LA TRIBUNE - Les élections américaines, qui opposent le républicain Donald Trump et la démocrate Kamala Harris, ont lieu le 5 novembre prochain. Dans les derniers sondages, les deux candidats sont au coude à coude, mais est-ce que tout peut changer dans dans la dernière ligne droite ?
GERARD ARAUD - La course est évidemment très serrée, et ce n'est pas vraiment surprenant. La campagne est assez étrange : on a eu un président sortant poussé dehors à seulement trois mois des élections. Les démocrates piégés se sont ainsi rabattus sur Kamala Harris, malgré sa mauvaise réputation. Je n'ai pas rencontré un démocrate qui, durant ces quatre dernières années, ne m'ait pas dit à quel point elle n'était pas à la hauteur.
Parce c'est une femme noire de Californie, certains disent - en France en particulier - qu'elle est à gauche, alors qu'en réalité elle a été une procureure générale de Californie plutôt à poigne, et pas très populaire à gauche. De toute manière, aux États-Unis, on ne fait pas campagne sur un programme mais sur une personnalité. Les Américains ne veulent pas d'un énarque mais d'un « Commander in chief » (commandant en chef en français, Ndlr). Et Kamala Harris est un petit peu inconnue au bataillon. D'autant plus qu'elle ne donne pas de conférences de presse, pas d'interviews, et la seule qu'elle a faite à CNN était franchement mauvaise. Elle a fait une bonne entrée lors de la Convention démocrate en août, mais les sondages montrent qu'elle n'a toujours pas réussi à percer.
En face, vous avez un homme qui galvanise ses troupes. 70 % des républicains sont convaincus qu'on lui a volé l'élection de 2020. C'est une véritable bête de scène, incohérente certes, mais ses électeurs ne cherchent pas la cohérence.