Manifestation massive à Madrid pour "la dignité" de l'emploi

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Une première marche pour la dignité avait eu lieu à Madrid le 22 mars 2017.
Une première marche pour la dignité avait eu lieu à Madrid le 22 mars 2017. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Malgré le retour de la croissance depuis 2014, beaucoup d'Espagnols peinent à retrouver des conditions de vie décentes. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à être descendus dans la rue pour protester contre l'austérité.

Deux mois après la première marche, des dizaines de milliers d'Espagnols ont participé samedi à une "marche de la dignité" à Madrid pour rejeter la politique du gouvernement conservateur et dénoncer "conditions de travail misérables" et "salaires infimes". Le nombre de manifestants a été évalué à 6.000 par la préfecture et 200.000 par les organisateurs de la marche. L'une des cibles était la réforme du Code du travail adoptée en 2012 par le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a contribué au reflux du chômage au prix d'une grande précarisation.

C'est une manifestation "pour démontrer que l'Espagne idyllique qu'ils nous vendent n'est pas celle que nous connaissons". "Ce gouvernement nous broie", avait déclaré un organisateur, Victor Jiménez, dans une vidéo diffusée avant la marche, à laquelle appelaient des dizaines de syndicats et organisations de gauche. Derrière la banderole "pain, travail, toit et égalité", plusieurs colonnes de manifestants - venus de tout le pays - ont convergé pour remonter la principale avenue madrilène, Gran Via.

Après sept années de crise économique, l'Espagne avait retrouvé en 2014 la croissance. Son taux de chômage, qui avait frôlé les 27% début 2013, avait ensuite nettement reflué. Il s'est établi à 18,7% au premier trimestre 2017. Mais "l'emploi actuellement créé, c'est un emploi précaire, avec des conditions de travail misérables et des salaires infimes", avait dénoncé avant la marche une organisatrice, Silvia Salamanca, ajoutant:

"Le droit du travail, ils nous l'ont réduit au droit à travailler aux conditions que nous impose le patronat".

La réforme de 2012 a notamment réduit drastiquement les indemnités de licenciement et autorisé les licenciements collectifs sans motif économique.

Le "parti le plus corrompu d'Espagne" appelé à partir par les manifestants

Maria Luisa Rodriguez, aide à domicile de 44 ans, employée par une société privée pour la ville de Léon (nord), se plaignait de gagner moins de 800 euros, à temps partiel subi: "Nous sommes à disposition du matin au soir, mais ils me paient seulement 27,5 heures, car c'est sans compter les temps morts ni les trajets", a dit à l'AFP cette manifestante. Le salaire minimum - augmenté de 8% en début d'année - est de 825 euros mensuels (sur 12 mois) en Espagne.

De nombreuses pancartes appelaient au départ du Parti populaire (PP) au pouvoir depuis 2011, fustigé comme "le parti le plus corrompu d'Espagne". Au même moment, M. Rajoy revendiquait, lors d'un meeting du PP sur l'île Majorque, "la création de 1,5 million de postes de travail depuis trois ans".

"Il faut maintenir les politiques économiques et les réformes menées à bien parce qu'elles ont fonctionné", a dit M. Rajoy, gouvernant actuellement sans majorité parlementaire.

Lire aussi : Espagne : croissance de 3,2 % en 2016

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/05/2017 à 6:45 :
? massive ? la manifestation ...? Vous dites vous meme entre 6.000 et 200.000 personnes , la fourchette est ...très large , et d'autre part , savez vous qu'il y a à Madrid
plus de 3 millions d'habitants , et avec la banlieue 6,5 millions ...?
a écrit le 29/05/2017 à 13:47 :
He bien je propose qu'on suive les doctes conseils de la bande de gauchos ci-dessous dont on note bien qu'ils n'ont jamais mouillé la chemise et on fait ceci : interdiction des licenciements, SMIC espagnol à 1500 € net, 36 mois d'indemnité chomage et on regarde ce qui se passera au bout de 24 mois.
Mais meme là ils n'en tireront aucun lecon et mettrons les probleme sur le dos des méchants-méchants-patrons.
a écrit le 29/05/2017 à 13:29 :
Le parti le plus corrompu d'ESPAGNE c'est peut-être le PP, mais le parti le plus corrompu de l'OCDE nous revient facilement avec LR.
Vous savez, LR, c'est le seul parti d'un pays membre de l'OCDE qui soit en quasi-faillite.
Même le parti communiste est mieux géré !
C'est quand même le parti qui a fraudé (cela s'appelle comme cela), au moins les élections de 2012 en explosant les plafonds autorisés. Et c'est le parti qui a laissé les comptes publics dans un état catastrophique : 5.1 % du PIB en 2011 en FRANCE, contre 0.9 % en ALLEMAGNE, alors qu'en 2001, on avait respectivement 1.6 % et 2.4% (Pour l'ALLEMAGNE)
a écrit le 29/05/2017 à 12:43 :
J'ai rencontré des espagnols venus pour travailler en France pour des travaux agricoles saisonniers.

Ils témoignent. En Espagne, le salaire horaire peut tourner autour de 5 € . Un jour vous travaillez, puis rien pendant 2 ou 3 jours. On vous parle comme à un chien.

Ils s'étonnent: en France, vous accueillez des migrants qui gagnent de l'argent (environ 350 € /mois) sans travailler, sont logés et nourris, vivent dans des conditions décentes ( sanitaires, douches), ont un accès plus ou moins gratuit aux soins.
Nous les travailleurs Européens d'Espagne: on gagne notre argent en travaillant, on loge dans des tentes ou dans les voitures ( on se fait régulièrement en….der par les forces de l'ordre), on n'a pas l'eau (on fait nos besoins dans la nature), on achète notre nourriture.
Réponse de le 29/05/2017 à 14:30 :
Heureusement qu'il existe cet acceuil des migrants en France, sinon ou est ce qu'ils vont dormir face à des gens qui ont tout perdu ? Vous voulez les voir dormir dans les parcs ? Dans les cimetières ? Dans les jardins d'enfants ? Dans des tentes sous les ponts comme à Paris ? Quand à la petite somme qui leur ait alloué, c'est pour qu'ils aient un minimum de dignité et d'éviter de les voir mendier par milliers dans nos rues.
Sinon, la facilité ultime serait de les expulser manu militari mais désolé vous êtes en France et pas en Russie ou en Pologne auquel les migrants sont chassés à coups de gourdins et La France n'est pas non plus un pays du Golfe auquel les migrants/immigrés légales sont réduits à des conditions proches de l'esclavage.
Quand à vouloir travailler, ils sont les premiers à le vouloir et à construire un foyer afin de gagner eux mêmes leur propre subsistance mais pour travailler en France, il faut être régularisé et donc leur demande d'asile doivent être étudié au cas par cas comme dans toute bonne démocratie qui se respecte... Quand aux espagnols qui dorment dans les voitures, et qui font leur besoins dehors, ca fait partie des légendes urbaines, car il existe des dizaines de milliers de travailleurs étrangers en France qui dorment dans des hotels low cost auquel ils se peuvent décemment se loger et se laver sans aller dans la nature. Ou alors, si ils ont radins pour ne pas partager une chambre dans un Formule 1 à 3 pour moins de 36 euros la nuit (donc 12 euros chacun), c'est leur problème...
Réponse de le 30/05/2017 à 6:47 :
vous exagerez un peu ...venez donc voir sur place .
a écrit le 29/05/2017 à 8:29 :
On peut remarquer que nos JT évitent d'en parler .Un peu comme la réforme du travail mise en place par Kriss Peters en Belgique appliquée à la même période que la loi El Khomri , aucune image des manifs,RAS tout va bien.
a écrit le 28/05/2017 à 19:03 :
Quand vous écoutez cette bandes de "pélucres" de BFM bu. on a l'impréssion que l'Espagne et le Portugal sont au plein emploi !!!! Allez faire un tour sur le terrain et vous verrez qu'il en est tout autrement. Bandes de "nazes" !!!!!
a écrit le 28/05/2017 à 18:56 :
Ils se voient OFFRIR du travail et ils VEULENT de l'argent en plus. Un véritable scandale.
a écrit le 28/05/2017 à 18:39 :
Je me demade pourquoi tous ces gens ne décident pas de créer leur propre entreprise, ou ils n´auront plus des "conditions de travail misérables" et "salaires infimes"!
Courage mes braves!
Vendez votre maison et investissez!
Réponse de le 29/05/2017 à 6:13 :
La provoc face à la misère... Votre post est dans l'air du temps et votre quotidien certainement très éloigné du notre ... Profitez bien...
Réponse de le 29/05/2017 à 9:30 :
Outre le fait qu une partie ne doivent pas etre propriétaire (ou alors proprietaire et endette ce qui revient a etre locataire de sa banque), creer son entreprise necessite souvent pas mal d argent (achat du materiel, machines ...) et des competance que tout le monde n a pas : par ex vous pouvez etre un genie dans votre metier mais un pietre commercial -> vente =0

En admettant que tout le monde soit entrepreneur, on va quand meme avoir un sacre probleme: car il faut quand meme des employes pour faire tourner les entreprises (ne serait ce que pour coordonner tous vos sous traitants)
Réponse de le 29/05/2017 à 12:37 :
Merci de votre com' qui fait au minimum sourire. Venant de la part de quelqu'un qui sert... servilement son patron et qui ne veut surtout pas que les indemnités prudhommales soient limitées; venant de quelqu'un qui, comme tous les français, vit aux crochets des Grecs, votre remarque vaut un grand éclat de rire. Et un réel dégoût.
a écrit le 28/05/2017 à 18:37 :
Je me demade pourquoi tous ces gens ne décident pas de créer leur propre entreprise, ou ils n´auront plus des "conditions de travail misérables" et "salaires infimes"!
Courage mes braves!
Vendez votre maison et investissez!
a écrit le 28/05/2017 à 18:04 :
Difficile de contester le fait que l'Union Européenne est en train de casser les salaires et dégrader les conditions de travail.

Si, si c'est dans le traité constitutionnel que nous avons refusé au référendum de 2005, tout va bien.

Les défenseurs/profiteurs de cette europe sont en train de jouer avec le feu mais ils s'en fichent puisque c'est nous qui brulons pas eux.
Réponse de le 28/05/2017 à 18:36 :
@Citoyen blasé
"...puisque c'est nous qui brulons pas eux. "Certes, mais tout à un temps et il arrivera un jour où les gens en auront marre des se faire brûler sur le bûcher du néolibéralisme. Ce n'est qu'un rapport de force, il "suffit" qu'il s'inverse. Il est toujours plus difficile de s'organiser quand on ne détient ni le pouvoir ni l'argent. Ce qui a été possible hier, au temps du CNR, doit pouvoir l'être demain. Il n'y a aucune raison que depuis 20 ans nous avancions à reculons.

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