Moscou prend en otage les discussions sur le nucléaire iranien, un chantage « inacceptable » pour les négociateurs européens
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Lisi Niesner
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Alors que les tractations sur l'accord censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange d'une levée des sanctions étaient sur le point d'aboutir à Vienne, elles ont finalement été suspendues ce vendredi. Et pour cause, mise au ban des nations après son offensive en Ukraine, la Russie bloque le processus. Car elle exige désormais une garantie très spéciale, loin des conditions premières : l'obtention de larges exemptions sur les représailles imposées par les Occidentaux à son égard, afin que ces mesures de rétorsion n'affectent pas sa coopération économique avec l'Iran.
Des revendications jugées « hors sujet » par le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, et considérées comme « inacceptables » par les négociateurs européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, dits E3), qui ont stoppé net les discussions.
Les négociateurs européens les portaient pourtant à bout de bras depuis novembre 2021, et tentaient de les sauver en réintégrant Washington au compromis, baptisé JCPoA (joint comprehensive plan of action), après le retrait en 2018 de Donald Trump.
Ce dernier avait en effet rétabli les sanctions contre l'Iran, bloquant les négociations autour du pacte conclu en 2015 par l'Iran d'un côté, et les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne de l'autre. Alors que Téhéran s'était depuis progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire, les négociations n'avaient pu reprendre qu'après l'élection de Joe Biden à la Maison Blanche.
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Après ce nouvel arrêt brutal des discussions , les négociateurs E3 expriment ainsi leur « déception » face au chantage de Vladimir Poutine, qui compte bien perturber le processus, alors même que les diplomates évoquaient le 4 mars dernier parvenir à une entente imminente.
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Avant de conclure que l'accord sur le retour au JCPoA aujourd'hui sur la table « peut et doit être conclu avec la plus grande urgence ».
(Avec AFP)
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