Non, la fin de la mondialisation n'est pas pour demain
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La suspension partielle de l'activité mondiale entraînée par le confinement des populations pour arrêter la propagation mortelle du Covid-19 annonce-t-elle la fin de la « mondialisation heureuse » tant vantée au début des années 2000 ?
À l'évidence, dans cette crise sanitaire, les gouvernements ont organisé le confinement et le système de soins dans le cadre national. Mais ce sont eux aussi qui ont fait preuve de légèreté en ne s'étant pas préparés à ce risque, à l'exemple de la France qui manquait de stocks de masques, d'appareils respiratoires, de tests... produits par d'autres pays. Il n'est donc pas surprenant que la notion de « souveraineté » soit revenue au centre des débats.
Ce repli national de la gestion de la pandémie aura des conséquences.
Pour autant, ce repli souverainiste devra composer avec d'autres tendances.
En réalité, la pandémie n'a fait qu'accélérer cette double tendance. Depuis la crise financière de 2008, la globalisation a changé. Initialement, il s'agissait d'intégrer les pays émergents, en particulier la Chine, au commerce mondial pour favoriser leur développement. Le cycle de négociations commerciales dit de Doha, sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce, a libéralisé le commerce international en ouvrant les frontières et en baissant les barrières douanières.
Nombre d'entreprises occidentales ont internationalisé leur production en délocalisant pour profiter à la fois d'une main-d'oeuvre à bas coût et d'infrastructures adaptées. Ainsi, Apple produit son iPhone en mobilisant les employés de 43 pays sur cinq continents.
Parallèlement, cette globalisation a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté pour intégrer la classe moyenne.
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La crise financière de 2008 a mis un coup d'arrêt à cette dynamique. Selon la Banque mondiale, le ratio exportations/PIB (mondial) a chuté d'un pic de 27 % à 22 % cette année-là. Des relocalisations ont eu lieu dans les pays d'Europe du sud et de l'est, qui, avec la crise de la dette, se voyaient imposer des programmes d'austérité budgétaire qui créaient de la déflation salariale. Dans le même temps, la Chine était de moins en moins l'atelier du monde en favorisant la montée en gamme d'entreprises nationales rivalisant avec leurs homologues occidentales sur des produits à forte valeur ajoutée dans le numérique, l'aéronautique, le nucléaire, les infrastructures, l'énergie...
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