Malgré le conflit Israël-Hamas, le G7 affiche un soutien à l'Ukraine qui « ne s'essoufflera jamais »

Les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis à Tokyo, ont assuré mercredi que le groupe allait rester « uni » dans son « soutien ferme » à l'Ukraine face à l'invasion russe, « même dans la situation internationale actuelle », une référence au conflit Israël-Hamas.
Réunis à Tokyo, les membres du G7 ont ainsi affirmé leur volonté de continuer d'imposer ensemble des « sanctions sévères » à Moscou.
Réunis à Tokyo, les membres du G7 ont ainsi affirmé leur volonté de continuer d'imposer ensemble des « sanctions sévères » à Moscou. (Crédits : Reuters)

Le G7 (Etats-Unis, Japon, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Canada) n'oublie pas l'Ukraine. Si la guerre entre le Hamas et Israël semble reléguer au second plan le conflit russo-ukrainien, le groupement a assuré Kiev de son soutien et son unité.

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Réunis à Tokyo, les membres du G7 ont ainsi affirmé leur volonté de continuer d'imposer ensemble des « sanctions sévères » à Moscou, d'accélérer les efforts de reconstruction de l'Ukraine sur « les moyen et long termes » et « d''œuvrer à un processus de paix » avec d'autres partenaires internationaux, selon un communiqué du ministère japonais des Affaires étrangères.

La probabilité d'une longue guerre d'attrition augmente

De quoi rassurer Kiev qui redoute de plus en plus une lassitude de ses soutiens, alors que sa contre-offensive lancée en juin n'a donné que des résultats très limités jusqu'à présent et que la probabilité d'une longue guerre d'attrition augmente. Si les forces ukrainiennes célébraient il y a un an la libération de la ville méridionale de Kherson. Les quelque mille kilomètres du front n'ont guère bougé depuis, malgré une grande contre-offensive ukrainienne et de multiples attaques russes.

Il est ainsi important pour le G7 de dire clairement à la communauté internationale que son engagement à soutenir l'Ukraine « ne s'essoufflera jamais », même si un nouveau conflit au Proche-Orient a éclaté, selon des propos de la ministre japonaise des Affaires étrangères Yoko Kamikawa rapportés dans le communiqué.

La Corée du Nord dans le viseur

Les chefs de la diplomatie des principales démocraties de la planète ont aussi « condamné fermement » les transferts d'armes nord-coréennes vers la Russie, rappelant qu'ils étaient « en directe violation » des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ont en outre condamné les tirs répétés de missiles balistiques par la Corée du Nord, selon l'hôte japonais. La rencontre mi-septembre du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et du président russe Vladimir Poutine, en plein rapprochement, avait attisé les craintes occidentales que Pyongyang puisse fournir à Moscou des armes pour ses opérations militaires en Ukraine. Washington, Tokyo et Séoul avaient déjà condamné le mois dernier de telles livraisons, la Corée du Sud estimant la semaine dernière que plus d'un million d'obus d'artillerie avaient déjà été fournis par Pyongyang à son allié russe.

Le G7 appelle à des pauses humanitaires à Gaza

Sur l'autre front, à Gaza, les membres du G7 cherchent à trouver un consensus pour appeler à des pauses humanitaires à Gaza. Selon une source diplomatique interrogée mercredi par l'AFP, il y a eu des « échanges constructifs » sur le sujet mardi, au premier jour de la réunion. « Une grande unité » semble également se dégager sur la nécessité d'augmenter « urgemment » l'aide humanitaire pour la bande de Gaza, a ajouté cette source.

Lors d'un dîner mardi avec ses homologues, la ministre japonaise des Affaires étrangères a estimé que le G7 devait « appeler tous les pays concernés à effectuer des pauses humanitaires et à garantir l'accès de l'aide humanitaire » à Gaza, selon un précédent communiqué de son ministère. De son côté, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a déclaré mardi que le G7 devait parler « d'une seule voix claire » sur le conflit. Il a aussi eu une rencontre bilatérale mardi soir à Tokyo avec son homologue française Catherine Colonna. La France a réclamé jusqu'à présent une « trêve humanitaire » à Gaza.

Mais, en dépit des appels de l'ONU et de nombreuses ONG, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu tout cessez-le-feu général à Gaza tant que les quelque 240 otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre n'auront pas été libérés. Le chef du gouvernement israélien a aussi déclaré que son pays aurait la « responsabilité globale de la sécurité » de la bande de Gaza pour une durée indéterminée une fois que la guerre avec le Hamas aura pris fin. En réponse, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils s'opposeraient à une nouvelle occupation à long terme de Gaza par Israël.

La Commission européenne rend son avis sur l'adhésion de l'Ukraine à l'UE

La Commission européenne rend ce mercredi son avis sur l'ouverture ou non de négociations en vue d'une adhésion de l'Ukraine à l'UE, que Kiev, espère obtenir au plus vite. En juin 2022, l'UE a accordé à l'Ukraine le statut de candidat, dans un geste hautement symbolique quelques mois après le début de la guerre, ainsi qu'à la Moldavie voisine. Pour passer à l'étape suivante, donc à l'ouverture de négociations d'adhésion, la Commission a défini sept critères de référence pour Kiev. Il s'agit de conditions à remplir notamment en matière de lutte contre la corruption généralisée et de réformes judiciaires. Les 27 devront approuver ou non cette décision lors d'un sommet en décembre.

L'Ukraine semble bien partie pour obtenir ce feu vert qui ne reste néanmoins qu'une première étape. S'ils y sont favorables, l'Ukraine rejoindra alors une liste d'autres pays européens entrés en négociations avec l'UE, dont certains, comme la Turquie, patientent depuis de longues années. Les négociations entre l'UE et Ankara ont formellement été ouvertes en 2005.

 (Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 08/11/2023 à 10:02
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Les républicains US reviendront au pouvoir et le financement sans fin de l’Ukraine va se tarir. En Europe les opinions vont finir par se lasser. Tout porte à croire qu’un arrangement négocié sera adopté entre les factions en guerre.

à écrit le 08/11/2023 à 8:44
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Qu'est-ce que les photographies parlent, ils nous font croire qu'ils prennent des décisions importante à chaque instant alors que vulgaires marionnettes des marchés financiers et en plus au sein de leur rang, une nouveauté photographiée, on voit une ...

à écrit le 08/11/2023 à 7:52
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La Russie va gagner la guerre en Ukraine, il ne peut en être autrement

le 08/11/2023 à 8:50
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@Charlie La France en 57 a gagné la guerre en Algérie. Résultat?

le 08/11/2023 à 13:30
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@valbel89 "Résultat ?" Je vous ai compris.

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