L'économie mondiale peine à voir le bout du tunnel. Après la guerre en Ukraine et l'inflation, la situation géopolitique s'est envenimée au Proche-Orient après les attaques de l'Iran contre Israël. Depuis les attentats du Hamas en octobre dernier, les craintes d'un embrasement régional se propagent à grande vitesse dans les milieux économiques. Dans ce contexte troublé, le Fonds monétaire international (FMI) a privilégié la prudence dans ses dernières prévisions dévoilées ce mardi 16 avril.
L'institution de Washington table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3,2% en 2024 et 2025 après 3,2% en 2023. Les économistes du Fonds ont révisé à la marge leur chiffre pour 2024 (+0,1 point) et ont maintenu leurs prévisions pour 2025. «En dépit de prédictions pessimistes, l'économie mondiale est restée remarquablement résiliente avec une croissance stable et une inflation qui ralentit aussi vite qu'elle a grimpé », a expliqué l'économiste en chef du Fonds, Pierre-Olivier Gourinchas, dans une note de blog. « Les perspectives de croissance sont élevées pour 2024, 2025 et 2026 mais ces perspectives se fracassent sur la réalité géopolitique », a déclaré de son côté le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, avant de s'envoler à Washington ce mardi pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. « Les risques d'escalade au Proche-Orient, la persistance de la guerre en Ukraine pèsent sur la croissance économique ». S'agissant de l'inflation, elle devrait fortement marquer le pas dans les pays avancés passant de 4,6% en 2023 à 2,6% en 2024 et 2% en 2025.
Aux Etats-Unis, la croissance économique devrait continuer d'accélérer en 2024 à 2,7% contre 2,5% en 2023. Le Fonds monétaire international a révisé fortement sa prévision pour cette année (+0,4 point) par rapport à son chiffre de janvier. L'économie américaine « a déjà surpassé la tendance prépandémique » et reste incontestablement « un moteur de l'économie mondiale ». « La performance solide récente des Etats-Unis reflète la productivité robuste et la croissance de l'emploi, mais aussi une forte demande dans une économie qui demeure en surchauffe », souligne Pierrre-Olivier Gourinchas. «Cela appelle à une approche prudente et graduelle de la Réserve fédérale américaine (Fed) », poursuit- il.