"Les dangers de la mondialisation ont été sous-estimés, malgré l'avis des spécialistes"

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(Crédits : Crédits : Bernhard Fuchs/Wikimédia Commons/CC)
ENTRETIEN. Pour l'économiste Pierre-Cyrille Hautcoeur, spécialiste de l'histoire monétaire et financière des XIXe et XXe siècles, la propagation du virus dans les pays pauvres, dépourvus de protection sociale et de systèmes de santé adaptés, pourrait provoquer des dégâts colossaux. L'universitaire et ancien président de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) espère "qu'à l'avenir des plans de protection contre les pandémies seront non seulement élaborés mais aussi mis en oeuvre, y compris des mesures de prévention coûteuses (Stocks, relocalisation)".

LA TRIBUNE - La comparaison de la crise actuelle avec celles de 1929 et de 2008 est-elle pertinente ?

PIERRE-CYRILLE HAUTCOEUR - Comme dans toute crise, il faut distinguer plusieurs temporalités. Dans le court terme, il existe des points communs entre les trois crises. Nous avons assisté à des phénomènes de blocage sur les marchés financiers, à un effondrement sur les différents places boursières, et à un report sur des valeurs considérées comme sûres. Ce sont des phénomènes observés en 1929 ou en 2008.

Avec le recul, nous commençons à comprendre assez bien ces enchaînements financiers de court terme. De ce fait, les réponses des banques centrales et des gouvernements sont rapides. Les bourses se sont stabilisées partout avec environ un tiers de pertes, même si la volatilité est encore élevée. Il peut néanmoins y avoir une rechute.

Sur le long terme, il existe de grandes différences en 1929 et 2008. La crise de 2008 n'a pas changé grand chose. L'économie a continué à fonctionner "normalement", les gouvernements n'ont pas changé de politique à l'exception de quelques régulations bancaires et financières. En 1929, la crise a totalement changé le fonctionnement des économies car beaucoup de gouvernements ont pris des mesures radicales. A ce stade, il est encore difficile de savoir si la crise actuelle est plus proche de celle de 2008 ou celle de 1929.

> Lire aussi : Comment la crise financière de 2008 a changé notre monde

La grippe espagnole de 1918 a-t-elle paralysé l'économie mondiale ?

La grippe espagnole s'est développée à l'échelle de toute la planète et a fait de nombreux morts (50 à 100 millions à l'échelle de la planète, de l'ordre de 1% de la population dans les pays riches). C'est considérable. En revanche, elle a eu semble-t-il peu d'effets économiques. Comme elle est apparue à la fin de la première guerre mondiale, il est difficile de dissocier les deux. Mais des travaux académiques ont été menés sur des pays neutres comme la Suède, qui suggèrent qu'il y a eu peu d'effets économiques même si le bilan humain était désastreux. Cette grippe montre que si l'Etat ne fait rien, les morts s'accumulent mais l'économie fonctionne. Dans la crise actuelle, l'économie est bloquée pour sauver les gens.

Comment les médias de l'époque ont-ils traité la pandémie espagnole ?

La presse de l'époque en parle avec des termes extrêmement vagues. Les journaux ne veulent pas paniquer la population et affaiblir l'effort militaire au moment de la fin de la guerre. A l'époque, des efforts ont été réalisés en matière de santé publique mais cela n'a rien à voir avec la situation actuelle. Les gens ont continué à travailler et les soldats à se battre. Au sortir du conflit, la reprise économique a eu lieu sans que les économistes soient vraiment capables de discerner un effet négatif de la pandémie. C'est donc difficile d'en tirer un enseignement pour la crise actuelle.

Les conséquences de la pandémie actuelle dans les pays riches et les pays pauvres pourraient diverger

On peut sans doute déduire que dans les pays développés, les Etats peuvent sauver beaucoup de gens en bloquant l'économie pendant un certain temps, même si cette paralysie peut avoir des effets négatifs à court terme et à long terme, tandis que dans les pays pauvres, la situation pourrait être plus critique. Beaucoup d'Etats n'ont pas forcément les capacités médicales pour absorber ce choc. Les décès risquent d'y être beaucoup plus nombreux. La désorganisation de l'économie y sera sans doute importante si on tente d'appliquer un confinement presque impossible sans système développé de protection sociale, et des troubles sociaux importants peuvent en résulter. Dans les pays riches, on peut plutôt penser que ce genre de crise peut provoquer des changements plus qualitatifs sur l'organisation de l'économie, notamment si des changements politiques importants ont lieu du fait de l'expérience de la crise.

Certains observateurs parlent actuellement d'un début de démondialisation. Quel regard portez-vous sur ce concept ?

Cette crise sanitaire résulte directement de la mondialisation. C'est loin d'être nouveau. Les grandes pandémies comme la peste noire ou la grippe espagnole ont aussi été liées à ce phénomène. En revanche il n'y a pas forcément de recul de la mondialisation à cause des pandémies. La mondialisation repose avant tout sur des choix politiques. La mondialisation actuelle a fait l'objet de critiques sévères pour ses effets sur l'environnement, et pour les risques que des chaînes de production mondiales complexes font courir aux populations en cas de guerre, de choc climatique ou d'épidémie. Ces dangers ont été sous-estimés malgré les avis des spécialistes, que l'on appelle maintenant au secours. On peut espérer qu'à l'avenir des plans de protection contre les pandémies seront non seulement élaborés mais aussi mis en oeuvre, y compris des mesures de prévention coûteuses (stocks, relocalisation, etc). Je pense que la pression politique devrait être assez forte pour mettre en place des plans d'autosuffisance pour certains produits comme les médicaments.

Certains parlent d'un recul de mondialisation. Qu'en pensez-vous ?

Je serais prudent pour dire que la mondialisation va spontanément décliner. Les pays restent malgré tout très interdépendants. Le coût d'une démondialisation brutale serait très élevé. En même temps, la pandémie peut accélérer des processus qui étaient désirés ou jugés souhaitables. Les citoyens vont faire l'expérience inédite de certaines situations que l'on considérait comme impossible, comme l'arrêt de la circulation dans Paris. C'était une décision inimaginable il y a peu. Cela peut permettre une prise de conscience d'un univers des possibles plus large que ce que l'on croyait. Ainsi, une majorité pourrait par exemple se dégager pour accélérer la reconversion de l'industrie automobile vers l'électrique. De manière générale, le défi environnemental, qui était déjà devant nous avant la crise, pourrait se voir mieux pris en compte grâce à l'expérience de la crise, qui montre que l'on peut agir quand on veut, contrairement au refrain "there is no alternative" scandé depuis des années par beaucoup.

Avez-vous des exemples de changements récents ?

Au delà de l'environnement, des actions jugées récemment impossibles ont lieu : beaucoup de banques, qui sont actuellement soutenues et sous pression des banques centrales, renoncent à payer des dividendes. Certains n'osaient pas le faire seules et le font quand elles se rendent compte non seulement de leur fragilité mais aussi que le stigmate pourrait être plus fort pour celles qui ne le feraient pas. De même, les pouvoirs publics peuvent prendre des mesures inédites et être tentés de les poursuivre. Mais cela peut aller dans plusieurs directions, avec des conséquences politiques très différentes : les crises sont des moments de bifurcation, d'accélération des changements, d'irréversibilités. Ainsi, un traçage des personnes imposé et contrôlé par l'Etat constituerait une mesure peut-être efficace mais aussi une menace extrêmement forte pour les libertés. Les gouvernements pourraient être tentés de généraliser ce type de solution, avec le risque, bien connu, que certaines exceptions deviennent la règle même une fois l'urgence passée. Or d'autres solutions existent, moins autoritaires et beaucoup plus décentralisées, par exemple en matière de traçage qui donnent d'abord l'information (y a-t-il des personnes atteintes du virus autour de moi ?) aux citoyens plutôt qu'aux autorités. Le choix entre ces solutions pourrait déboucher sur des débats très violents, car on peut y voir des choix de modèles de société (hiérarchique vs horizontale).

Les choix politiques faits autour de la réaction à l'épidémie peuvent aussi conduire à des divergences voire des conflits entre pays. A très court terme, on voit des pays se réserver leurs stocks de masques ou de médicaments, voire s'approprier ceux des autres, mais ce n'est pas le plus grave: ils peuvent diverger sur la réponse économique à la crise, en particulier sur le degré de prise en charge par les Etats des revenus perdus par les entreprises, les chômeurs ou les travailleurs à temps réduit. Même l'Europe n'est pas à l'abri. Ainsi la question de la mutualisation des dettes suscite de profondes divisions en Europe, qui sont renforcées par la crise dans la mesure où les pays du sud sont, pour l'instant, les plus touchés par la crise.

Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron a déclaré que «le jour d'après, quand nous aurons gagné, ne sera pas un retour au jour d'avant». La pandémie pourrait-elle transformer le modèle économique actuel dominé par l'orthodoxie dans les pays développés ?

A ce stade, rien ne garantit que le modèle économique va être transformé. Des opportunités sont en train de s'ouvrir. Des transformations significatives peuvent avoir lieu s'il y a des forces politiques importantes. Certaines forces politiques pourraient se renforcer. Il y a actuellement des questions importantes sur la redistribution des revenus. Certains sujets ont frappé l'actualité. Les Parisiens aisés sont partis vivre dans leurs maisons de campagne. Ils y vivent de manière confortable et se promènent mais stigmatisent les habitants des grands ensembles de la banlieue parisienne qui sortent de chez eux. Ceux-ci sont choqués qu'on leur reproche de sortir quand ils vivent nombreux dans de petits logements, que la police les interpelle parfois brutalement, et de devoir aller travailler sans protection parce que de mauvais choix ont été faits par les dirigeants en matière de santé publique. On prend conscience peu à peu que les caissiers des supermarchés, les infirmiers et les aides-soignants, les policiers même sont recrutés dans cette population. Pour éviter d'accroître les colères et restaurer un sentiment de justice, les Etats vont devoir reconnaître leur place comme on l'a fait après les deux guerres mondiales, où les plus modestes avaient été beaucoup plus touchés que les autres et qui ont donné lieu à un fort accroissement de la protection sociale et à une forte augmentation de la progressivité des impôts.

Quels seraient les moyens à privilégier pour opérer un rééquilibrage ?

Aujourd'hui, la réaction politique à la crise doit sans doute passer par une redistribution des revenus. Il n'est probablement pas possible, comme le souhaitent certains, de différer la réflexion sur qui va payer pour cette crise. Il apparaît de plus en plus que ceux qui font les efforts face à la pandémie ne sont pas ceux qui ont bénéficié de la mondialisation, et qu'il va donc falloir que ses bénéficiaires assument politiquement et financièrement les conséquences de leurs choix. Tout va dépendre de l'ampleur et de la durée de la crise, et surtout de la perception que le public aura du lien entre les politiques antérieures, les réactions politiques à la crise et sa gravité.

Les idées keynésiennes sont-elles de retour ?

Il est difficile de voir vraiment un retour des idées keynésiennes à ce stade. Le keynésianisme peut se définir comme une politique de relance suite à un choc de demande. Or la crise actuelle est à la fois un choc d'offre et un choc de demande. Pour l'instant, la baisse des revenus des salariés est partielle en Europe. La question est de savoir s'il va falloir relancer l'activité à la fin du confinement. La plupart des mesures annoncées en Europe devrait permettre à une grande partie de la population de retrouver son travail et à la majorité des entreprises de surmonter cette crise. Si les entreprises ont eu des crédits pour régler leurs problèmes de trésorerie et que par ailleurs elles ont été soutenues pour assurer les salaires, il y a de fortes chances pour que beaucoup d'établissements supportent ce choc. A ce moment, il n'est pas sûr que l'économie aura besoin d'un plan de relance par la demande qui aille au delà de l'effort considérable de payer le chômage partiel. En revanche, dans le keynésianisme, il y avait aussi une dose de planification et d'orientation des investissements vers des activités jugées prioritaires. Cette dimension sera importante si l'on veut profiter de la crise pour changer la trajectoire de l'économie, notamment en matière environnementale.

En ce qui concerne l'impact macroéconomique, la durée du confinement va être déterminante. Les finances publiques seront-elles capables de tenir le choc si le confinement se prolonge ? Au delà des dépenses, la soutenabilité de la dette, par exemple en France, impose de se soucier de la question des recettes budgétaires, même si ce sujet divise davantage et si le gouvernement aura donc tendance à le reporter. L'une des pistes est de créer un impôt exceptionnel sur le capital. C'est un outil idéal du point de vue théorique, et qui a déjà été mis en place aux lendemains de guerres. Ces expériences ont été bien étudiées, et montrent notamment qu'il faut faire attention à ne pas imposer la vente soudaine et massive des actifs pour éviter un effondrement de leur prix, mais plutôt transférer de la propriété ou des droits sur la propriété. Cette solution, qui en principe a un effet négligeable sur l'activité, permet de rééquilibrer le bilan de l'Etat et donc d'éviter tout souci de soutenabilité de la dette que la crise va créer. Elle a aussi l'avantage qu'elle conduit à une redistribution "juste" dans la mesure où les détenteurs du capital, notamment financier, ont été depuis trente ans les principaux bénéficiaires de la mondialisation et ont pourtant vu leur fiscalité globalement réduite.

Les banques centrales sont-elles en mesure de répondre à la récession ?

Je suis inquiet de la confiance infinie accordée aux banques centrales. Nous sommes arrivés à un stade où elles sont censées tout faire. Elles ont effectivement une très grande puissance, qui peut d'ailleurs finir par poser des problèmes démocratiques. Elles ont un pouvoir en matière de stabilité financière mais aussi de redistribution. Si elles se mettent à acheter des actifs privés, cela signifie qu'elles peuvent distribuer de l'argent à des activités particulières par rapport à d'autres. C'est périlleux pour leur légitimité et donc pour la stabilité financière et monétaire à moyen terme.

Il est donc préférable de ne pas tout demander aux banques centrales. Ces institutions doivent se concentrer sur la stabilité monétaire et financière. Demander aux banques centrales de s'occuper de la relance, de la transformation de l'économie, de la transition écologique, peut accroître les risques. Il faut que d'autres institutions ayant des légitimités politiques plus fortes soient derrière. Aujourd'hui, les banques centrales agissent, elles ont pour l'instant réussi par une action rapide et concertée à éviter une déstabilisation financière mondiale. La Fed a créé des lignes de swap assurant la liquidité internationale. La Banque centrale européenne a également bien répondu. Tant mieux, mais ce n'est pas une raison pour leur mettre toutes les responsabilités sur les bras.

> Lire aussi : 750 milliards d'euros : la BCE corrige le tir et sort l'artillerie lourde

Cette crise peut-elle accélérer la transition écologique ?

Cette crise pourrait accélérer la transition écologique dans certains secteurs très polluants. La baisse de la demande et la multiplication des normes pour les navires de croisière par exemple pourraient favoriser cette transition. Le trafic aérien pourrait aussi sortir transformé. Certaines activités peuvent s'adapter et cela va infléchir la circulation internationale des personnes. En parallèle, il y a une demande importante pour de nouveaux outils. Dans les villes, les restrictions pour le trafic pourraient se prolonger. Beaucoup d'activités peuvent se faire sans circulation de véhicules polluants. Dans l'économie, les mesures de prudence pour assurer les ravitaillements pour une gamme de biens et de services devraient réduire les transports internationaux. Mais cela dépendra beaucoup à la fois des comportements des ménages et des décisions politiques qui seront prises, selon qu'elles privilégieront le "retour à la normale" ou profiteront de l'occasion pour transformer les circuits économiques par des incitations et des régulations nouvelles.

Aux Etats-Unis, Donald Trump profite de cette crise pour procéder à de nouvelles dérégulations en faveur des industries polluantes.

Chaque groupe d'intérêt veut profiter de la crise pour faire passer des nouvelles mesures. Les lobbies tirent dans toutes les directions. Les pétroliers vont chercher à polluer plus en utilisant le prétexte de l'urgence, la nécessité de produire et les risques de faillite. Aux Etats-Unis, un groupe d'économistes libéraux a publié un manifeste pour indiquer qu'il ne fallait pas aider les grandes entreprises, que les grands groupes pouvaient se restructurer s'ils déposaient leur bilan sans que cela arrête leur activité. Il faut donc distinguer les aides qui sont destinées à maintenir à court terme l'emploi et l'activité des aides destinées à sauver des entreprises qui auraient été mal gérées. Si le capitalisme veut garder sa légitimité, il faut que les actionnaires puissent continuer à dire qu'ils assument les risques pour lesquels ils sont rémunérés. En ce moment, cela veut dire assumer des pertes. Souvent, ils préféreraient, comme tout le monde, avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, et vont faire pression sur l'Etat pour les sauver. Leur capacité à obtenir des protections dépendra de la mobilisation du reste de la société, qui pourra y mettre des conditions. En Europe, on peut penser que la pression pro-environnementale est supérieure aux lobbies industriels, et cette opinion publique en faveur de l'environnement va être renforcée par la crise. C'est donc sans doute une occasion unique pour conditionner les aides d'Etat aux transformations environnementales dont nous avons besoin. Mais rien n'est acquis et seule la mobilisation politique déterminera quel chemin empruntera la sortie de crise et quel sera son impact durable.

> Lire aussi : Coronavirus : les Etats-Unis assouplissent leurs normes environnementales

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Commentaires
a écrit le 06/04/2020 à 12:53 :
En parlant de mondialisation :

Business is business. Alors que la demande en masques de protection a explosé dans le monde entier, pas question pour les fournisseurs de s’asseoir sur la manne financière que représente ce produit. Selon Le Figaro, on assiste à une spectaculaire envolée des prix, pouvant allant jusqu’à 40 fois le montant réclamé il y a encore quelques semaines. Alors que ces masques ne coûtaient “que” 3 à 4 centimes d’euros au moment de leur achat en Asie et notamment en Chine, il faut compter désormais jusqu’à 60 centimes l’unité pour le même produit pour les distributeurs.

“En Chine, le prix auquel nous achetons les masques a été multiplié par 15 ou 20 en l’espace de quelques jours” selon un acheteur français interrogé par le journal, selon qui l’augmentation est moins importante. “C’est une vraie compétition d’accès à une ressource rare. Cette augmentation est déraisonnable, mais avons-nous le choix de la refuser ?”. Pour expliquer cette hausse, le journal évoque celle des frais de logistique : ces masques sont directement envoyés par avion et non plus par porte-conteneur afin d’aller plus vite. Les fabricants ont également augmenté leurs prix face à la hausse de la demande.
a écrit le 06/04/2020 à 9:48 :
"malgré l'avis des spécialistes"

Diantre quels spécialistes !? Parce que de tous ceux que j'ai entendu parler à la télé jamais ils n'ont prévenu d'un quelconque danger de la mondialisation, au contraire même puisque on nous parle de "velléité protectionniste par exemple".

Les spécialistes des médias de masse à savoir ceux qui couvrent 90% de l'attention des citoyens français n'ont jamais prévenu d'un quelconque danger, bien au contraire nous ont tous fait foncer dans celle logique si solide qu'est TINA.
a écrit le 05/04/2020 à 17:47 :
Les pratiquants de la mondialisation ont parfaitement intégré que les états neo-libéraux seront là pour protéger leurs intérêts et que le rapport bénéfice risque leur était totalement favorable.

Ils ont fait le même calcul cynique que les banques avec les sub-primes et les produits dérivés de produits dérives...Elles ont stipulées qu'étant too big to fail, elle seraient sauvées qui qu'il en coute.
Ce en quoi elles ont eu raison.

Et vous allez voir qu'on va encore aller demander au particuliers de venir sauver les gros investisseurs (qui ne sont autres que les gros patrimoines).
a écrit le 05/04/2020 à 5:17 :
La mondialisation n'est qu'une diabolique tentation des estomac avides de gains facilement acquis au détriment des productions ancestrales et locales, lesquelles ont vu la fin de leur savoir faire et de l'excellence. Un nombre élevé d'exemples existent qui montrent des entreprises déçues ayant fait machine arrière.

J'irai même plus loin que l'article.

Toutes les difficultés que nous connaissons aujourd'hui, nées avec la pandémie, et qui auraient pu aussi bien être la conséquence d'une autre crise, sont directement liées à cette mode loufoque qui a créé la mondialisation et l'ultra libéralisme. Même l'extension galopante de la pandémie en est une conséquence.
En sont responsables tous ceux qui ont signé des accords et traités internationaux nous ôtant toute liberté de refus, toute clause de réciprocité sous peine de sanctions.

L'effet boule de neige, tout en faisant croire à un faux bien être engendré par l'équation surproduction / surconsommation, nous a amené au bord du gouffre et menace l'existence même de notre lieu de vie, la planète.

C'est dans ce modèle de société qu'il faut rechercher toutes les causes de nos maux tout autant que la dangereuse menace de dérèglement climatique et environnemental.

Multiplication des déplacements par air, par mer, par terre... Multiplication des surconsommations de tous biens... Concentration inouïe des fabrications sur des zones géographiques à bas traitement fiscal et social... Abandon pur et simple de la souveraineté et des décisions vitales à des technocrates non élus... Refus impossibles édictés par l'U.E. et les traités signés... Recherche forcenée de croissance et de dividendes à tous prix...Politiques dictées par les indices financiers et boursiers...

Voilà ce qui arrive lorsque la conduite des affaires s'éloigne à ce point du facteur humain et environnemental. Les sociétés en viennent à se déshumaniser pour créer un monde ultra robotisé et sans âme où seul les gains financiers, boursiers et économiques guident les choix au détriment du reste.

Souvenons nous de l'avertissement que nous donnait De Gaulle « La politique ne se fait pas à la corbeille ». C'était non seulement sa ligne de conduite mais aussi un avis prémonitoire de ce que nous connaissons aujourd'hui.

A force de donner la prépondérance et le pouvoir de décision à l'économie et à la « corbeille », tous les politiques qui se sont succédés depuis un demi siècle ont creusé une tombe prête à nous ensevelir.
a écrit le 04/04/2020 à 20:05 :
Cet interview a un relent de marxisme. Ce monsieur suggère carrément de transférer les droits de propriétés des individus à l'état. Il préconise donc le vol. C'est quand même choquant. Avec une telle politique plus d'entrepreneur, car pour quoi construire et prendre des risques pour se le faire voler après sous prétexte que l'on a réussi. Faudrait-il rendre alors les pertes à ceux qui ont échoué ? Bref la bêtise débridée et la bêtise enveloppée de philosophie n'en est pas moins bêtise.Cela me fait penser à ces futurologues qui ne peuvent prédire qu'en extrapolant le passé, leur passé.
a écrit le 04/04/2020 à 16:31 :
C'est assez sexy d'imaginer voir le type qui passe ses journées a insulter les pauvres sur le net se retrouver a la rue a son tour. Chacun voit midi a sa porte, c'est vrai. Mais il y en a franchement ca va pas me rendre triste de les voir ruinés.
a écrit le 04/04/2020 à 16:29 :
Vu la chute de la bourse, chez nos amis les spéculateurs ca doit bien sentir le prout.
a écrit le 04/04/2020 à 14:13 :
Les gagnants de la mondialisation ont beau être moins nombreux que les perdants, ils ont quand même plus d'argent . Et puis les experts ne sont pas payés pour dire la vérité quand même, si on voulait que la vérité soit dite sur ce sujet il suffirait d'interviewer les gens dans la rue.
Réponse de le 04/04/2020 à 22:45 :
"Les gagnants de la mondialisation ont beau être moins nombreux que les perdants, ils ont quand même plus d'argent": pas certain. C'est moins simple que ça. Les gagnants de la mondialisation, ce sont aussi les smicards qui peuvent s'acheter des chaussures à la mode et des smartphones qu'il ne pourraient jamais se payer s'ils étaient fabriqués en Europe. Je ne dis pas cela pour dénigrer mes concitoyens à faibles revenus, j'ai moi même un smartphone (mais pas de chaussures de marque...) et je trouve très bien qu'eux aussi puissent en profiter. Mais à contrario, il ne faut pas non plus verser dans la facilité de la victimisation larmoyante des prétendus "perdants de la mondialisation" : dans nos sociétés occidentales, il n'y en a pratiquement aucun.
Réponse de le 05/04/2020 à 6:04 :
Fred, je ne sais pas quelles lunettes vous portez pour affirmer qu’il n’y a pas de perdant dans la mondialisation en Occident.
Quand vous supprimez des industries en France pour les envoyer à l’étranger, les ouvriers spécialisés, les contre maîtres et tous ceux qui faisaient tourner l’industrie perdent leur travail. Les offres d’emplois sont des emplois de service à la personne ou du chômage. Dans ces conditions, quels sont les bénéfices de la mondialisation? La solidarité de l’île de France avec le Wuhan n’a pas vraiment été bénéfique pour la Corrèze, la Picardie ou l’Auvergne. La mondialisation n’a rien rapporté en bénéfice à 90% de la population française. La baisse des prix des produits manufacturés est un non sens. Le produit peut coûter plus cher fabriqué ici, mais quand on a le salaire adéquate, ça n’a pas d’importance.
a écrit le 04/04/2020 à 14:11 :
papier très intéressant et très utile qui pointe, certains des différents enjeux qu'il va falloir relever
cependant vous oubliez que :
"Si le capitalisme veut garder sa légitimité, il faut que les actionnaires puissent continuer à dire qu'ils assument les risques pour lesquels ils sont rémunérés"
je suis entièrement d'accord mais comment allez vous expliquer aux retraités "américains" qu'ils doivent aller retourner travailler (comme en 2008) et ne pas toucher leurs pensions de retraite
a écrit le 04/04/2020 à 14:03 :
Discours écolo-marxiste assez désuet. Les pandémies modifient les comportements politiques, rarement les comportements consuméristes, et encore moins les orientations des entreprises. La relocalisation de certaines activités qui apparaissent maintenant stratégiques aux progressistes, se fera dans la mesure de leurs intérêts électoraux pour les uns, et de leurs profits pour les autres. Le reste c'est de la philosophie de bidet. Par ailleurs les tendances géopolitiques actuelles qui montrent un basculement du pouvoir de l'Atlantique vers le Pacifique continueront à modeler les rapports entre les puissances, pandémies ou pas, et les corrections nationales se feront à la marge. Tout au plus peut on espérer une modification des décisions entre le nécessaire et l'accessoire dans le choix des priorités politiques. L'après crise covid19 verra d'abord un effort sur la productivité dans tous les pays, afin de financer les pertes subies.
Réponse de le 04/04/2020 à 16:16 :
Pensez vous sincèrement que vous allez rembourser les dettes générées par qq fonctionnaires imprudents ? Droits de tirage du FMI plus BCE, plus inflation, pas de remboursement de dette.Et si on doit crasher le système, comme on a déjà tout perdu, on est prêt !
a écrit le 04/04/2020 à 13:09 :
Je pense que les acteurs de la mondialisation ont parfaitement pesé les dangers de la mondialisation mais aussi et surtout les avantages.

A preuve, ces dernières années beaucoup d'entreprises de taille moyenne et petite ont commencé à rapatrier leurs fabrications en France ou en Europe pour gagner en qualité de fabrication, en réactivité et en contrôle sur les fournisseurs. Et ce d'autant plus que les salaire en Chine ont maintenant rejoint ceux d'Europe de l'Est ou du Maghreb.

Il y a aussi un non-dit mais qui est implicite chez les politiques neo-libéraux: "prenez des risques à l'étranger, l'état vous couvrira quoi qu'il arrive". De facto, on va dépenser des milliards d'argent public pour sauver des entreprises qui ont pris des risques logistiques et financiers démesurés à l'étranger, souvent aux dépends des emplois et du tissu industriel français.
a écrit le 04/04/2020 à 12:24 :
Lecture très marxiste de la crise.Encore un qui veut augmenter les impôts et les fonctionnaires.....Ce spécialiste devrait commencer à travailler vraiment pour créer de la richesse et payer des impôts ensuite.
Réponse de le 04/04/2020 à 14:21 :
Aux USA ils paient moins d’impôts mais il ne se font pas soigner gratuitement. A vous de voir si vous préférez ce paradis libéral par les temps qui courent...
a écrit le 04/04/2020 à 12:10 :
Les dragons célestes ont éradiqué la pensée et l'intelligence de leurs conseillers parce que ça leur faisait gagner moins de marge bénéficiaire c'est évident et ce que je dis depuis maintenant longtemps.

Ce n'était une bonne idée pour leurs revenus qu'à court terme à long terme c'était la catastrophe assurée générant en plus ensuite le fait que l'intelligence était une anomalie au sein de notre classe dirigeante.

Un cercle vicieux ne peut que mal se terminer.
a écrit le 04/04/2020 à 11:55 :
Tout le monde sais bien qu'il y a des alternatives mais nous sommes coincés idologiquement entre l'utralibéralisme et le conservatisme économique et politique en Europe. Je doute réellement que ces mesures éprouvés ne soit mise en place ou alors partiellement, à la marge.

On n'arrive même pas à commencer à ralentir la hausse des émissions de gaz à effets de serre, elle prend le début d'une courbe exponetiel, celle du début de l'explosion des cas de covid 19, qui risque de créer les conditions même de crise sur la planète. La différence avec le virus, c'est qu'il n'y a pas de moment où la crise climatique va s'arrêter d'elle même! Nous pouvons émettre des gaz à effet de serre jusqu'à la fin de l'humanité voir même provoquer une atmosphère de type Vénus si nous provoquons une sortie de la zone d'habitabilité de notre planète en changeant de trop l'air. Engendrer un système auto-entretenu, il y à des théories sur le sujet mais sont insuffisantes.

Le coronavirus est un avertissement sur le changement climatique et sur la mondialisation mais le changement climatique est d'une gravité sans commune mesure. C'est simplement l'habitabilité de notre planète qui est en jeux.

Aujourd'hui nous prennons le chemin du scénario du pire et rien ne semble endiguer cette crise.

La réalité, c'est que nos vieilles démocratie sont sclérosées par l'argent. Si vous voulez être élu président, vous devez avoir les propriétaires des médias dans la poche ce qui revient à suivre les envies des grandes fortunes.

Désolés mais je suis sceptique sur le fait que dans ces conditions, nous y arrivons un jours. Et à la sortie de la crise du COVID 19 nous allons continuer comme avant, d'ailleurs, des lois pour travailler plus ont déjà été mise en place et la crise du covid durera encore après le déconfinement...
a écrit le 04/04/2020 à 11:14 :
désole ce n'est pas avec le 1er ministre actuel et son ministre des finances
apôtre du mondialisme que cela vas changer
regarder ils sont absent pour la remise en route d'une usine de masque qui avait été vendu aux américain absent encore pour les bouteilles de gaz
et qu'on ils fait quand le groupe allemand a quitté plancy l'abbayes avec plus de deux ans de combat syndical
rien mais par contre se prendre des honoraires pour la vente d'alstom a ge
alors que l'entreprise dépendait de l'etat est un scandale.
a écrit le 04/04/2020 à 10:44 :
Super article plein d'optimisme en situation de crise. Les mesures radicales amplifient les crises. La crise est une opportunité pour un changement accepté par tous. La crise accroît la valeur des hommes et femmes du front des biens et services indispensables et diminue le pouvoir de négociation des élites qui captent la valeur ajoutée. Elle est une opportunité pour renforcer la démocratie et modifier les priorités sociales, mais attention à l'émérgence d'une dictature de l'ordre public incarnée dans une terreur jacobine par exemple.
a écrit le 04/04/2020 à 10:44 :
C'est bien de se poser des questions en temps de crise, mais on lit un peu trop de chroniques sur tout ce qui a été mal fait, des rapport qu'on a pas pris en compte, des oublis de l’État Providence et des pouvoirs précédents...
Mais peut-on aussi parler des points positifs de cette mondialisation ? La France seule avec ses industries pharmaceutiques, aussi grandes soient-elles et son système de santé ne pourrait absolument pas faire face à cette à cette pandémie. Aucun pays ne le pourrait, même la Chine ou les USA. On a tous besoin de molécules, de réactifs, de substances chimiques, de pièces détachées qui ont été développées et brevetées dans d'autres pays par des sociétés étrangères.
Dire qu'on peut et qu'on va tout produire en France est idiot. On serait incapable de faire aucune anesthésie, soigner la majorité des autres pathologies, sans matériel matériel importé, molécules produites et brevetée à étranger, sans pièces importé...Dire le contraire, c'est n'importe quoi !
Tous les autres pays sont dans la même situation.
Être un journal " Économique " et publier uniquement des chroniques anti-système, contre le pouvoir élu en place, contre tous les pouvoirs précédents... etc...est indécent en temps de crise. Associer la critique avec les thèses rouge-bruns est dangereux pour l'Économie et pour la Santé de tous.
On dirige pas une entreprise avec une telle mentalité. Un pays non plus.
A quand une chronique POSITIVE ?
a écrit le 04/04/2020 à 10:30 :
On s'interrogera sur les visions de nombreux d'entre nous.. nous sortirons de cette crise sans espoir d'une efficacité centrale, car quand on voit ce que fait l'état quand il a la main, cela calme pour un moment. Inutile d'épiloguer sur l'efficacité de notre administration (les masques, les équipements, les respirateurs, les tests...). Nous en sommes à une intervention étatique de 100%, sur les revenus des personnes, y compris les privés, via des mesures délirantes de remettre de nouvelles prestations sociales sur le régime le plus généreux du Monde. Et bien sûr les efforts de financement pour les entreprises, dont nombre ne demandait rien, sans faire la part entre les secteurs qu'il faut financer, car porteurs de promesses, et les autres..Sans même parler de cette interventionnisme ridicule de Bercy quand à la question des dividendes, comme si la sphère privée ne se souciait pas des lendemains qui peuvent déchanter. Et nous allons voir comment l'état gère le déconfinement, probablement avec retard par rapport à ce qui sera fait sur l'ensemble de la planète, le principe de précaution l'exige! Il va nous falloir revenir à un équilibre plus mitterrandien, avec une dépense publique vers 40% du PIB, et non étouffante comme aujourd'hui. A défaut, beaucoup iront voir ailleurs. A l'arrivée, l'état français va sortir lessivé (pas grave puisque la meilleure idée du moment est de demander l'aide d'européens, avec lesquels nous n'avons pas été capables de parler pour définir des plans de luttes sanitaires..et cette lessive va contaminer un secteur privé qui ne pourra plus tirer le coche, en dépit des nombreuses mouches qui très certainement, vont donner moult conseils!
a écrit le 04/04/2020 à 10:06 :
"Les dangers de la mondialisation ont été sous-estimés, malgré l'avis des spécialistes" Un titre qui n'est pas juste parce ce n'est pas "malgré" mais "a cause" des soi disant spécialistes que nous sommes dans cette situation!
Réponse de le 04/04/2020 à 18:36 :
Plutôt négligés " Le fondement de la crise: l'organisation du commerce international" Maurice Allais notre prix Nobel d'économie qui plaidait pour un protectionnisme raisonné et raisonnable et accessoirement de délocaliser Pascal Lamy..
a écrit le 04/04/2020 à 10:00 :
Un New Deal écologique et un taux marginal d'imposition à 90%.
Ça n'empêche pas les riches d'être riches, bien au contraire et avec plus de stabilité dans la durée.
a écrit le 04/04/2020 à 10:00 :
A hurler de rire ou de dépit ?
il y a peu encore, ces propos sur les inégalités, les impôts, l'écologie, la démocratie perdue etc n'étaient que des propos de gauchistes, anarchistes, révolutionnaires et voilà que maintenantqu'il serait possible que cela tourne vinaigre pour les tenants du pouvoir économique et leurs représentants politiques, l'on se pare de toutes ces idées pour lesquelles certains sont morts et d'autres en ont eu les yeux crevés ou les mains arrachées par l'assassin de l'intérieur et son chef le président du gang...... L a peur vous gouverne et vous gouvernez par la peur......

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