Mercosur : le Venezuela, suspendu, ne serait pas sanctionné

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Cette décision intervient à l'expiration de l'ultimatum lancé en septembre aux autorités de Caracas pour qu'elles adaptent leur législation à la charte du marché commun sud-américain.
Cette décision intervient à l'expiration de l'ultimatum lancé en septembre aux autorités de Caracas pour qu'elles adaptent leur législation à la charte du marché commun sud-américain. (Crédits : reuters.com)
Les pays du marché commun sud-américain ont décidé de suspendre le Venezuela. Caracas ne participera pas aux prochaines réunions avec ses partenaires, mais n'encourrait pas de sanctions commerciales.

Les quatre pays fondateurs du Mercosur - Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay - ont suspendu le Venezuela du bloc sud-américain pour non respect de la charte du marché commun, a annoncé jeudi soir à l'AFP une source au sein du gouvernement brésilien. Ces pays ont adressé au Venezuela un "courrier" lui notifiant que ses droits au sein du Mercosur étaient "suspendus", a déclaré cette source jointe par téléphone depuis Rio de Janeiro, sous le sceau de l'anonymat.

Cette décision intervient à l'expiration de l'ultimatum lancé en septembre aux autorités de Caracas pour qu'elles adaptent leur législation à la charte du marché commun sud-américain. Le Mercosur n'a pas encore annoncé officiellement sa décision, probablement parce qu'elle n'a "pas encore été" reçue formellement par Caracas.

> Lire aussi : le Mercosur lance un ultimatum au Venezuela

Exclu de la présidence tournante en septembre

Tout comme l'Union européenne, le Mercosur est régi par une présidence tournante, assurée par l'Uruguay jusqu'au 31 juillet. Le Venezuela devait prendre la suite pour six mois, mais les autres pays du bloc ont refusé cette transition. Dès septembre, ils ont décidé d'assumer conjointement la présidence de l'organisation. Ils avait exhorté le président vénézuélien Nicolas Maduro à se conformer, avant décembre, à toutes les règles d'adhésion au Mercosur, comme la libre circulation des marchandises et la "clause démocratique".

La ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez, avait pourtant indiqué mardi dans une lettre à ses homologues que Caracas était prête à adhérer à l'un des accords commerciaux en attente, relatif aux barrières douanières communes et à la libre circulation des biens. "Nous n'en sortons pas et on ne nous en sort pas", avait-elle commenté.

La bascule à droite des pays du Mercosur n'a pas aidé Caracas

Les tensions entre Caracas et ses voisins se sont fortement dégradées au fur et à mesure que le régime se raidissait face à ses opposants. D'autant que plusieurs pays de la région ont récemment basculé à droite. D'abord en Argentine, où Mauricio Macri a remporté les élections fin 2015, puis au Brésil, poids lourd diplomatique de la région, où Michel Temer a remplacé fin août la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée par le sénat.

La suspension du Venezuela n'aura aucune conséquence sur les négociations laborieuses entre le Mercosur et l'Union européenne en vue d'un accord commercial, car Caracas ne faisait pas partie de cet accord et ne participait pas aux négociations.

Le Venezuela n'encourrait pas de sanctions

Cette suspension écarte le Venezuela du champs décisionnel du Mercosur. Caracas est exclu des réunions entre les partenaires, des négociations commerciales et ne peut plus insuffler des mesures ou des orientations au marché commun.

En revanche, sur le plan commercial le Venezuela n'encourrait pas de sanctions, selon des responsables gouvernementaux brésiliens interrogés par Reuters. Dans le cas contraire, une hausse des tarifs douaniers pourrait aggraver la situation du pays qui traverse une période de pénurie. En rejoignant le Mercosur en 2012, la République bolivarienne a fait le choix de substituer progressivement les importations, dont elle est très dépendante, des Etats-Unis par ces nouveaux partenaires sud-américains, et de leur faire profiter en échange de sa manne pétrolière.

> Lire aussi : le Venezuela, un pays de plus en plus pauvre avec un sous-sol si riche

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 02/12/2016 à 13:46 :
Pays saigné à blanc par une dictature sans pitié.
Après une fin de règne violente il mettra de nombreuses années à se relever.

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