G20 : le prisme des attentats jette une lumière trouble sur la question des réfugiés

Sarah Belhadi, à Antalya

Sarah Belhadi, à Antalya
Au G20, les attentats de Paris ont très largement occulté la question des réfugiés. Dans un premier temps. Car, elle s'est finalement imposée dans les discours. Mais sous un aspect bien différent de celui auquel on pouvait s'attendre. C'est d'abord Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, qui, dimanche matin, exhorte à ne pas faire d'amalgame entre réfugiés et terroristes, défendant au passage la politique européenne en la matière."Il est important de ne pas confondre ceux qui ont perpétré ces attaques avec ceux qui fuient ces mêmes attaques dans leur propre pays", argue Juncker. Cette clarification intervient quelques heures après l'annonce qu'un des terroristes de l'attaque parisienne aurait récemment été localisé sur l'île de Lesbos, en Grèce.
Lundi après-midi, c'est le président américain Barack Obama qui clarifie à son tour la situation devant la presse internationale.
Un peu plus tôt dans la journée, c'est Receep Teyyip Erdogan, le président turc, rappelle "qu'il faut que la lutte contre le terrorisme soit une action conjointe et trouver également une solution pour les réfugiés" mais exhorte "à ne pas mélanger les deux problèmes". L'hôte du G20 a d'ailleurs tenu à signifier - au passage - que son pays accueille 2,5 millions de réfugiés sur son territoire, mais qu'il ne peut désormais plus "faire au problème tout seul", invitant la communauté internationale à "partager son poids". Dans leur traditionnel communiqué final publié lundi après-midi, les dirigeants du G20 ont consacré un long paragraphe à la question.
Ils appellent ainsi tous les Etats à apporter leur contribution "à la crise des réfugiés, et s'associer à leur réinstallation, à l'aide humanitaire afin qu'ils puissent notamment avoir accès à l'éducation, et à des moyens de subsistance pour avoir une vie décente". Dans le même temps, le G20 reconnaît également l'importance de "créer les conditions" pour que les réfugiés puissent retourner dans leur pays d'origine.
L'OXFAM, confédération d'ONG, qui avait appelé les grandes puissances à prendre conscience du problème, s'est exprimé dans un communiqué hier après-midi , pour exprimer sa satisfaction, mais rappeler l'urgence de la situation.
Conscients que les Etats ne pourront résoudre la question seule, les chefs d'Etat et de gouvernement ont invité le secteur privé et la société civile à apporter leur soutien. Le communiqué évoque également sur la nécessité d'identifier les racines de ces déplacements de population. Sans toutefois en dire davantage sur les options pour stopper cette vague migratoire sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.
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Car derrière les déclarations communes pour aider les réfugiés, c'est surtout la question d'une réponse militaire adéquate qui se pose pour mettre un terme à l'EI, qui contraint nombreux réfugiés à fuir en Europe, comme l'ont rappelé plusieurs dirigeants à Antalya.
Mais pour l'instant, le problème ne trouve pas d'issue. Pendant sa conférence de presse, plusieurs journalistes n'ont pas hésité à mettre Barack Obama, le dos au mur sur son absence de stratégie en Syrie pour combattre l'EI. "Pourquoi ne parvient-t-on pas à dégager ces salauds ?", insiste Jim Acosta, le correspondant à la Maison Blanche de CNN. A cela le président répond que sa stratégie pour contrer Daesh ne changera pas. "Mais quelle est-elle ?", insistent les journalistes.
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"Des progrès ont été faits : on tue des commandants, des chefs de I'état islamique (...) ils perdent des territoires à la fois en Syrie et en Irak", détaille Obama. "C'est une campagne de longue haleine et nous l'avons toujours su", admet toutefois le président des Etats-Unis.
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Sarah Belhadi, à Antalya