Le président des débats visant à écrire un traité mondial contre la pollution plastique estime que les avancées « ne sont pas suffisantes ».
« Pas suffisants ». Voilà comment le diplomate qui préside les négociations devant aboutir au premier traité mondial contre la pollution plastique a qualifié les progrès. Pour rappel, 184 gouvernements sont actuellement réunis à Genève par l'ONU pour parvenir à un accord.
Mais pour le moment, «beaucoup de questions sont restées en suspens », a déclaré le diplomate équatorien Luis Vayas Valdivieso.
« Nous sommes maintenant arrivés à une étape cruciale où nous avons besoin d'une vraie avancée pour parvenir à notre but commun » dans les délais impartis, c'est-à-dire d'ici le 14 août, a-t-il ajouté.
Un texte de 35 pages remis
Les pays qui négocient depuis mardi en Suisse, dans une nouvelle session rajoutée après l'échec des discussions de Busan en Corée du Sud fin 2024, ont remis dans la nuit de vendredi à samedi une ébauche de texte faisant le point sur leurs travaux dans des groupes de travail techniques.
Ce texte est passé de 22 à 35 pages et le nombre de parenthèses, c'est-à-dire de sujets sur lesquels aucun accord n'a été trouvé entre les délégations, a gonflé de 371 dans la version initiale à près de 1 500.
Les ONG mobilisées
La production mondiale de plastique pourrait tripler d'ici à 2060 si rien ne change, selon le Conseil économique social et environnemental (Cese). Actuellement, environ 460 millions de tonnes sont produites chaque année, dont la moitié à usage unique. Seuls 9 % de ces déchets sont recyclés, 20 % sont incinérés et le reste est mis en décharge, ou abandonné dans l'environnement, dont une part dans les milieux marins.
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Plusieurs ONG suivent les discussions de près, comme Scientists' Coalition for an Effective Plastics Treaty (Coalition scientifique pour un traité efficace sur les plastiques) ou Greenpeace, présente à Genève avec une délégation venue de plusieurs continents. L'organisation « exige un traité ambitieux qui réduise d'au moins 75 % la production de plastique d'ici à 2040 ». Dans un communiqué, l'ONG met également en garde contre l'influence croissante des représentants de l'industrie pétrochimique, très présents autour des négociations.