadaud

Publié le 28 juin 2017 à 15:09 - Mis à jour le 28 juin 2017 à 15:09

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Les étudiants étrangers sont de plus en plus attirés par nos grandes écoles. Gros plan sur leurs nouvelles stratégies dans le marché exponentiel de la formation de l'élite mondiale.

Le "soft power" français est en marche. Les plus prestigieuses écoles françaises -business school et écoles d'ingénieurs-  s'ouvrent à l'international et, en quelques années, un véritable changement s'est opéré dans leurs stratégies. Des ingénieurs chinois diplômés de Centrale, des managers turcs, indiens, argentins, diplômés dans leur pays par de grandes écoles françaises : la formation mondialisée des élites transforme petit à petit le paysage de nos écoles d'excellence.

Changement de cap

Pendant très longtemps, les grandes écoles françaises sont restées fermées à l'international, ne formant quasi exclusivement que des étudiants français. Quelques pionnières, comme HEC, l'ESCP, ou Sciences Po, ont depuis le début des années 2000 entamé le processus de séduction des étudiants étrangers. Aujourd'hui, d'après les auteurs du rapport sur l'internationalisation de l'enseignement supérieur, sur les campus de Jouy-en-Josas (HEC) ou de la rue Saint-Guillaume (Sciences Po), près d'un étudiant sur deux vient de l'étranger. Toutefois, si la mondialisation de l'enseignement supérieur tient un rôle majeur dans ce résultat surprenant, trois différents types de stratégies ont été adoptées par chacune de ces écoles pour y parvenir. Il y a celles qui préfèrent attirer les étudiants sur leurs prestigieux campus français -comme HEC ou Sciences Po-, tandis que d'autres choisissent d'implanter leur réseau de campus dans quelques pays ciblés - comme Skema ou l'Essec. Enfin, d'autres encore décident de développer leurs installations dans les pays ciblés en favorisant  les partenaires académiques locaux et reconnus, ce qui a l'avantage de faciliter les aspects logistiques.

La métamorphose ne s'est pas faite en un jour, et le processus fut long pour arriver à ce résultat. Il a fallu revoir les procédures d'admission, et traduire tous les cours dans la langue de Shakespeare. Dès 2005, l'Edhec convertissait ses programmes Master en "full English", rapidement suivie par ses concurrentes.

Des spécificités françaises attractives

Pourtant, le format français n'était pas forcément le plus adapté au reste du monde. Dans des pays où le concept de grande école est totalement inconnu, où l'intense sélection à l'issue de classe préparatoire et le bachotage des matières fondamentales paraît surréaliste, le modèle français était comme une énigme indéchiffrable. Comment avoir un diplôme Master sans passer par un diplôme Bachelor ?

Sauf que les extravagantes spécificités françaises attirent. Par exemple, sur les six campus de Skema (Etats-Unis, Brésil, Chine, France ...), on compte plus d'une centaine de nationalités différentes. Bien entendu, toutes ces écoles ont dû répondre aux exigences de l'international : décrocher les grandes accréditations (AACSB, Equis, Amba), mais surtout grappiller des places dans les classements mondiaux les plus prestigieux, comme le très célèbre classement annuel du Financial Times. Résultat, sur les 35 meilleures écoles classées, 11 sont françaises dont 7 parmi les dix premières;  et sur les 50 meilleurs Masters en management, plus d'un tiers (17)  sont français ! L'intimité avec les entreprises et la multiplication des stages sont autant de facteurs bonus pour leur attractivité. Sans oublier les prix bien moins élevés de ces formations comparés à ceux des universités américaines ou anglaises...

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Un marché prometteur multipolaire

Les écoles d'excellence françaises ont dû rattraper leur retard. Les pays anglo-saxons -Etats-Unis, Grande-Bretagne ou Australie - ont depuis longtemps parfaitement assimilé la nécessité de se tourner vers l'international. Toujours selon le rapport sur l'internationalisation de l'enseignement supérieur, entre 2000 et 2012, le nombre d'étudiants a quadruplé en Chine, et triplé en Inde. Les effectifs du supérieur devraient atteindre presque 400 millions d'étudiants d'ici 2030, et, sur les dix années à venir, on comptera chaque année dans le monde sept millions d'étudiants supplémentaire.

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Aussi, de grandes écoles comme l'Essec ou l'EM Lyon ont l'ambition de devenir des institutions présentes sur tous les continents. Après l'Asie Pacifique et Shangaï, elles s''intéressent désormais à l'Afrique, respectivement à Rabat et Casablanca. En constituant des plateformes d'enseignement supérieur locales, les écoles souhaitent attirer les étudiants locaux afin de les orienter sur d'autres campus susceptibles de les intéresser. Comme une porte d'entrée sur l'excellence française.

Alexandre Gadaud

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