Pays producteurs de métaux stratégiques : la tentation du cartel
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Vue de la mine de nickel de Tubay dans le sud des Philippines.
Reuters
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Vue de la mine de nickel de Tubay dans le sud des Philippines.
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L'accélération d'une substitution des hydrocarbures par les métaux, exigée par la transition énergétique, est en train de modifier la carte géopolitique des pays producteurs. La semaine dernière, dans un entretien accordé au Financial Times, le ministre de l'Investissement indonésien Bahlil Lahadalia évoquait l'idée de créer un mécanisme visant à contrôler l'évolution de l'approvisionnement et des prix mondiaux de métaux tels que le nickel, le cobalt et le manganèse, des métaux stratégiques qui entrent notamment dans la composition des batteries pour véhicules électriques.
Le géant asiatique n'est pas le seul à évoquer cette piste. En Amérique du Sud, le mois dernier, les ministres des Affaires étrangères d'Argentine, de Bolivie et du Chili ont discuté d'un tel mécanisme, mais davantage centré sur le lithium. Ils espèrent même convaincre l'Australie, le premier producteur actuel de ce métal, de les rejoindre.
L'évocation de l'exemple de l'Opep par l'Indonésie n'est pas anodine. Ce pays connaît bien le fonctionnement de l'organisation pour en avoir été membre entre 1962 et 2008, puis brièvement en 2016, avant d'en sortir définitivement car il est devenu importateur net de pétrole, en raison du déclin de sa production locale.
L'Opep vise théoriquement à « assurer la stabilité des marchés du pétrole dans le but de sécuriser une offre de pétrole régulière, efficiente et économique aux consommateurs, un revenu stable aux producteurs et un rendement régulier du capital pour ceux qui investissent dans l'industrie pétrolière », selon les textes fondateurs de l'organisation.
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Pour autant, un tel mécanisme ne va pas de soi. Contrairement à l'Opep, où les pays membres contrôlent leur production de pétrole, le secteur minier est éclaté entre compagnies publiques et compagnies privées. Ainsi, en Indonésie, premier producteur mondial de nickel, 4 des 5 plus importants sites localisés dans les Célèbes (Sulawesi) sont exploités via des concessions qui se comptent en décennies par des compagnies privées étrangères. La plus importante mine appartient au Brésilien Vale, la deuxième au Chinois Tsingshan, la troisième et la cinquième au Suisse Solway. Seule la quatrième est exploitée par une entreprise publique indonésienne, PT Indonesia Asahan Aluminium (Inalum). Les compagnies privées sont également très présentes chez les autres principaux pays producteurs comme les Philippines, la Russie et l'Australie. Dans ces conditions, il est difficile de mettre en place un mécanisme de gestion des prix par les pays, les compagnies privées devant produire comme les « majors » pétrolières en fonction de leur propre intérêt.
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