Les réfugiés, oubliés du G20 ?

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Dimanche, Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, a exhorté les puissances mondiales à trouver une solution à cette crise sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.
Dimanche, Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, a exhorté les puissances mondiales à trouver une solution à cette crise "sans précédent depuis la seconde guerre mondiale". (Crédits : POOL)
Ce dimanche soir, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 se réunissent pour un dîner de travail consacré au terrorisme et à la crise des réfugiés. Mais en raison du contexte, le deuxième dossier pourrait être relayé au second plan. Le secrétaire général de l'ONU a pourtant exhorté le G20 à engager un plan d'action.

Les visages affichent un sourire pour la photo de famille, mais de façade seulement. Le rendez-vous économique annuel des leaders de la planète -les pays du G20 représentent 85% de l'économie mondiale- a pris des allures de sommet d'urgence "le terrorisme s'est hissé au premier plan des questions abordées par le G20", a rappelé le président turc Erdogan. En ces circonstances, il serait presque mal venu de parler de croissance, ou de régulation fiscale. Cet après-midi, une minute de silence a été observée en hommage aux victimes des attentats.

Ce dimanche soir, les dirigeants de la planète doivent se concerter dans leur QG de l'hôtel Regnum- sur la rédaction d'un communiqué consacré à la question du terrorisme. Dans le même temps, le G20 s'était déjà engagé il y a plusieurs semaines à apporter une réponse à la crise des réfugiés. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, a exhorté les puissances mondiales à trouver une solution à cette crise "sans précédent depuis la seconde guerre mondiale", rendant  hommage au passage à la Turquie, la Jordanie et le Liban qui accueille plus de 4 millions de réfugiés. "Aider les gens dans le besoin ne doit pas être seulement un jeu où il y a des gagnants et des perdants (...). j'invite les leaders à répondre à cette crise par l'adoption d'un "plan Marshall" dédié aux réfugiés", a plaidé ce matin le secrétaire général devant quelques journalistes de la presse internationale.

En ces circonstances, il a également exhorté les pays du G20 à mettre de côté leurs désaccords (une pique directement adressée à la Russie et aux Etats-Unis dont les positions diffèrent sur la résolution de la crise syrienne), à combattre le terrorisme, et faire preuve de solidarité. "C'est un moment et une opportunité rare de mettre fin à la violence et chercher une solution".

Education et accès au marché du travail, clés de l'intégration des réfugiés

Mais, au-delà des déclarations officielles qui feront la une des titres des journaux, syndicats et ONG rappellent la réalité du terrain. Kani Beko, à la tête du Disk (Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie) a participé au Labour 20, un groupe de travail parallèle au G20 des chefs d'Etat. Il plaide pour un plan d'action globale :

"En Turquie, nous avons 25 camps de réfugiés supportés financièrement par le gouvernement (NDLR : plus de 6 milliards de dollars ont été alloués aux réfugiés, par Ankara, depuis le début de la guerre en Syrie en mars 2011), les autres qui accueillent des Yezidi et des Kurdes sont subventionnés par les municipalités" déplore le syndicaliste.

Il rappelle également que les méthodes court-termistes, comme la distribution de nourriture et de vêtements ne sont pas une solution. "Ce n'est pas une réponse politique en faveur de leur intégration. Il faut leur offrir des clés : l'accès à l'éducation pour les plus jeunes, et un accès au marché du travail pour les autres". Une façon de rappeler à la Turquie, qui préside cette année le G20, son engagement de promouvoir une économie plus inclusive.

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Commentaires
a écrit le 16/11/2015 à 13:41 :
Les réfugiés, oubliés du G20 et conséquence de nos actes!
a écrit le 16/11/2015 à 11:38 :
D'autant plus qu'il n'y a pas de réfugiés aux us, alors parlez d'un non-sujet...

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