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ÉconomieUnion européenne

La BCE maintient encore ses taux, mais la première baisse se rapproche

latribune.fr

Publié le 11 avril 2024 à 12:18 - Mis à jour le 15 avril 2024 à 09:00

Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Christine Lagarde, présidente de la BCE.

KAI PFAFFENBACH

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La Banque centrale européenne a, une nouvelle fois et sans surprise, maintenu ses taux directeurs entre 4% et 4,75%, ce jeudi, à l'issue de sa réunion mensuelle. Sa présidente, Christine Lagarde, a cependant affirmé qu'une baisse des taux pourrait arriver prochainement, si l'inflation continuait à baisser.

[Article publié le jeudi 11 avril à 14h18, mis à jour à 15h38] Il va encore falloir être patient. Ce jeudi, à l'issue de sa réunion mensuelle, la Banque centrale européenne a décidé de maintenir ses taux au plus haut depuis 1999. Pour rappel, après les avoir fait grimper à un niveau record - le principal d'entre eux, sur les dépôts, a atteint son plus haut historique, à 4% -, elle a opté pour le statu quo depuis octobre dernier. Ainsi, le taux de dépôt reste à 4% tandis que le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal se situent respectivement à 4,50% et 4,75%. Une stratégie de durcissement des conditions monétaires ayant pour but de faire repasser l'inflation en zone euro sous les 2%, après les chiffres record, à plus de 10%, atteints à l'automne 2022.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde a donc réaffirmé, ce jeudi « que les taux directeurs de la BCE se situent à des niveaux qui contribuent de manière substantielle au processus de désinflation en cours ». L'institution gardienne de l'euro ne souhaite donc pas, à ce stade, précipiter une détente de ses taux. De fait, si l'inflation a diminué à 2,4% en mars dans la zone euro, elle reste loin de l'objectif de la BCE.

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Vers une première baisse en juin?

Christine Lagarde a tout de même ouvert la porte à une première baisse, qui pourrait intervenir d'ici quelques mois au vu de la trajectoire des prix.

Elle a, en effet, annoncé pour la première fois lors d'une conférence post-réunion que« si l'évaluation actualisée par le Conseil des gouverneurs (...) devait renforcer encore sa confiance dans la convergence durable de l'inflation vers l'objectif, il serait approprié de réduire le niveau actuel de restriction de la politique monétaire. »

Elle a même évoqué le mois de juin, expliquant « que nous aurons plus d'informations », à ce moment là, confirmant le pari de nombreux analystes sur une première baisse en juin. Et pour cause, « l'inflation a continué de baisser, tirée par la baisse des prix des produits alimentaires et des biens », a notamment reconnu l'institution dans son communiqué.

Début mars, l'institution de Francfort a annoncé tabler sur une hausse des prix de 2,3% en 2024, contre 2,7% anticipé auparavant, puis de 2,0% en 2025. La croissance du PIB (produit intérieur brut), elle, devrait, selon la banque centrale, atteindre 0,6% en 2024, contre 0,8% prévu en décembre. A titre de comparaison, la croissance américaine devrait se maintenir à 2,1% en 2024 selon la Réserve fédérale américaine. « L'économie demeure fragile », a notamment noté Christine Lagarde, ce jeudi.

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Une conjoncture morose pour l'économie du Vieux continent, pénalisée par les taux hauts, qui a poussé la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a changer de discours. Alors qu'elle estimait encore, lors de sa conférence de début mars, que « nous progressons bien vers notre objectif d'inflation », mais « nous ne sommes pas suffisamment confiants » quant au fait d'atteindre la cible à terme, la banquière centrale a reconnu le 20 mars que « nous ne pouvons pas attendre de disposer de toutes les informations pertinentes ». « En agissant ainsi, nous risquerions d'ajuster notre politique trop tardivement », a-t-elle ajouté.

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Une sortie qui rappelle celle du gouverneur de la Banque de France qui s'était avancé, début mars, sur une première baisse des taux « probable au printemps », au micro de BFM Business. François Villeroy de Galhau avait toutefois nuancé son propos, précisant « qu'en Europe comme ailleurs, le printemps est une saison qui va d'avril jusqu'au 21 juin ».

Division au sein de la BCE

Les dés sont néanmoins loin d'être jetés. Le 22 mars, le président de la Banque fédérale d'Allemagne, connu pour ses positions restrictives sur la politique monétaire, a aussi reconnu qu'une baisse prochaine est probable mais a néanmoins nuancé son propos. « Cela signifie-t-il qu'il y aura une séquence de baisses de taux ? Je ne vois pas là une sorte d'automatisme », a ajouté Joachim Nagel lors d'une conférence en ligne. « Cela ne veut pas dire qu'à la réunion suivante il y aura une autre baisse des taux », a-t-il insisté.

D'autres membres de la BCE se montrent aussi prudents. « La politique monétaire (de la BCE) doit rester restrictive », et il ne faut « pas ajuster prématurément » le niveau des taux, avait averti Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, dans un discours à Florence en février.

« La croissance de la productivité, toujours faible, voire négative depuis peu, exacerbe les effets de la forte croissance actuelle des salaires nominaux sur les coûts unitaires de main-d'œuvre des entreprises », avait-elle expliqué. Par conséquent, « cela augmente le risque que les entreprises répercutent la hausse des coûts salariaux sur les consommateurs, ce qui pourrait retarder le retour de l'inflation à notre objectif de 2% », avait-elle ajouté.

Malgré ces mises en garde, de nombreux analystes restent très optimistes sur le rythme de la baisse. « Nous prévoyons encore un total de 4 baisses de taux cette année, totalisant 100 points de base, ramenant le taux de la facilité de dépôt à 3 % d'ici la fin de l'année », avance Frederik Ducrozet, directeur de la recherche économique chez Pictet AM, dans une note.

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La Fed pourrait baisser ses taux après la BCE

Si du côté européen, la plupart des observateurs tablent sur une première baisse vers juin, aux Etats-Unis, où l'inflation s'est établie à 3,2% en février (CPI), la situation est toute autre. « Le ralentissement de la hausse des salaires commence à se voir, mais il progresse encore un peu trop et soutient l'inflation. Il faut que l'emploi se détende encore pour enlever la pression sur les salaires et donc que la Fed maintienne une politique restrictive pour ralentir l'activité des entreprises », analysait pour La Tribune Florence Pisani, directrice de la recherche économique chez le gestionnaire d'actifs Candriam, fin mars. La Fed pourrait donc avoir du retard sur son homologue européenne.

Ainsi, dans leur dernière réunion, qui s'est tenue le 21 mars, les membres du comité de la Fed (FOMC) ont annoncé tabler sur 3 baisses des taux de 0,25 point de pourcentage en 2024 et ont même dégradé leurs perspectives de baisses pour 2025 avec trois baisses supplémentaires, de 0,25 point, contre quatre prévues lors de leur réunion de décembre. Ces derniers ont aussi jeté le trouble sur la date de la première baisse affirmant « ne pas s'attendre à ce qu'il soit approprié de baisser la cible des taux avant d'être davantage confiant dans la trajectoire durable de l'inflation vers l'objectif de 2% ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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