Allemagne : cinq choses à savoir sur le programme de Merkel

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A moins de trois mois du scrutin, Horst Seehofer et Angela Merkel possèdent une très confortable avance dans les sondages sur les sociaux-démocrates (SPD), leur actuel partenaire de coalition
A moins de trois mois du scrutin, Horst Seehofer et Angela Merkel possèdent une très confortable avance dans les sondages sur les sociaux-démocrates (SPD), leur actuel partenaire de coalition (Crédits : REUTERS/Axel Schmidt)
En pleine campagne électorale pour les législatives de septembre prochain, Angela Merkel et le chef de file de la CSU bavaroise (Union sociale-chrétienne), Horst Seehofer ont promis de mener l'Allemagne au plein-emploi en 2025 lors de la présentation de leur programme. La chancelière a également prévu des investissements dans les infrastructures et le numérique.

Donnée largement favorite dans les sondages, Angela Merkel a présenté son programme ce lundi 3 juillet en vue des élections législatives de septembre prochain. Souvent critiquée pour se reposer sur son bilan politique et économique, la chancelière a tenté d'annoncer quelques promesses fortes avant d'entamer une semaine internationale très chargée avec le sommet du G20 organisé à Hambourg jeudi et vendredi prochain.

Un plein-emploi pour 2025

Dans le cadre de leur programme intitulé "Prospérité et sécurité pour tous", les conservateurs ont annoncé qu'ils s'engageaient à ramener le plein-emploi d'ici 2025 avec un taux de chômage au sens du bureau international du travail inférieur à 3%. "Nous pensons être en mesure d'accomplir cela", a déclaré la chancelière, qui brigue un quatrième mandat de quatre ans. Selon les dernières statistiques d'Eurostat, le taux de chômage s'élevait à 4,1% de la population active à la fin de l'année 2016, soit le plus bas historique depuis la réunification, comme l'illustre le graphique ci-dessous.

"Si nous en avions parlé en 2005, les gens nous auraient rit au nez, j'ai eu à l'époque à assumer 5 millions de chômeurs", a dit la présidente du parti conservateur Union chrétienne-démocrate (CDU).

Des baisses d'impôts au programme

Bénéficiant d'un excédent budgétaire après des années de mesures d'austérité, Angela Merkel a promis de baisser l'impôt sur le revenu de 15 milliards d'euros pour les revenus moyens et plus modestes sans augmenter la fiscalité des plus riches. Elle a également promis de s'attaquer à la taxe sur la réunification introduite par le chancelier Helmut Khol en 1991. Cette contribution prélevée à hauteur de 5,5% sur les revenus des ménages et des entreprises permet de financer la mise à niveau des Länder de l'ex-RDA.

Dans une récente interview, le ministre des finances publiques Wolfgang Schäuble a dit espéré que les baisses d'impôts puissent être plus élevées que prévu. "Nous prévoyons, au total, de faire davantage que corriger les impôts sur le revenu de 15 milliards d'euros" a expliqué le ministre. Wolfgang Schäuble a ajouté que la CDU souhaite donner un coup de pouce supplémentaire aux jeunes familles pour leur permettre de faire construire un logement, tout en soutenant les programmes de recherche et développement dans les petites et moyennes entreprises.

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Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble lors d'une conférence de presse en Italie en 2012. (Crédits : REUTERS/Tony Gentile.)

> Lire aussi : Pourquoi l'utilisation de l'excédent public allemand décidera de l'avenir de la zone euro

Des investissements dans les infrastructures et le numérique

La stratégie de Mme Merkel, pour priver son principal adversaire Martin Schulz de ces arguments en faveur des investissements, pourrait porter ses fruits dans les urnes. En effet, alors que ce dernier a annoncé des mesures d'investissements importantes le 25 juin dernier, la dirigeante allemande a fait dans la surenchère en promettant 12 milliards d'euros d'investissements pour un plan de modernisation des infrastructures. D'après des chiffres de l'OCDE rapportés par Reuters, l'Allemagne n'a investi que 2,2% de son produit intérieur brut dans les routes, les ponts ou les écoles entre 2005 et 2014, soit sensiblement moins que la moyenne de 3,3% atteinte par les autres membres de l'organisation internationale. Elle prévoit également la création d'un conseil national du numérique avec à sa tête un secrétaire d'Etat dédié à ce secteur.

En parallèle, Mme Merkel a également promis de construire 1,5 million de logement d'ici 2019 pour tenter de convaincre les classes populaires confrontées aux difficultés de logements de voter pour la coalition CDU/CSU.

Priorité à la sécurité

Pour tenter de reconquérir une partie de l'électorat de droite qu'elle a perdue en raison de la crise des migrants, l'ancienne ministre de l'Environnement a insisté sur le thème de la sécurité en annonçant la création de 15.000 postes de policiers fédéraux. Elle a rappelé que "notre projet d'avenir est le bien-être et la sécurité pour tous".

En proie à des difficultés politiques à la suite de l'arrivée de plus de un million de migrants en 2015 et 2016, la chancelière a promis qu'un afflux de migrants comme en 2015 ne se se reproduira pas. Pourtant la situation démographique de l'Allemagne est préoccupante tant sur le plan économique que sur le plan politique.

> Lire aussi : Allemagne : la hausse de la population ne résout pas le problème démographique

Un plan Marshall pour l'Afrique

Sur le plan international, les conservateurs ont insisté sur leur plan Marshall pour l'Afrique. Ce projet consiste notamment à allouer des aides financières aux pays africains pour "tenter d'enrayer les flux de migrants". Il y a quelques mois, le ministre allemand de la Coopération Gerd Müller avait expliqué que les fonds devraient se concentrer sur des programmes pour la jeunesse, l'éducation, la formation et pour renforcer les économies.

> Lire aussi : L'Allemagne annonce un plan Marshall pour endiguer les flux de migrants

Sur le plan européen, celle qui doit désormais prendre en compte la récente arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, élu sur un programme très pro-européen, s'est dite prête à travailler avec le nouveau gouvernement français pour renforcer progressivement la zone euro. Mais elle s'oppose à une mutualisation de la dette.

> Lire aussi : "Il faut mutualiser la dette de la zone euro"

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Commentaires
a écrit le 04/07/2017 à 17:23 :
Quelle chance tout comme Macron d'avoir des adversaires médiocres .
a écrit le 04/07/2017 à 16:37 :
par son entêtement et son dogmatisme idéologique elle aura largement contribué à l'explosion future de l'Europe; c'est dommage car l'Europe malgré l'orientation ultra libérale imposée par Merkel reste une idée d'avenir.
a écrit le 04/07/2017 à 15:29 :
Mais vous êtes sûr que c'est pas l'allemagne qui quitte l'europe plutôt que le royaume uni ?

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