Philippe Chalmin (Cyclope) : « Il faut se souvenir d'une chose : le temps de la mine est un temps long »
Propos recueillis par Julien Gouesmat
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Philippe Chalmin est codirecteur du Cercle Cylope
Reuters
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Philippe Chalmin est codirecteur du Cercle Cylope
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Le rapport Cyclope, bible annuelle des matières premières paraît aux éditions Economica. Chaque année, l'ouvrage, écrit par des experts, passe en revue les évolutions géopolitiques et surtout les tendances du secteur des commodités. Malgré une « année normale » du côté des cours, le nouvel opus de plus de 700 pages consacre une large place aux métaux et minerais et à leur place comme objet de convoitise géopolitique. Philippe Chalmin, économiste et codirecteur du Cercle Cyclope, donne les grandes lignes du rapport 2025 à La Tribune.
LA TRIBUNE — L'an dernier, le précédent rapport Cyclope était sous-titré par la citation « Attendre et espérer », tirée du comte de Monte-Cristo. Pour ce 39e rapport, vous avez choisi « Le piétinement sourd des légions en marche », tiré du poème La Trebbia de José Maria de Heredia. 2024 vous a-t-il donc fait perdre espoir ?
PHILIPPE CHALMIN — Non, ce n'est pas le cas. « Attendre et espérer », l'an dernier, concernait l'espérance que les conflits en cours puissent se régler. Désormais, le piétinement sourd des légions, c'est avant tout l'irruption de Trump. Son retour à la Maison-Blanche approfondit finalement une analyse qui était déjà la mienne depuis 3 ans : la crise que nous connaissions depuis 2020 — comparable à la crise des années 1930 ou des années 1970 — est constituée du Covid et de la guerre en Ukraine. Le retour de Donald Trump est le point d'orgue de cette crise qui met fin à 30 années de mondialisation heureuse. Désormais, il nous fait rentrer dans un monde des guerres commerciales, de guerres économiques, en piétinant ce qui restait que l'organisation du monde tel qu'elle s'était lentement mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Mais il y a une petite ambiguïté qui est importante, dans le poème d'Heredia : dans son texte, « le piétinement sourd des légions en marche », ce sont les légions romaines, à la veille de la bataille de La Trebbia. Or, ce sont bien les légions romaines qui vont se faire écraser par les troupes carthaginoises et leurs éléphants...
Propos recueillis par Julien Gouesmat