Présidentielle américaine : le vote a commencé
Julien Gouesmat

Kamala Harris et Donald Trump sont toujours au coude à coude dans les sondages.
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Julien Gouesmat

Kamala Harris et Donald Trump sont toujours au coude à coude dans les sondages.
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Le scrutin est lancé aux États-Unis. La candidate démocrate Kamala Harris a exhorté ce mardi les Américains à « sortir voter » en ce jour d'élection présidentielle cruciale lors d'une émission sur une radio locale de Géorgie, un État-clé. La vice-présidente a ajouté que ce vote était un « point d'inflexion » et a insisté sur les deux « visions très différentes de l'avenir de la nation » proposées.
D'après une étude de l'Université de Chicago, 2,5 centimètres de pluie réduiraient la participation électorale de 1%. « Les républicains devraient prier pour qu'il pleuve », concluent même les chercheurs. Ce mardi 5 novembre, alors que 244 millions d'électeurs américains sont appelés aux urnes pour élire leur 47e président, le pays semble plus divisé que jamais, avec des précipitations importantes sur le centre du pays et du soleil sur les deux côtes.
La participation s'annonce toutefois particulièrement haute, selon les anticipations du Pew Research Center. Un tiers de l'électorat américain a déjà participé au scrutin à l'aide du vote par correspondance - envoi de bulletin par voie postale - ou par anticipation en se rendant dans des bureaux de vote ouverts en amont.
Parmi ceux qui ont décidé d'attendre l'Election Day, ce mardi, certains électeurs du New Hampshire étaient les premiers à pouvoir se rendre aux urnes dès minuit heure locale, soit 6 heures du matin à Paris. Dans le hameau isolé de Dixville Notch, non loin de la frontière avec le Canada, depuis 1960, la demi-douzaine d'habitants se réunit à la mairie à minuit pour voter sous l'œil de journalistes plus nombreux que les électeurs.
Cette tradition lance le bal. La commune est scrutée de près par les équipes de campagne : en 60 ans de vote, Dixville Notch a toujours choisi le futur locataire de la Maison Blanche. Preuve que le scrutin risque d'être serré, les 6 électeurs du hameau n'ont pas su départager les candidats, donnant 3 voix à Donald Trump et 3 à Kamala Harris.
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Dans le reste du pays - découpé en 4 fuseaux horaires - l'ensemble des bureaux de vote ont ouverts entre 6 heures et 8 heures et fermeront entre 19 heures et 20 heures, heures locales.
Si les votes sont appréciés Etat par Etat, c'est que les Américains n'élisent pas directement leur président, mais 538 grands électeurs. Ces derniers sont répartis proportionnellement à la population de chaque Etat. Ainsi la Californie, Etat le plus peuplé, compte 54 grands électeurs, contre 3 pour le Wyoming. Il faut aux candidats 270 grands électeurs pour s'assurer la présidence. Une vingtaine d'Etats sont déjà assurés de voter pour Donald Trump, une dizaine pour Kamala Harris.
Au concours des grands électeurs, la vice-présidente fait la course en tête avec 191 grands électeurs assurés, contre 122 pour le candidat républicain. Sept Etats sont considérés comme étant incertains et donc cruciaux, ce sont les swing states : l'Arizona, la Caroline du Nord, la Géorgie, le Nevada, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ils représentent 88 grands électeurs et c'est ici que les candidats accentuent leurs efforts et que l'issue de l'élection se joue.

[Carte des états démocrates et républicains. En gris les swing states. Crédit : LT.]
Propulsée candidate démocrate après le désistement de Joe Biden en juillet, Kamala Harris n'aura eu que 107 jours pour faire campagne. Trop peu pour percer dans les sondages ? L'actuelle vice-présidente est au coude-à-coude avec son adversaire, tous deux crédités d'environ 48% des voix. Face aux outrances et au programme radical de Donald Trump, l'ancienne procureure de Californie a joué la carte de la sobriété, de la modération et du calme durant 3 mois, avant de se montrer plus virulente envers son concurrent républicain, jusqu'à le traiter de fasciste au cours du mois d'octobre.
La violence de l'attaque du Capitole par les partisans de l'ancien président, le 6 janvier 2021, est dans toutes les têtes. Interrogé tout au long de sa campagne, Donald Trump ne s'est jamais engagé à reconnaître les résultats de l'élection, laissant planer le risque de nouvelles violences à travers le pays.
S'il est élu, le milliardaire sera le deuxième président à exercer deux mandats non successifs, après Grover Cleveland à la fin du XIXe siècle. Principale différence avec celui-ci : il était opposé à des tarifs douaniers élevés. L'actuel candidat républicain a, en effet, pour mesure phare de mettre en place des tarifications douanières imposantes, atteignant même les 60 % sur les produits chinois.
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Du résultat de l'élection américaine découlera à travers le monde une myriade de répercussions encore inconnues. Marché international, guerre en Ukraine, guerre au Proche-Orient, écologie, multilatéralisme... Très peu d'enjeux mondiaux peuvent se targuer de ne pas être impacté par le choix des électeurs américains. Étasuniens ou non, tous devront retenir leur souffle, durant de longues heures et même journées. Si l'écart de voix s'avère serré et que les candidats dénoncent des fraudes, les résultats ne pourraient être officialisés qu'en fin de semaine, voire plus tard.
Julien Gouesmat