Au Venezuela, l'opposition dénonce une « campagne de terreur » organisée par Maduro
latribune.fr

La réélection de Nicolas Maduro est contestée dans le pays.
Manaure Quintero
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La réélection de Nicolas Maduro est contestée dans le pays.
Manaure Quintero
[Article publié le mardi 6 août à 14h32, mis à jour à 19h45] Au Venezuela, une semaine après l'élection présidentielle du 28 juillet, dont le président Nicolas Maduro revendique la victoire, des milliers de manifestants continuent de défiler dans le pays. La répression a déjà causé la mort de onze d'entre eux. La cheffe de l'opposition Maria Corina Machado a dénoncé ce mardi une « campagne de terreur » au Venezuela, sur fond d'arrestations massives et de croisade du président contre les réseaux sociaux.
Au même moment, les forces armées vénézuéliennes ont rejeté les appels au soutien de l'opposition qu'elles ont jugés « désespérés et séditieux (qui) cherchent à saper notre unité », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, réaffirmant « une loyauté absolue envers le citoyen Nicolas Maduro Moros (...), légitimement réélu par le pouvoir populaire ». Pour rappel, Lundi, dans un communiqué commun, les deux opposants avaient appelé « militaires et policiers » à se ranger « du côté du peuple (...). Nous lançons un appel à la conscience des militaires et policiers pour qu'ils se rangent du côté du peuple et de leurs propres familles. »
Dans ce texte, les deux dirigeants de l'opposition promettent également que « le nouveau gouvernement de la République élu démocratiquement offre des garanties à ceux qui accompliront leur devoir constitutionnel. »
Au centre des contestations, l'autorité électorale a annoncé aussi ce mardi avoir remis tous les procès-verbaux du scrutin à la Cour suprême du pays. L'organisme chargé de l'élection était sous pression en raison des accusations de fraudes et de manque de transparence dénoncées par l'opposition, incarnée par Maria Corina Machado.
Au cours d'une audience publique, Elvis Amoroso, président du Conseil national électoral, a déclaré avoir transmis tous les procès-verbaux de l'élection présidentielle au Tribunal Suprême (TSJ), saisi par le président de la République bolivarienne, Nicolas Maduro, afin qu'il valide sa victoire contestée.
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Le Conseil national électoral du Venezuela avait déjà confirmé vendredi la victoire de Maduro avec 52% des voix, contre 43% pour son opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, un résultat largement contesté. Elvis Amoroso, dont l'institution est accusée par l'opposition d'être soumise au pouvoir, aurait ainsi remis « tout ce qui était demandé par le plus haut tribunal de la République », lui aussi accusé de collusion avec le gouvernement Maduro.
Le plus haut tribunal du pays n'était pas le seul à réclamer la publication de ces résultats. Dans une déclaration commune, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Italie, la France, l'Espagne, des Pays-Bas, d'Allemagne, de Pologne et du Portugal avaient appelé samedi «les autorités vénézuéliennes à publier rapidement tous les procès-verbaux afin de garantir la transparence et l'intégrité du processus électoral ». Le Pape François avait également appelé à « chercher la vérité » du scrutin, face aux troubles dans ce pays à 92% de confession catholique
Hier, lundi 5 août, après un échange téléphonique entre Emmanuel Macron et le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, le chef de l'Etat français a annoncé soutenir « avec Lula l'aspiration du peuple vénézuélien à une élection transparente. Cette exigence est au cœur de toute démocratie. » Les réactions internationales sont nombreuses et ne se contentent pas de demander plus de transparence. « Nous appelons les autorités à mettre fin à cette campagne d'intimidation », a déclaré Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, en référence à l'ouverture d'une enquête criminelle à l'encontre des deux responsables de l'opposition, Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia.
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Outre-Atlantique, les États-Unis et plusieurs autres pays d'Amérique latine - dont le Pérou ou encore l'Argentine - ont condamné le coup de force de Maduro et reconnu formellement la victoire de Gonzalez Urrutia, opposant à Maduro lors de l'élection, choisi en raison de l'inéligibilité de la leader de l'opposition Maria Corina Machado. Seules la Chine, la Russie ont reconnu la victoire de Nicolas Maduro.
(Avec AFP)
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