Nucléaire : malgré les sanctions américaines, l'Iran lance la construction d'un nouveau réacteur

Les autorités iraniennes ont annoncé lundi le début des travaux de construction d'un nouveau réacteur nucléaire de recherche à Ispahan, dans le centre de l'Iran, quelques jours après avoir fait état d'un projet de centrale nucléaire dans le sud du pays. Malgré les sévères sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, l'Iran accélère.
« Nous devons atteindre une capacité de production de 20.000 mégawatts d'énergie nucléaire dans le pays » d'ici 2041, a déclaré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, lors d'une tournée dans la région avec le président iranien, Ebrahim Raïssi, ici en photo (Photo d'illustration).
« Nous devons atteindre une capacité de production de 20.000 mégawatts d'énergie nucléaire dans le pays » d'ici 2041, a déclaré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, lors d'une tournée dans la région avec le président iranien, Ebrahim Raïssi, ici en photo (Photo d'illustration). (Crédits : WANA NEWS AGENCY)

Sur le plan du nucléaire, l'Iran ne désarme pas. « Aujourd'hui, on a commencé à couler le béton pour la fondation du réacteur sur le site d'Ispahan », a déclaré Mohammad Eslami, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), cité lundi par l'agence de presse officielle Irna. Dans les faits, ce centre de recherche nucléaire est déjà doté de trois réacteurs.

Le nouveau, d'une puissance de 10 mégawatts, servira de source puissante de neutrons, destinée notamment à des essais de combustibles et de matériaux nucléaires, ainsi qu'à la production de radio-isotopes industriels et de radiopharmaceutiques, indique l'agence Irna.

Téhéran nie vouloir fabrique une bombe atomique

Cette annonce intervient alors que l'Iran reste soumis à de sévères sanctions économiques, imposées par les Etats-Unis de Donald Trump. Pour rappel, le pays de l'Oncle Sam s'est retiré unilatéralement en 2018 - sous la présidence de ce dernier - de l'accord nucléaire international, conclu trois ans auparavant et prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien.

En riposte, Téhéran avait commencé à s'affranchir de ses engagements dictés par ce pacte appelé JCPOA. En cours d'année dernière, l'Iran avait été contraint de ralentir son rythme de production d'uranium enrichi à 60%, des pourparlers informels ayant repris avec les Etats-Unis. Il a toutefois décidé de reprendre la main sur le nucléaire, fin 2023.

Lire aussiNucléaire : en Iran, les stocks d'uranium enrichi montent en flèche et dépassent plus de 22 fois la limite autorisée

Téhéran a toujours affirmé que ses activités nucléaires sont pacifiques et nié vouloir fabriquer une bombe atomique. L'Iran restreint « d'une manière sans précédent » la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui est comme « prise en otage », déplorait en janvier son directeur général Rafael Grossi à l'AFP.

Jeudi, le chef de l'OIEA avait annoncé la construction d'un complexe de centrales nucléaires à Sirik, sur le détroit d'Ormuz, composé de quatre centrales individuelles d'une capacité de production combinée de 5.000 mégawatts.

« Nous devons atteindre une capacité de production de 20.000 mégawatts d'énergie nucléaire dans le pays » d'ici 2041, a déclaré Mohammad Eslami lors d'une tournée dans la région avec le président iranien, Ebrahim Raïssi.

Seuls cinq pays dans le monde dépassent cette capacité : les Etats-Unis, la France, la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Les centrales de Sirik devraient être pleinement opérationnelles d'ici 2031, selon l'agence Irna. L'Iran dispose actuellement d'une seule centrale nucléaire opérationnelle à Bouchehr, d'une capacité de production de 3.000 mégawatts.

Développement des activités aérospatiales

En parallèle, l'Iran a annoncé dimanche avoir envoyé pour la première fois simultanément trois satellites en orbite, une nouvelle étape du développement des activités aérospatiales du pays malgré les sanctions occidentales.

Ce lancement a été critiqué par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans un communiqué commun, dénoncé par Téhéran comme étant un acte « interventionniste ». L'Iran affirme que ses activités aérospatiales sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Mais les gouvernements occidentaux craignent que ses systèmes de lancement de satellites intègrent des technologies interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques capables de livrer une ogive nucléaire.

L'Ukraine prévoit la construction de quatre nouveaux réacteurs nucléaires

L'Ukraine a annoncé lundi prévoir la construction de quatre nouveaux réacteurs nucléaires dans sa centrale de Khmelnitskiï (ouest) en 2024, afin de compenser la perte de celle de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée par les forces russes depuis mars 2022.

« En 2024, la construction de quatre nouvelles unités à la centrale nucléaire de Khmelnitskiï devrait commencer », a indiqué le ministère de l'Energie dans un communiqué, tout en admettant que la procédure prendrait « du temps ».

Le ministre, Guerman Galouchtchenko, a expliqué qu'il s'agissait d'un « mécanisme visant à compenser les capacités de la centrale de Zaporijjia occupée », dans le sud de l'Ukraine. Il s'est dit persuadé que Kiev finirait par en reprendre le contrôle, tout en notant qu'il était impossible de prédire « l'état » dans lequel elle serait. Cette centrale, qui produisait auparavant 20% de l'électricité ukrainienne, a été visée à plusieurs reprises par des frappes et subi des coupures de courant liées aux combats. Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de vouloir y provoquer une catastrophe.

(Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 07/02/2024 à 18:00
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Vous me faites rigoler de quel droit l empire "sanctionne " Les peuples devraient sanctionner l empire !

à écrit le 06/02/2024 à 18:03
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On devrait les appeler pour terminer l'EPR !

à écrit le 06/02/2024 à 17:21
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Enfin un pays qui a compris tout l'intérêt de développer l'énergie nucléaire. De quoi se plaint-on ?

à écrit le 06/02/2024 à 11:53
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Les États-Unis jouent le rôle de gendarme mondial. Et les Etats européens les soutiennent volontiers en tant que vassaux. Pourquoi veulent-ils interdire à l’Iran ce qu’ils possèdent ou réalisent eux-mêmes ? Ce n’est pas l’Iran, mais les États-Unis qu...

à écrit le 06/02/2024 à 9:40
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Bref l'Iran veut Trump comme président des États-Unis ! Ça va enfin bouger ! ^^

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