Midterms : les démocrates pourraient limiter la casse, le suspense reste entier au Sénat

Plus de 44 millions d'Américains étaient appelés aux urnes mardi pour les élections de mi-mandat qui rebattent les cartes du paysage politique pour les deux années à venir. La vague "rouge", couleur des républicains, n'a pas eu lieu dans les proportions anticipées. Alors que les résultats sont serrés, le suspens reste entier. La prochaine majorité au Sénat des Etats-Unis pourrait dépendre des électeurs de l'Etat de Géorgie qui se dirigeait mercredi vers un second tour. Il faudra donc sûrement plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant qu'une majorité ne se dessine au Sénat, où les démocrates détenaient une très mince majorité avant l'élection.
S'il devait perdre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, Joe Biden verrait son action paralysée.
S'il devait perdre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, Joe Biden verrait son action paralysée. (Crédits : JONATHAN ERNST)

[Article publié à 7h, mis à jour à 11h30 puis à 16h30]

Aux Etats-Unis, les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat étaient en jeu mardi et le suspense électoral demeure entier. Si les républicains semblent assurés de reconquérir la majorité à la Chambre des représentants, le contrôle du Sénat - actuellement divisé à 50-50, avec une voix décisive pour la vice-présidente démocrate Kamala Harris - est loin d'être acquis pour le parti de Donald Trump.

Mercredi, la Bourse de New York évoluait en repli, au lendemain des élections au Congrès américain qui n'ont pas vu arriver la vague républicaine attendue et dont certains résultats sont encore en suspens. « Le jour de l'élection est passé mais les élections ne sont pas terminées. Il y a encore quelques duels qui sont trop serrés pour être annoncés mais il semble que le parti républicain va dominer la Chambre des représentants par une marge étroite », expliquait Patrick O'Hare de Briefing.com.

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La Chambre des représentants penche républicain

« Il est clair que nous allons reprendre la Chambre des représentants »: le ténor républicain Kevin McCarthy affichait son optimisme dans la nuit de mardi à mercredi, au moment où les résultats continuaient d'affluer. Mercredi à 15 heures, heure de Paris, la chaîne NBC News projetait un total de 220 élus à la chambre basse pour le parti républicain, soit une majorité de deux sièges et un gain de 11 élus par rapport à la précédente législature. D'autres grands médias se montraient plus prudents, sans prévoir l'issue du scrutin à cette heure-là.

Plusieurs scrutins décisifs et disputés n'ont cependant pas encore livré leurs résultats, comme dans le Colorado, où la très trumpiste Lauren Boebert se retrouvait - et c'est une surprise - à la traîne mercredi matin dans les bulletins dépouillés jusque-là.

Le Sénat encore indécis

Il faudra sûrement plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant qu'une majorité ne se dessine au Sénat, où les démocrates détenaient une très mince majorité avant l'élection. L'Arizona, le Nevada, ou encore le Wisconsin n'étaient pas encore décidés en milieu d'après-midi même si dans ce dernier Etat, le républicain Ron Johnson semblait bien parti pour conserver son siège.

Les électeurs de Géorgie se dirigeaient mercredi vers un second tour, les règles électorales imposant une nouvelle élection, dans quatre semaines. Un scrutin vers lequel tous les yeux de l'Amérique pourraient se tourner, car il pourrait bien décider de la majorité au Sénat, et donc de l'agenda politique aux Etats-Unis pour les deux prochaines années.

Si les démocrates sont relativement déçus de ne pas avoir créé la surprise en Ohio, ils peuvent se consoler en regardant du côté de la Pennsylvanie, pour un siège au Sénat auparavant tenu par un républicain.

Pas de vague rouge

La vague « rouge », couleur des républicains, n'a donc pas eu lieu dans les proportions attendues par de nombreuses prédictions d'avant-scrutin. Même si les républicains sont en bonne voie pour se targuer de la majorité à la Chambre des représentants, leur marge sera bien moindre qu'attendu. « Ça n'a pas été une vague aussi importante que je l'espérais. Nous avons eu certains scrutins serrés qui sont allés à l'autre camp pour le moment », a déclaré sur YouTube le sénateur républicain du Texas Ted Cruz, qui avait même prédit un « tsunami rouge ». Sur NBC, le sénateur Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump, a également exprimé sa déception: « assurément pas une vague républicaine, ça c'est sûr ». Mercredi matin, le directeur de cabinet de Joe Biden se réjouissait des résultats et se montrait goguenard: « ne sous-estimez jamais à quel point la "Team Biden" est sous-estimée ».

La Floride, nouveau bastion républicain

Considéré auparavant comme un Etat pouvant voter démocrate comme républicain selon les élections, la Floride semble avoir basculé durablement dans le camp républicain avec notamment d'importantes victoires à la Chambre des représentants.

Il faudra donc sûrement plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant qu'une majorité ne se dessine au Sénat, où les démocrates détenaient une très mince majorité avant l'élection. Au final, s'il devait perdre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, Joe Biden verrait son action paralysée pour les deux prochaines années.

Avec des premières tant au niveau national que local, la diversité était l'un des autres enseignements de la soirée électorale. La démocrate Maura Healey est ainsi devenue la première gouverneure ouvertement lesbienne aux Etats-Unis, élue dans l'Etat du Massachusetts (nord-est), tandis que dans le New Hampshire (nord-est), James Roesener est devenu le premier homme transgenre à entrer dans un parlement local. Plusieurs femmes transgenres avaient déjà été élues auparavant. En Floride, c'est la "génération Z", celle des adolescents et jeunes adultes d'aujourd'hui, qui met un pied à la Chambre des représentants, avec le démocrate Maxwell Frost, 25 ans.

L'inflation inquiète

Les sondages de sortie des urnes ont montré que l'inflation et le droit à l'avortement figuraient parmi les principales préoccupations des électeurs. Bien que le parti qui contrôle la Maison blanche perde traditionnellement les « midterms », les démocrates avaient espéré compter sur un regain de votes en leur faveur après la décision prise par la Cour suprême des Etats-Unis en juin dernier d'annuler l'arrêt Roe v. Wade. De nombreux électeurs ont toutefois déclaré que leur vote avait été motivé par leur frustration face à l'inflation, qui - à 8,2% - a atteint son taux le plus haut en 40 ans.

Les peurs concernant une hausse de la criminalité ont également joué, et ce, même dans des régions traditionnellement à gauche. Selon un sondage réalisé cette semaine par Reuters et Ipsos, seuls 39% des Américains apprécient la façon qu'a Joe Biden d'assumer ses fonctions.

Lire aussiMidterms : Elon Musk tombe le masque en appelant à voter pour les Républicains

 (Avec AFP et Reuters)

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Commentaires 5
à écrit le 10/11/2022 à 11:27
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Elections qui ne se termineront pas avant mi décembre et donc sans intérêt d'ici là si ce n'est pour nous exposer la lutte du bien contre le mal, pour continuer de nous bourrer le crâne, franchement nous avons bien d'autres chats à fouetter en ce mom...

à écrit le 10/11/2022 à 9:10
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Un élu local de Pennsylvanie a été réélu mardi 8 novembre 2022 à une majorité écrasante, selon les chiffres provisoires publiés par les médias locaux, bien qu'il ait succombé le mois dernier à une récidive d'un cancer. Le démocrate Tony DeLuca est dé...

à écrit le 09/11/2022 à 15:58
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Al Franken sur CNN : "Ce qui m'inquiète, c'est que si les Républicains prennent le pouvoir, nous ne pourrons rien faire passer. Ensuite, il y aura des auditions, des enquêtes, ils enquêteront sur Hunter Biden. Ce sera très toxique. Marjorie Taylor G...

à écrit le 09/11/2022 à 15:55
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Voici la plus grand FRAUDE de cette élection, la Pennsylvanie ! John Fetterman a été déclaré élu sénateur UNE MINUTE après la fermeture des bureaux de vote. Seulement voilà, on s'aperçoit après qu'il y a plus de votes par correspondances que d'enre...

à écrit le 09/11/2022 à 10:54
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M.Biden restera comme un Président ayant failli, entre intervention en Ukraine, et inflation. La note est salée pour les américains.

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