En Chine, la pollution inquiète plus que le réchauffement climatique

Dans un pays où les scandales liés à la dégradation de l'environnement sont de plus en plus fréquents, l'enjeu du réchauffement climatique semble passer à la trappe.
La pollution à Shangai.
La pollution à Shangai. (Crédits : Reuters)

Alors que les chefs d'Etat du monde entier viennent de délivrer un accord d'envergure pour lutter contre le réchauffement climatique, le dernier sondage du Pew Research Center fait froid dans le dos. On y apprend que seuls 18% des Chinois considèrent ce problème « très sérieux ». A titre de comparaison, les citoyens européens s'estimant inquiets de l'augmentation des gaz à effet de serre représentent 54% de la population totale. Ils sont même respectivement 74% et 61% en Amérique latine et en Afrique. Comment expliquer une telle indifférence en Chine, au moment même où les niveaux de pollution de l'air atteignent des sommets dans le nord du pays ?

Réagissant face à ces statistiques, plusieurs personnes ont assuré se sentir « très concernées » par le changement climatique. Mais en discutant un peu plus, on s'aperçoit que c'est souvent le problème de la pollution atmosphérique qui préoccupe, sans que le lien soit toujours clairement établi entre émissions de gaz à effet de serre, dégradation de la qualité de l'air et réchauffement climatique.

Priorité à la croissance

« Même si les problèmes environnementaux attirent une attention croissante, certains Chinois donnent encore la priorité au développement économique », observe David. L'étudiant se souvient de la remarque d'une internaute pour qui la fermeture des usines de charbon représente une solution « complètement irraisonnée » au changement climatique, pour les conséquences qu'une telle mesure aurait sur l'emploi.

Mais un retraité ayant lui-même travaillé dans les mines de charbon du Shandong, au Sud de Pékin, ne semble pas s'insurger de la proposition. Il paraît même fier que les usines à proximité de la capitale aient été fermées. Et pourtant, pour lui, la cause du réchauffement climatique semble toute autre :  les émissions de dioxyde de carbone augmentent simplement « parce qu'il y a trop de monde sur terre ! ».

Communication insuffisante ?

L'indifférence au changement climatique en Chine serait-elle alors un problème de communication ? Tuhe, étudiante, ne veut pas y croire. « Aujourd'hui, il y a suffisamment de preuves scientifiques pour ne plus douter de la responsabilité de l'homme dans l'augmentation des gaz à effet de serre ». En revanche, elle souhaiterait une information plus transparente et régulière de la part du gouvernement sur les enjeux environnementaux.

Si l'étudiante fait partie des 71% de Chinois qui approuvent la participation de leur pays à un accord international limitant les émissions de gaz à effet de serre, elle reste sceptique face aux promesses des chefs d'Etat dans le cadre de la COP21. « Soit les mesures proposées sont abandonnées, soit elles sont impossibles à tenir. Je veux des actions concrètes ! », s'exclame-t-elle, qui doute, comme beaucoup, de la mise en place des promesses prises lors de la Conférence des Nations unies.

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Commentaires 2
à écrit le 14/12/2015 à 16:53
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c'est tout compte fait la position des climato septiques qui sont tant vilipendés! Evidemment les centrales à charbon émettent du CO² mais surtout elles polluent. ce qu'il faut combattre en priorité c'est cette pollution qui a des effets concrets i...

à écrit le 14/12/2015 à 15:08
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La polution de l'air en Chine est liée à l'utilisation des ressources fossiles dont le charbon en premier lieu pour la production d'électricité. Ce charbon est le plus gros emetteur avec le pétrole de CO2 qui contribue au rechauffement climatique. Le...

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