Nord Stream 2 : Berlin et Moscou se mettent d'accord, l'Ukraine et la Pologne voient rouge

C'est la fin d'un jeu d'échec géopolitique portant sur le gazoduc géant, capable de doubler les capacités d'exportation de gaz russe en Europe via la mer Baltique. Après le revirement de Joe Biden sur le dossier, Moscou a annoncé s'être mise d'accord avec l'Allemagne. Mais Angela Merkel est venu tempérer cette version.

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L'accord promet que Washington et Berlin s'engageront pour permettre de prolonger des mesures qui garantissent le passage par l'Ukraine du gaz russe.
L'accord promet que Washington et Berlin s'engageront pour permettre de prolonger des mesures qui garantissent le passage par l'Ukraine du gaz russe. (Crédits : Stine Jacobsen)

Après de longs mois de tensions, Vladimir Poutine et Angela Merkel, ont trouvé une issue à un dossier clé sur la dépendance énergétique de l'Europe. Les deux dirigeants ont exprimé leur satisfaction quant à l'avancée du gazoduc Nord Stream 2, a annoncé mercredi le Kremlin, après l'annonce d'un premier accord entre Berlin et Washington sur le sujet. Prévu pour la fin d'année, Nord Stream 2 est le projet pharaonique long de 1.230 kilomètres qui vise à doubler les capacités d'exportation de gaz russe via la mer Baltique.

"Les dirigeants sont satisfaits de voir que la construction de Nord Stream 2 est sur le point d'être achevée", a déclaré le Kremlin après une conversation téléphonique entre le président russe et la chancelière allemande.

Dans la foulée, Angela Merkel est venu tempérer ces propos : "C'est une bonne avancée, qui a exigé une volonté de compromis de la part des deux parties", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse à Berlin. Et de préciser toutefois que l'accord "ne résout pas toutes les différences" à propos de ce pipeline.

Kiev et Varsovie dénoncent l'accord

De fait, cette entente n'est ni du goût de l'Ukraine ni de celui de la Pologne. Le gazoduc, passant sous la mer Baltique pour gagner l'Allemagne - doit permettre à Moscou d'accroître ses livraisons de gaz en Europe de l'Ouest tout en contournant l'Ukraine, privant ainsi Kiev d'importantes recettes de transit. L'Ukraine craint d'être plus vulnérable face à d'éventuelles attaques russes sur son territoire.

"Une telle décision crée de nouvelles menaces pour l'Ukraine et l'Europe centrale, sur les plans politique, militaire et énergétique", ont déclaré dans un communiqué commun Dmytro Kouleba et Zbygniew Rau, respectivement ministres des Affaires étrangères des deux pays.

L'accord ouvre pourtant la voie à des sanctions contre la Russie en cas de dérapage. Il promet aussi que Washington et Berlin s'engageront pour permettre de prolonger des mesures qui garantissent le passage par l'Ukraine du gaz russe.

"Le président russe et la chancelière allemande ont évoqué la possibilité de prolonger après 2024 l'accord entre Gazprom", géant énergétique russe, "et l'ukrainien Naftogaz quant au transit du gaz par le territoire ukrainien", a annoncé le Kremlin sans autre détail.

En octobre dernier, la Pologne avait d'ailleurs infligé une amende de plus de 29 milliards de zlotys (6,5 milliards d'euros) au géant russe Gazprom pour avoir construit le gazoduc Nord Stream 2 sans son accord.

Aussi, en juin, l'ONG environnementale allemande Deutsche Umwelthilfe a cependant annoncé mercredi avoir engagé un recours pour demander l'annulation de la construction et de licence d'exploitation de ce gazoduc pour des motifs de protection de l'environnement.

Le retournement inattendu de Joe Biden

A l'inverse, le président russe a, selon le Kremlin, salué "l'engagement" de Berlin pour mener à bien ce projet. Il a insisté sur l'aspect "purement commercial" du gazoduc, présenté comme une garantie pour l'approvisionnement en énergie de l'Allemagne et, plus généralement, l'Union européenne (UE).

De même, après une période de sanctions, les Etats-Unis ont annoncé mercredi un accord avec le gouvernement allemand pour clore leur dispute au sujet de ce gazoduc. Les Etats-Unis et certains pays européens estimaient que ce projet allait augmenter la dépendance de l'Europe à la Russie en matière d'énergie.

Mais le président américain Joe Biden, opposant de longue date du projet, avait finalement renoncé fin mai à prendre des sanctions contre le géant gazier public russe Gazprom, qui finance le projet. Un retournement inattendu.

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Le locataire de la Maison Blanche a renoncé à bloquer le projet, estimant qu'il était trop tard et qu'il valait mieux miser sur l'alliance avec l'Allemagne dont Washington souhaite s'assurer la coopération dans d'autres dossiers, notamment face à la Chine.

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Commentaires 7
à écrit le 23/07/2021 à 17:11
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" la Pologne avait d'ailleurs infligé une amende de plus de 29 milliards de zlotys (6,5 milliards d'euros) au géant russe Gazprom" je suis mort de rire , ils ont payé combien de zlotys les russes ?

à écrit le 22/07/2021 à 19:29
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Pour les US la Pologne est un bon client pas un acteur majeur en politique

à écrit le 22/07/2021 à 18:06
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C'est fou comme les polonais veulent une cohésion européenne quand c'est leur intérêt, cohésion dont ils n'ont que faire lorsqu'il s'agit d'acheter des équipements militaires aux américains ...!!! Peut-être faudrait-il penser à le leur rappeler...?!

à écrit le 22/07/2021 à 14:58
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Irresponsable dépendance et asservissement à la Russie de plus en plus dangereuse et alliée étroit de la Chine également expansionniste. L'Allemagne n'est pas un partenaire ni allié. Dommage : les mauvaises relations FR-GB.

à écrit le 22/07/2021 à 10:21
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Qu'est ce qu'on a pas entendu lors de la vente des 2 BPC à la Russie. Tout le monde s'y est mis. Et là l'Allemagne et l'UE vont financer l'effort d'armement russe et tout va bien.

à écrit le 22/07/2021 à 9:49
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Incroyable tout ces pays qui autorisent à un autre pays de traverser encore un autre pays, immense, à qui lui on ne demande pas son avis.

à écrit le 22/07/2021 à 9:24
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Il va faire froid cet hiver en Ukraine s'ils ne peuvent se servir sans vergogne sur le gaz transitant sur leur territoire. ce projet est excellent, nécessaire pour la compensation de l'éolien allemand (intermittence - pas de gaz, pas d'éolien-).

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