Magdebourg : ce que l’on sait de l’attaque sur le marché de Noël
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Axel Schmidt
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Un pays entier sous le choc. Vendredi soir vers 19 heures (18 heures GMT), une voiture BMW a foncé sur la foule d'un marché de Noël dans la ville de Magdebourg, dans le nord-est de l'Allemagne, faisant au moins cinq morts et plus de 200 blessés. Venu se recueillir sur les lieux avec plusieurs ministres, le chancelier Olaf Scholz a lancé un appel à la cohésion nationale.
L'auteur présumé, Taleb Jawad H. Al Abdulmohsen - un médecin saoudien de 50 ans arrivé en 2006 en Allemagne - , a été arrêté peu après le carnage à côté de la voiture-bélier. Celui-ci « a agi seul », a fait savoir le procureur de la ville, Horst Walter Nopense, qui « exclut une ou plusieurs complicités » Si ses motivations restent floues, l'homme aurait été « mécontent » du traitement des réfugiés d'Arabie saoudite dans le pays, ont indiqué samedi les autorités locales.
Loin de se montrer proche de la mouvance jihadiste, il s'était au contraire fait connaître depuis des années par ses prises de positions fréquentes sur les réseaux sociaux contre l'islam. Il disait se sentir persécuté en dénonçant les « dangers » d'une islamisation de l'Allemagne dont Berlin serait co-responsable. Et avait sympathisé avec des positions de l'extrême-droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ou encore d'Elon Musk.
Par ailleurs, l'intéressé avait dénoncé en août sur son compte X (ex-Twitter) « les crimes commis par l'Allemagne contre les réfugiés saoudiens et l'obstruction de la justice, peu importe la quantité de preuves que nous leur présentons ».
Dans l'après-midi, le procureur local a précisé que le suspect devrait être placé en détention provisoire à l'issue des interrogatoires. Le chef d'accusation serait à ce stade cinq meurtres et 205 tentatives de meurtre, a-t-il ajouté.
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Dans ce contexte, le chancelier allemand a déclaré qu'il fallait « précisément comprendre l'auteur, ses agissements et ses motivations et ensuite en tirer les conséquences sur le plan judiciaire ». L'homme politique a, en outre, promis « d'agir contre ceux qui veulent semer la haine ». Il a appelé les Allemands à se « serrer les coudes » après un « acte terrible », « fou » et une « catastrophe » pour le pays tout entier, alors que l'Afd s'est déjà saisie de l'attaque pour dénoncer l'accueil des étrangers et réfugiés dans le pays.
Dans la journée, le bilan s'est aggravé, passant de 2 à 5 morts et à plus de 200 blessés, a par ailleurs indiqué le chef du gouvernement régional, Reiner Haseloff. Mais il n'est que très provisoire car, selon Olaf Scholz, 40 personnes ont subi des blessures d'une gravité telle « qu'on peut être inquiet » à leur sujet.
Vêtu de noir, Olaf Scholz a déposé samedi des fleurs sur le parvis de l'église, face au lieu du drame. De nombreux anonymes l'ont précédé, déposant bouquets et bougies, pour témoigner de l'effroi qui a figé le pays à quelques jours de Noël et en pleine campagne électorale.
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L'attaque est survenue huit ans presque jour pour jour après un acte similaire commis sur un marché de Noël de Berlin. Mais en l'état, donc, les autorités semblent exclure un acte islamiste tel que celui commis à Berlin en 2016.
(avec agences)
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