Allemagne : 2025 devrait finalement être une année sans croissance
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Finalement, l'Allemagne ne connaîtra pas de rebond de son économie l'an prochain. Alors que le PIB doit reculer de 0,2% cette année, la Banque fédérale d'Allemagne a fortement abaissé vendredi ses prévisions de croissance pour les années 2025 et 2026. L'institution prévoit une hausse de 0,2% du Produit intérieur brut l'an prochain, contre 1,1% dans ses dernières estimations en juin. Pour 2026, elle table sur une croissance de 0,8%, contre 1,4% précédemment.
Et la banque centrale allemande n'est pas la seule à voir 2025 d'un mauvais oeil. Pour l'institut DIW, l'économie allemande va croître de 0,2% en 2025, une prévision sabrée de 0,6 point par rapport à septembre, quand l'institut munichois Ifo table sur une croissance comprise entre 0,4% et 1,1% l'an prochain, après un pronostic de 0,9% en septembre.
Au coeur de cette dégradation des perspectives : les droits de douane évoqués par Donald Trump sur les importations européennes. Joachim Nagel a d'ailleurs souligné que ses prévisions restent incertaines, notamment en raison de la « possible montée du protectionnisme mondial ».
Par ailleurs, « l'économie allemande est confrontée à des faiblesses massives qui ne lui permettent plus guère de se développer », estime Stefan Kooths, directeur de l'institut Kiel. Le secteur manufacturier, pilier de l'économie allemande, souffre depuis un an d'une crise multiforme, entre coûts élevés de l'énergie, faible demande et concurrence chinoise. Une situation aggravée, selon le DIW, par « l'absence d'un gouvernement capable d'agir », depuis l'éclatement de la coalition d'Olaf Scholz en novembre et jusqu'à la formation d'un nouvel exécutif après les élections de février.
L'Ifo a, quant à elle, deux scénarios. Dans le « scénario le plus optimiste », les entreprises allemandes profitent d'incitations fiscales du futur gouvernement, produisent davantage et les consommateurs dépensent plus en retour. Mais dans le scénario pessimiste, les exportations allemandes continuent de faiblir et la désindustrialisation devient « rampante ».
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L'Allemagne n'est cependant pas la seule à souffrir. En zone euro, « les services de la BCE s'attendent désormais à une reprise économique plus lente que prévu dans les projections de septembre », a expliqué la Banque centrale européenne jeudi. Ainsi, les services de la BCE prévoient une croissance de 0,7% en 2024, de 1,1% en 2025, de 1,4% en 2026 et de 1,3% en 2027. A titre de comparaison, les Etats-Unis anticipent une croissance de plus de 2% l'année prochaine.
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Quant à la France, début décembre, l'OCDE a dégradé ses prévisions de croissance pour l'économie tricolore en 2025. Elle est désormais attendue à 0,9%, contre 1,2% auparavant. Cette révision s'explique en raison « du moindre acquis de croissance et des contraintes limitant la dépense publique », explique l'organisation dans ses dernières perspectives dévoilées ce mercredi 4 décembre. L'exécutif, quant à lui, tablait toujours sur une croissance à 1,1% dans le projet de loi de fin de gestion (PLFG) adopté en Commission mixte paritaire mardi 3 décembre.
(Avec AFP)
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