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Meurtre du demi-frère de Kim Jong-Un : cinq choses à savoir

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Grégoire Normand

Publié le 18 février 2017 à 07:54

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L'homicide de Kim Jong-Nam perpétré lundi 13 février a provoqué de fortes tensions entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. Les autorités de Séoul soupçonnent des agents nord-coréens d'être responsables de cet assassinat. Retour en cinq actes sur cet affaire aux multiples rebondissements.

L'assassinat du demi frère de Kim Jong-Un provoque des remous entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Si la thèse de l'assassinat politique n'est pas encore corroborée par l'enquête, de nombreux éléments amènent à penser que le régime nord-coréen serait intervenu directement dans cet homicide.

>> Lire aussi : La Corée du Nord provoque un tollé après un nouvel essai balistique

1- Quelles sont les circonstances de cet assassinat ?

Le demi-frère du dirigeant nord-coréen a été tué à l'aéroport de Kuala Lumpur en Malaisie à l'âge de 45 ans le lundi 13 février dernier. Kim Jong-Nam, qui était en partance pour Macao a perdu la vie pendant son transfert à l'hôpital. Il était considéré comme un proche de son oncle Jang Song-thaek, ex-numéro deux du régime, qui a été exécuté en 2013 sur ordre de Kim Jong-Un. TV Chosun, une chaîne de télévision sud-coréenne a affirmé en s'appuyant sur plusieurs sources gouvernementales que "Kim a été empoisonné à l'aéroport à l'aide d'une aiguille par deux femmes présentées comme des agents du Nord qui ont quitté les lieux en taxi et sont encore en fuite". D'après la presse malaisienne, les deux femmes auraient en plus aspergé le visage de leur victime avec un produit chimique.

2- Un profil de dissident ?

Cet homme de 47 ans possède le même père que Kim Jong-Un, Kim Jong Il, décédé fin 2011, mais pas la même mère. Sa mère, Song Hye Rim, était une actrice célèbre dans son pays. Son cousin Lee Han-Young avait fait défection en Corée du sud en 1982 en passant par la Suisse. Il a été tué par des agents nord-coréens à Séoul selon le gouvernement sud-coréen. Un temps pressenti pour être l'héritier potentiel de Kim Jong-Il, il est tombé en disgrâce aux yeux du pouvoir autocratique en 2001. Il avait tenté d'entrer au Japon avec un passeport falsifié pour visiter Disneyland. Selon l'AFP, "il a vécu pendant longtemps en exil dans le territoire chinois de Macao".

3-Un assassinat politique ?

Le profil des principaux suspects amène à penser que cet acte meurtrier pourrait être clairement politique. De nombreux parlementaires sud-coréens ont rapporté que les services de renseignement de leur pays soupçonnaient deux femmes appartenant aux services secrets nord-coréens et des sources gouvernementales américaines ont déclaré à Reuters que "Washington tenait la Corée du Nord pour responsable de sa mort".

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A la suite de leur arrestation, les deux principales suspectes ont été interrogées par les enquêteurs sur leur possible rôle dans cet acte meurtrier. La première jeune femme "portait des documents établis au nom de Doan Thi Huong, précisant qu'elle serait née en 1998 au Vietnam" selon Reuters. La seconde jeune femme arrêtée était détentrice d'un passeport indonésien. Enfin, le dernier suspect arrêté par les forces de l'ordre s'est présenté comme le petit ami de la dernière femme interpellée.

Lors d'un conseil de sécurité convoqué après l'annonce du décès, le Premier ministre sud-coréen, Hwang Kyo-ahn, a déclaré que "s'il était confirmé que le meurtre de Kim Jong-nam a été commis par le régime nord-coréen, cela illustrerait clairement la brutalité et l'inhumanité du régime de Kim Jong-un". Rapidement des sources nord-coréennes ont voulu démentir une telle responsabilité. L'une d'entre elles a d'ailleurs déclaré que ""Kim Jong-nam n'avait aucun rapport avec la Corée (du Nord)", ajoutant "qu' il n'y a aucune raison pour que la Corée (du Nord) l'ait tué".

4- Des antécédents inquiétants

La thèse du meurtre politique peut être corroboré par le fait que Kim Jong-Nam avait déjà été considéré comme une cible à éliminer il y a quelques années. Les services de renseignement sud-coréens ont notamment expliqué à des parlementaires à Séoul que Kim Jong-Un avait exprimé "un ordre permanent"  d'assassinat de son demi frère et qu'une tentative de meurtre avait eu lieu en 2012. Par ailleurs, le parquet sud-coréen a assuré qu'un nord-Coréen, détenu comme espion, avait reconnu sa responsabilité "dans une mise en scène d'accident de la route, en Chine en 2010, le visant".

5- L'enjeu du corps

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Les autorités nord-coréennes ont déjà réclamé le rapatriement du corps sur leur territoire. Mercredi, les autorités malaisiennes ont rejeté la requête des représentants de la dictature communiste visant à empêcher l'autopsie du corps. Kuala Lumpur a averti ce vendredi 17 février que le corps ne quittera pas le pays tant que la famille du défunt n'aura pas fourni des échantillons ADN pour tenter d'identifier le corps. Les scientifiques essayent également de déterminer les substances injectées dans le sang du nord-coréen. Samah Mat, chef de la police de l'Etat de Selangor a déclaré à l'AFP que "jusqu'ici, aucun membre de la famille ou proche n'est venu identifier ou réclamer le corps. Nous avons besoin d'échantillons ADN d'un membre de la famille pour établir le profil de la personne décédée". En attendant, de nombreuses zones d'ombre subsistent sur cette affaire qui prend un tournant diplomatique.

Grégoire Normand

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