Pourquoi la crainte d’une crise financière revient soudainement au Japon

Maxime Heuze
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La dette du Japon est équivalente à 224 % de son produit intérieur brut.
Issei Kato

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La dette du Japon est équivalente à 224 % de son produit intérieur brut.
Issei Kato
Le Japon se rapprocherait-il du mur de la dette ? Mercredi, Tokyo a émis 500 milliards de yens (3,06 milliards d'euros) d'obligations à échéance quarante ans. Un financement nécessaire pour rouler sa dette, équivalente à 224 %, de son produit intérieur brut, qui lui a coûté cher. Alors qu'en mars ses obligations à quarante ans avaient trouvé preneur à un taux de 2,710 %. Un mois plus tard, les investisseurs ont demandé à l'État nippon 3,135 % pour les mêmes obligations. Un taux historiquement élevé qui commence à inquiéter. Le ministre des Finances, Katsunobu Kato, a même averti que des taux plus élevés pourraient mettre davantage en péril les finances du Japon et a promis une gestion « appropriée » de sa dette.
Pour tenter de renverser la vapeur, et éviter de se financer à un coût exorbitant, Tokyo envisagerait notamment, selon Reuters, de réduire ses émissions de dette à très long terme. Ces bons à vingt, trente ou quarante ans sont, en effet, ceux dont le taux a le plus augmenté ces derniers mois. Les autorités envisagent donc de compenser cette réduction des financements les plus longs par une augmentation de l'émission de dette à plus court terme. Un jeu d'équilibristes dangereux, que le gouvernement n'envisage que pour une courte période.
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Et pour cause, les difficultés du Japon sont surtout conjoncturelles. L'élément déclencheur de cette hausse du coût de la dette vient d'une décision de la Banque centrale japonaise. « Depuis fin 2024, la BOJ [Bank of Japan] achète moins d'obligations pour réduire son très lourd bilan, sauf qu'elle détient 47 % de la dette japonaise », explique à La Tribune Christopher Dembik, économiste chez Pictet AM. Une pression acheteuse soudainement plus faible qui ne permet plus d'éponger parfaitement les émissions de l'État japonais.
Maxime Heuze