Comment le G20 veut combattre le terrorisme

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Les attentats de vendredi à Paris ont modifié l'agenda des pays du G20 qui se sont engagés à mener une action déterminée dans la lutte contre le terrorisme.
Les attentats de vendredi à Paris ont modifié l'agenda des pays du G20 qui se sont engagés à mener une action déterminée dans la lutte contre le terrorisme. (Crédits : Reuters)
Les chefs d'Etat et de gouvernement vont publier ce lundi 16 novembre un communiqué du G20 consacré à la question du terrorisme. Si le texte n'a pas encore été révélé, la Tribune -qui a pu consulter le texte- en détaille les grandes lignes.

Antalya n'aurait pu être qu'une formalité. Un rendez-vous très protocolaire où des chefs d'Etat et de gouvernement se contentent d'apposer leur signature à un texte rédigé à l'avance par une équipe de sherpas. Mais les événements de vendredi à Paris n'ont pas seulement modifié l'agenda. Ce sommet des puissances mondiales créé en 2008 - et consacré aux questions économiques- a pris une dimension tout à fait particulière. Tout le week-end, les visages des grands de ce monde ont montré une expression grave, mais déterminée. Le terrorisme était dans tous les esprits. Dans tous les discours. Sur tous les écrans de télévision des salles de presse.

Si le G20 va publier un communiqué consacré notamment à la croissance, au climat, et à la lutte contre l'évasion fiscale, c'est une déclaration de 9 paragraphes pour combattre le terrorisme qui marquera 2015. Les termes ont été choisis minutieusement. Les chefs d'Etat parlent d'"un affront fait à l'humanité" après les actes de vendredi à Paris, et ceux d'Ankara le 10 octobre. Voici ce qu'il faut retenir de leur déclaration :

Coopération internationale

Les puissances mondiales se sont engagées à lutter contre le terrorisme en considérant que l'augmentation des différents réseaux à travers le monde est une entrave à la paix, à la sécurité internationale et qu'elle met en danger les efforts des pays du G20 pour assurer une croissance durable. Les puissances doivent travailler ensemble, en accord avec la Charte des Nations unies et de l'application des conventions internationales pour réprimer les actes de terrorisme.

"Nos actions contre le terrorisme doivent continuer d'être intégrées dans une approche globale, fondée sur la nécessité de répondre aux conditions favorables au terrorisme, comme stipulé dans la Résolution 2178 du Conseil de sécurité des Nations unies, de contrer l'extrémisme violent, de combattre la radicalisation et le recrutement, d'entraver les mouvements terroristes, de contrer la propagande terroriste", peut-on lire dans le communiqué.

Dans leur communiqué, le G20 se dit préoccupé "par le flux de combattants terroristes étrangers et de la menace qu'ils représente pour tous les États, y compris les pays d'origine, de transit et de destination". Concrètement, ils souhaitent un partage des informations aux frontières afin d'identifier des voyages potentiellement suspects. Et affichent aussi leur volonté de renforcer la sécurité aérienne, faisant indirectement référence à l'attaque terroriste en Egypte. Toutefois, il faut noter qu'aucune mention de l'état islamique n'est faite dans ce texte.

Une surveillance affinée des sources de financement du terrorisme

L'autre point clé de cette déclaration porte sur les sources de revenus des terroristes. Un paragraphe sur le sujet devait déjà figurer dans le communiqué officiel. En septembre, les ministres des Finances du G20, réunis à Ankara, affichaient déjà leur volonté de lutter contre le financement du terrorisme. A Antalya, les chefs d'Etat plaident pour une "coopération renforcée sur l'échange d'informations et le gel des avoirs des terroristes".

Comme l'a indiqué hier soir le ministre des Finances Michel Sapin, le G20 demande au GAFI -le groupe d'action financière intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme- d'élaborer de nouvelles règles permettant l'échange d'informations concernant les activités de financement. "Il est important de resserrer les mailles du filet" afin de détecter les mouvements financiers -y compris des montants plus modestes- qui ont vocation à alimenter des actes terroristes, a rappelé dimanche soir le ministre des Finances à Antalya.

Mieux intégrer pour prévenir le terrorisme

Les pays du G20 notent également la nécessité "d'empêcher les terroristes d'exploiter la technologie, les moyens de communication et le ressources afin d'inciter à des actes terroristes, y compris à travers internet". Sans détailler les actions possibles, le G20 s'engage à agir contre "l'encouragement direct ou indirect du terrorisme, l'incitation aux actes terroristes et l'apologie de la violence".Il faut également noter que le texte ne cite pas nommément l'état islamique, qui a revendiqué les attentats à Paris.

S'ils affichent leur fermeté pour éradiquer le terrorisme, les grandes puissances ont reconnu la nécessité de "soutenir la sphère civile". Les individus -en particulier les jeunes- doivent être mieux intégrés, détenir les clés pour réussir, afin d'éviter que les plus vulnérables tombent dans les filets du fondamentalisme.

Aussi, les chefs d'Etat ont tenu à envoyer un message fort, en rappelant que l'utilisation frauduleuse de la religion doit être combattu. "Nous rappelons que aucune religion, nationalité, civilisation, ethnie ne doivent être assimilées au terrorisme". Hier, le chef de la diplomatie française avait déjà fait référence à cette tactique des terroristes pour diviser la population, en engendrant des amalgames.

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Commentaires
a écrit le 17/11/2015 à 4:20 :
Chez Erdogan? Avec Fabius qui nous disait il y a peu que Daesch faisait du bon travail?

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