Nucléaire: des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis conclues à Oman
latribune.fr
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations, défendant un droit au nucléaire à des fins civiles.
Elles étaient les premières à ce niveau depuis le retrait en 2018 des Etats-Unis, sous la première présidence de Donald Trump, d'un accord international conclu trois ans plus tôt. Les discussions doivent se poursuivre la semaine prochaine.
(Article mis à jour à 16h40, puis à 18h40)
Après quatre décennies d'inimitiés, et des négociations indirectes qui se sont déjà tenues le 12 avril à Mascate puis le 19 à Rome, qualifiées de constructives par les deux pays, les Etats-Unis et l'Iran ont engagé ce matin à Oman un troisième cycle de pourparlers cruciaux sur le nucléaire iranien. Elles étaient les premières à ce niveau depuis le retrait en 2018 des Etats-Unis, sous la première présidence de Donald Trump, d'un accord international conclu trois ans plus tôt qui encadrait le programme nucléaire de l'Iran en échange d'une levée des sanctions. En représailles, l'Iran a progressivement pris ses distances avec le texte, en enrichissant notamment de l'uranium à un niveau élevé.
L'Iran en quête d' « une démonstration de bonne volonté »
Les négociations à haut niveau ont été menées par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l'émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères omanais, Badr al-Boussaïdi, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Une session de pourparlers techniques entre experts a aussi eu lieu.
« Pour que les négociations progressent, il faut une démonstration de bonne volonté, de sérieux et de réalisme de la part de l'autre partie », avait déclaré vendredi Esmaïl Baghaï.
Les négociations ont pris fin samedi dans l'après-midi. Elles «se poursuivront la semaine prochaine, avec une nouvelle réunion de haut niveau initialement prévue le 3 mai », a écrit sur X le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaïdi, ajoutant que « les principes fondamentaux, les objectifs et les préoccupations techniques (avaient) tous été abordés » lors des dernières discussions à Mascate.
Encore des « divergences »
Les Etats-Unis ont salué des discussions « positives et constructives », selon un haut responsable américain.
« Ce dernier cycle de discussions directes et indirectes a duré plus de quatre heures. Il reste encore beaucoup à faire, mais de nouveaux progrès ont été réalisés en vue de parvenir à un accord », a indiqué ce responsable sous couvert d'anonymat. « Nous avons convenu de nous revoir prochainement en Europe et nous remercions nos partenaires omanais d'avoir facilité ces discussions », a-t-il ajouté.
Des « divergences » demeurent , a en revanche déclaré Abbas Araghchi.
« Il y a des divergences à la fois sur les grandes questions et sur les détails », a-t-il affirmé à la télévision d'Etat, tout en ajoutant que les négociations samedi avaient été « beaucoup plus sérieuses ».
19 nouveaux réacteurs au programme
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a relancé sa politique dite de « pression maximale » sur l'Iran, et l'a appelé en mars à négocier un nouvel accord tout en menaçant de bombarder le pays en cas d'échec de la diplomatie. Washington a aussi annoncé mardi de nouvelles sanctions visant le secteur pétrolier iranien. Mais dans des déclarations publiées vendredi par Time Magazine, Donald Trump a assuré être prêt à rencontrer le guide suprême iranien ou le président du pays.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations, défendant un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l'énergie. Abbas Araghchi a ainsi indiqué que son pays prévoyait de construire 19 nouveaux réacteurs, selon le texte d'un discours qu'il devait prononcer lors d'une conférence et publié mardi sur son compte officiel X.
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Mercredi, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de surveiller le programme nucléaire iranien en vertu de l'accord de Vienne et du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (NPT), dont l'Iran est partie, a demandé à Téhéran d'expliquer la présence de tunnels autour du site de Natanz (centre) qui abrite des centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium. Téhéran n'a pas commenté ce rapport dans l'immédiat.