Origine, coût, impact sur la santé... 8 chiffres clés sur la pollution plastique dans le monde

Le plastique serait responsable de 3 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
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Le plastique serait responsable de 3 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
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[Article publié le jeudi 14 août à 17 h 22 et mis à jour le vendredi 15 août à 09 h 14]
Portés par une résolution des Nations unies adoptée en 2022, les pays s'efforcent depuis près de trois ans d'élaborer un texte juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique, y compris en milieu marin. Ce vendredi, les échanges qui se tenaient depuis dix jours à Genève en Suisse se sont, à nouveau, terminés sur un échec.
Et ce, malgré une prise de conscience qui est, en effet, d'abord née d'images spectaculaires d'océans submergés de déchets et de faune marine menacée. Mais aujourd'hui, la multiplication des études scientifiques sur l'impact des polymères et additifs chimiques sur la santé humaine a élargi le débat bien au-delà de l'environnement. Voici huit chiffres clés pour mesurer l'ampleur du phénomène 👉
En 1950, la production mondiale de plastique atteignait 2 millions de tonnes ; d'ici 2060, elle pourrait dépasser le milliard. Selon le ministère de la Transition écologique, 15 tonnes de plastique sont ainsi déversées chaque minute dans l'océan. Comme ce matériau peut persister des centaines d'années, voire ne jamais se décomposer totalement, la masse accumulée dans les océans est astronomique.
La production de plastique nécessite l'extraction et le raffinage du pétrole, processus fortement générateurs d'émissions de gaz à effet de serre. Selon une note de la « coalition des scientifiques pour un traité efficace sur les plastiques », l'ensemble du cycle de production du plastique, de l'extraction à la fabrication, serait responsable de 3 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. À titre de comparaison, l'aviation civile représente 2,9 % des émissions mondiales de CO2.
Parmi les plus grands producteurs de plastique, on retrouve la Chine (34 %), suivie par les États-Unis (13 %) et l'Arabie saoudite (5 %), la Corée du Sud (5 %), l'Inde (4 %), et le Japon (3 %). Seul pays européen dans le classement des dix premiers pays producteurs, l'Allemagne suit avec 2 %.
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Être le plus gros producteur de déchets plastiques ne signifie pas être le plus gros pollueur. Par exemple, la Malaisie produit plus de dix fois moins de déchets plastiques que la Chine (0,8 million de tonnes par an contre 12,8 millions de tonnes), mais 9 % de ses déchets finissent dans l'océan, contre seulement 0,6 % pour la Chine. Chaque année, les trois pays qui contribuent le plus à la pollution marine sont les Philippines (356 371 tonnes), suivies de l'Inde (126 513 tonnes) et de la Malaisie (73 098 tonnes).
La liste des principales entreprises pétrochimiques produisant des polymères vierges destinés aux plastiques à usage unique reste pratiquement inchangée depuis 2019.
La pollution plastique constitue une menace majeure pour la santé publique, avec un coût économique mondial estimé à 1 300 milliards d'euros par an. Selon une étude publiée dans The Lancet, près de 16 000 substances chimiques sont utilisées dans la production de plastique, et plus de 35 000 décès par an seraient dus à l'exposition à ces composés chimiques. Les microplastiques ont par ailleurs été détectés dans le cerveau, le placenta, le sang et d'autres organes du corps humain.
En matière de recyclage, la France se classe parmi les mauvais élèves de l'Europe. Avec seulement 23 % de ses déchets plastiques recyclés, elle occupe la 26ᵉ place sur 27 États membres. Chaque année, la France verse ainsi plus de 1,6 milliard d'euros à l'Union européenne pour 1,9 million de tonnes d'emballages plastiques non recyclés. À titre de comparaison, l'Italie, dont la population est similaire, s'acquitte de pénalités comprises entre 700 et 800 millions d'euros par an.
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Ces fragments de plastique, mesurant moins de 5 millimètres, ont envahi les sols, les cours d'eau et même le corps humain. D'après une étude de l'ADEME réalisée sur 33 échantillons de sols français, près des trois quarts seraient contaminés par les microplastiques, avec une moyenne de 15 particules par kilo de sol sec.
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