Les villes fantômes, une réalité chinoise

La Chine est parsemée de villes sans vie, construites frénétiquement pour accueillir un exode rural inachevé. Des espaces vides qui coûtent cher, et qui détournent l'argent public des entreprises innovantes...

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La ville de Kangbashi, à Ordos, en Mongolie-Intérieure, est devenue le symbole des villes fantômes chinoises. Construite entre 2005 et 2010, avec une capacité d'accueil d'un million de personnes, ses stades, avenues et gratte-ciel restent désespérément vides.
La ville de Kangbashi, à Ordos, en Mongolie-Intérieure, est devenue le symbole des villes fantômes chinoises. Construite entre 2005 et 2010, avec une capacité d'accueil d'un million de personnes, ses stades, avenues et gratte-ciel restent désespérément vides. (Crédits : Reuters)

La ville de Kangbashi, à Ordos, en Mongolie-Intérieure, est devenue le symbole des villes fantômes chinoises. Construite entre 2005 et 2010, avec une capacité d'accueil d'un million de personnes, ses stades, avenues et gratte-ciel restent désespérément vides.

La Chine est ainsi parsemée de villes sans vie. Quelques-unes se rempliront, exode rural oblige ; une partie d'entre elles mettront des décennies à se peupler et d'autres resteront à jamais un musée, vitrine de la surcapacité et de la mauvaise allocation des ressources.


Frénésie de construction

Un article publié par l'agence de presse officielle Xinhua, en octobre, a mis en lumière l'ampleur du phénomène. Chaque capitale provinciale construit actuellement de quatre à cinq nouveaux quartiers. Cela amènera la Chine à loger 3,4 milliards d'habitants, soit presque trois fois plus que la population chinoise actuelle. Une étude de MIT estime qu'il y a 50 villes vides en Chine.

Comment une telle frénésie est-elle possible ? D'une part construire permet aux gouvernements locaux de générer du PIB. Tous se disent qu'avec le temps, les espaces vides se rempliront forcément. Avoir construit un « nouveau quartier » est indispensable sur la carte de visite du gouverneur d'une ville, en compétition avec son voisin pour attirer les ruraux. Le problème, c'est qu'en attendant, ces espaces vides coûtent de l'argent aux banques, qui se voient obligées de reconduire des prêts stériles plutôt que d'investir dans des PME innovantes.

Finir l'exode rural

D'autre part, la vente de terrains est la seule source de revenus des gouvernements locaux qui ne reçoivent pas l'impôt local. Pour l'instant, la réforme fiscale en cours n'a pas permis de changer ce système pervers de financement, qui fait que les villes s'étendent de manière inefficace, créant ainsi toute une suite de problèmes : embouteillages, expropriation de fermiers, pollution...

Et la politique d'urbanisation lancée par l'actuel Premier ministre n'a fait qu'accentuer le phénomène. Finir l'exode rural commencé il y a trente ans est sa priorité. Ainsi espère-t-il amener encore 500 millions de ruraux dans les villes d'ici à 2025.

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Commentaires 3
à écrit le 19/12/2015 à 14:00
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Tout cet argent aurait été bien mieux dépensé en équipant chaque toit d'entreprise , chaque parking de grande surface en panneaux solaire.En investissant encore plus massivement dans les éoliennes et les centrales nucléaires pour sortir au maximum du...

à écrit le 14/12/2015 à 15:14
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Encore un exemple de croissance artificielle, ou l'on a pas appris des erreur des pays industrialisés. Pour nourrir toutes les bouches la Chine aura également besoin des ruraux et d'investir massivement dans la modernisation et la protection de l'env...

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